Vendredi 13 mars 2026. Journée nationale de l’Éléphant, en Thaïlande. L’occasion de rendre hommage à l’animal symbole du pays et de détricoter quelques contre-vérités.


Depuis 1998, le 13 mars est décrété, en Thaïlande, Journée nationale de l’Éléphant. Celui qui s’appelle « chang » en thaïlandais est le symbole du pays. Chaque année, le 13 mars, il est bon de rappeler l’importance historique de l’animal dans le pays, un compagnon à la fois agréable, puissant et noble.

Plus difficile est parfois sa cohabitation avec les humains. Il ne se rend pas toujours compte de sa force et de sa puissance et peut provoquer bien des dégâts. C’est pour cela que la relation entre les uns et les autres doit être surveillée et organisée.
Gare au manichéisme
On dit beaucoup de choses sur le traitement qui peut ou doit être réservé aux éléphants. Beaucoup de choses vraies. Beaucoup de choses fausses aussi. Ainsi, le « no riding », dans notre monde manichéen, est-il devenu la norme. Mais peut-être une norme plus marketing qu’autre chose pour les camps d’éléphants qui, pour la même raison, s’appellent désormais trop souvent sanctuaires. Lorsque près des vestiges des palais d’Ayuthaya se promènent des éléphants déguisés, portant sur leur dos des nacelles métalliques qui transportent des touristes tout sourire, on est là dans l’inacceptable. L’éléphant peut en souffrir et il est injuste qu’il en soit ainsi. Mais si un humain de 70 kilos monte à cru, dans un camp des environs de Chiang Mai, sur une bête de 4 tonnes, quelle souffrance lui inflige-t-il ?

Imaginez un petit animal d’une centaine de grammes qui se promènerait en forêt sur votre dos. Quelle souffrance vous infligerait-il ?
Être raisonnable et réfléchi
De même, les fameuses chaînes attachées à la cheville des éléphants. Les voir ainsi entravés le long des routes, à Phuket, dans des enclos à peine plus grands qu’eux, est une souffrance pour les yeux. Mais il est hélas indispensable, parfois, de protéger l’humain de l’animal. Un propriétaire laotien de deux éléphants, qu’il aime comme ses propres enfants, explique qu’il n’a d’autre choix que de les attacher la nuit car si, tout simplement, l’un d’entre eux a envie ou besoin de se gratter, il va venir le faire contre la maison qui s’écroulera aussitôt. Il s’agit donc, en cette matière comme en n’importe quelle autre, d’être raisonnable et réfléchi.
Ces animaux ont besoin de nous
À ceux qui ne veulent même pas pénétrer dans un camp ou sanctuaire d’éléphants, se sentant gênés d’agir ainsi, il faut expliquer que, bien souvent, ces animaux ont besoin de nous. Nombre d’entre eux ont fui la Birmanie avec leurs mahouts. Ceux-ci sont plus que des guides. Ils les nourrissent, les chérissent et les soignent jour et nuit. Eux-mêmes sont demandeurs de visites de touristes respectueux.

Trop d’animaux ont souffert, parfois jusqu’à la mort, de la période Covid durant laquelle plus un visiteur ne venait les nourrir ni financer leur quotidien.
Rendons tout le monde heureux
L’éléphant, en Thaïlande comme ailleurs, doit être admiré et chéri. Mais s’il ne faut pas céder aux attractions touristiques déplacées, il ne faut pas non plus tomber dans l’excès de zèle. Nous avons envie de lui être agréable. Il a besoin de nous. Rendons tout le monde heureux, surtout en ce vendredi 13 mars 2026, Journée nationale de l’Éléphant.
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