Édition internationale

La Thaïlande resserre la vis sur les étrangers et les Français peuvent s’inquiéter

Fin du visa-free de 60 jours, offensive contre les prête-noms à Koh Samui et Koh Phangan. Les Français, premiers actionnaires étrangers sur ces îles, sont directement concernés.

Contrôle visa aéroport Thaïlande Contrôle visa aéroport Thaïlande
Écrit par Hugo HASBROUCQ
Publié le 12 mai 2026


 

Un arsenal de guerre retrouvé chez un Chinois à Pattaya et toute la politique migratoire thaïlandaise vacille. Le premier ministre Anutin Charnvirakul a annoncé lundi 11 mai 2026 une révision complète de la politique de visas du pays, après l'arrestation de Sun Mingchen, interpellé le vendredi 8 mai à la suite d'un accident de la route. Dans son véhicule, les policiers ont découvert des armes à feu et la perquisition de son domicile a révélé un stock d'armes militaires, dont des fusils d'assaut et des explosifs C4.

Sun Mingchen possédait un passeport chinois, un passeport cambodgien et une carte d'identité rose réservée aux résidents étrangers enregistrés. « L'entrée sans visa ne signifie pas l'entrée sans conditions », a déclaré Anutin Charnvirakul.

 

Fin du visa-free de 60 jours

 

Le ministre du Tourisme, Surasak Phancharoenworakul, a précisé que le dispositif d'exemption de visa de 60 jours serait abandonné. Le ministère des Affaires étrangères doit soumettre la proposition au gouvernement pour approbation. Un comité devait être créé dès mardi 12 mai pour réviser les critères appliqués à l'ensemble des visas délivrés par la Thaïlande, qu'il s'agisse de visas étudiants, investisseurs ou touristiques.

Le mot d'ordre affiché : privilégier la « qualité » des visiteurs plutôt que la quantité. « L'augmentation des arrivées ne se traduit pas nécessairement en revenus accrus ni en bénéfice économique à long terme », a résumé Surasak Phancharoenworakul.

Les moyens financiers ne suffiront plus à garantir l'obtention d'un visa. Le vice-Premier ministre Pakorn Nilprapunt a été chargé de superviser le processus.

 

34 entreprises suspectes dans le viseur

 

L'autre partie du tour de vis concerne les entreprises prête-noms. Le Department of Business Development (DBD) et le Department of Special Investigation (DSI) ont renforcé leur collaboration pour cibler les sociétés permettant à des étrangers de contrôler des entreprises normalement réservées aux Thaïlandais. 34 entreprises des secteurs de l'immobilier et du tourisme sont d'ores et déjà soupçonnées. Leurs dossiers ont été transmis au DSI et les autorités n'ont pas encore précisé les nationalités ni les localisations des sociétés visées.

Les premières inspections se concentreront sur Koh Phangan et Koh Samui, dans la province de Surat Thani. Les chiffres donnent une idée de l'ampleur du phénomène. À Koh Samui, sur 12.050 sociétés enregistrées, 8.213 comptent des actionnaires étrangers. Les Français arrivent en tête (24%), devant les Britanniques (13%) et les Russes (11%).
À Koh Phangan, 3.213 des 4.761 sociétés enregistrées sont co-investies par des étrangers, avec les Israéliens en première position, suivis des Français et des Britanniques.

 

Les Français ne sont pas, pour l’heure, ciblés par les opérations. Mais leur surreprésentation dans l'actionnariat des sociétés de ces îles les place mécaniquement en première ligne si les contrôles s'intensifient. La semaine prochaine, le DBD rencontrera l'Association des banquiers thaïlandais pour examiner l'origine des fonds des actionnaires avant d'accepter les nouvelles demandes d'enregistrement. Les critères de filtrage seront définis dans un second temps.

À Phuket, où 11.626 des 29.646 sociétés enregistrées sont à capitaux étrangers, la même logique pourrait s’appliquer.

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