Vingt-et-un étrangers, dont quatre Français, sont présentés au tribunal de Koh Samui ce lundi 25 mai 2026 dans le cadre de la chasse aux entreprises prête-nom. La police s'oppose à toute remise en liberté.


La traque des entreprises prête-nom à Koh Phangan vient de franchir une étape importante. Vingt-et-un étrangers arrêtés sur l'île passent ce lundi 25 mai 2026 devant le tribunal provincial de Koh Samui. La police compte demander une première prolongation de détention de douze jours et s'opposer à toute libération sous caution.
Le groupe est cosmopolite. Quatre Israéliens, quatre Français, trois Russes, deux Ukrainiens et des ressortissants d'Afrique, de Slovaquie, des Pays-Bas, d'Australie, de Turquie, d'Allemagne et des Philippines. Tous sont poursuivis pour fausses déclarations aux autorités et acquisition illégale de terres via des sociétés-écrans servant de prête-nom.
lepetitjournal.com vous en parlait le 12 mai 2026. Les autorités annonçaient alors un durcissement des contrôles sur les entreprises étrangères, avec les îles touristiques en ligne de mire. Les Français y figuraient parmi les premiers actionnaires étrangers.
Un coup de filet en 2 temps
L'opération s'est déroulée en deux temps. Le 13 mai 2026, les enquêteurs ont perquisitionné cinq cabinets d'avocats et de comptables pour saisir des documents.
La seconde phase, lancée le 23 mai 2026, a mené aux 21 arrestations et à la saisie de 38 titres fonciers évalués à environ 200 millions de bahts. Au total, les enquêteurs ont identifié 32 sociétés suspectes et obtenu 45 mandats d'arrêt visant des dirigeants étrangers.
Les terrains saisis couvrent environ 38 rais, soit près de six hectares. Plus de 60% restent vides ou en cours d'aménagement. Selon le Bangkok Post, l'une des sociétés visées, FB Propertys, exploitait à Koh Phangan une activité de yoga et de restauration sous l'enseigne The Yoga House. Avec un capital déclaré de 5 millions de bahts et huit terrains détenus pour une valeur estimée à 60 millions, l'actionnaire thaïlandais enregistré n'avait apparemment pas les moyens d'un tel investissement.
L'enquête remonte les réseaux
La détention peut être prolongée jusqu'à 48 jours avant le passage devant le procureur. Les enquêteurs s'appuient sur SPNI X, un logiciel d'analyse développé localement pour traquer les réseaux de trafic et de blanchiment, désormais braqué sur les flux financiers de ces montages immobiliers.
Le commandement promet d'élargir l'enquête à ses racines et de vérifier si des fonctionnaires sont impliqués dans l’affaire.
La même opération sera répliquée dans tout le pays, assure la police.












