Mercredi 27 janvier 2021

Raphaëlle Choël - "Derrière chaque femme d'Israël se cache une force"

Par Damien Bouhours | Publié le 03/12/2020 à 17:30 | Mis à jour le 04/12/2020 à 20:54
raphaelle choël femmes saveurs israël

Raphaëlle Choël, plume familière de lepetitjournal.com, a profité de son expatriation en Israël pour rencontrer des femmes aux parcours et héritages passionnants. Dans Voix et saveurs de femmes d’Israël (Éditions Alopex), elle dévoile ces petites histoires pour esquisser la grande histoire culturelle et gastronomique juive.

 

Fouler la terre de ce pays est une expérience vraiment unique

Comment vous est venue l'idée de ce livre Voix et saveurs de femmes d'Israël ? 

J’ai vécu une grande partie de ma vie à l’étranger et j’ai toujours aimé partir à la rencontre des âmes de ses habitants pour mieux ressentir celle d’une ville. L’idée m’est venue tout naturellement alors que, peu après mon arrivée en Israël, par le plus grand des hasards, je rencontrais Tova Kauffmann, ma « première dame » du livre, celle que j’ai nommée « la dame du bus », de la station près de chez moi. J’ai très vite senti qu’ici, chaque personne rencontrée portait en elle une histoire forte. Vivre en Terre Sainte, ce n’est clairement pas la même chose que vivre à Singapour ou à Londres…à peine arrivée en cette terre mythique, j’ai eu l’intuition que j’allais y vivre des moments forts. C’est difficile à expliquer mais fouler la terre de ce pays, comme je le faisais dans mes joggings quotidiens, est une expérience vraiment unique. Et à chaque rencontre j’ai eu le sentiment que s’offrait à moi un fragment de l’histoire du pays, du peuple juif et des Israéliens plus généralement.

 

Qu'est-ce que vous avez pu découvrir de l'identité israélienne à travers ces rencontres ? 

Ce qui m’a frappée, et ce quel que soit l’âge des personnes interrogées, c’est la puissance de l’énergie vitale de ce peuple qui a été marqué par la singularité de son histoire. Derrière chaque femme se cache une force d’engagement, un instinct de survie, une niaque d’avancer, que ce soit en terme artistique ou religieux, et tout autant pour les femmes entrepreneures que j’ai croisées. Toutes ont en elles une force de vie hors norme.

 

On connaît l’importance de la table dans la culture du pays

Pourquoi avoir voulu associer des recettes à ces portraits ? 

Les femmes d’Israël, par essence, viennent des quatre coins du monde. Certaines ont fait leur Alya (retour en Israël pour les Juifs du monde entier ndlr) des Etats-Unis ou de France, d’autres ont des origines polonaises, irakiennes, marocaines, russes, enfin certaines sont nées en Israël et sont issues de la deuxième ou troisième génération d’immigrés. Quand on connaît l’importance de la table dans la culture du pays, on comprend rapidement que l’héritage d’une femme se retrouve tout autant dans ses histoires de famille que dans sa cuisine, qu’elle soit simple et authentique ou plus travaillée. Pour moi, conclure chaque portrait en offrant une recette qui raconte chacune de ces femmes venait comme le prolongement naturel évident de ce qui fait la richesse de leur identité et de leur parcours.

 

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Une anecdote marquante pendant ces rencontres ? 

Plus qu’une anecdote, ce qui m’a énormément émue pendant ces deux années de travail, c’est la façon dont chacune de ces femmes a accueilli ma fille Eugénie âgée de quelques mois que j’emmenais lors de mes rencontres, et qui, ainsi, a rapidement fait partie intégrante du projet. Née à Tel Aviv, elle restera non seulement le plus beau cadeau que j’ai reçu dans le pays, mais elle m’aura permis de créer avec la plupart de ces femmes un lien immédiat très particulier et personnel.

 

Chacune à sa manière m’a touchée et marquée

Un portrait qui vous a particulièrement touchée ? 

Si j’ai choisi de parler de toutes ces femmes c’est que chacune à sa manière m’a touchée et marquée. De toute évidence, la « dame du bus » restera un récit mémorable ; pour la première fois j’ai eu le sentiment de vivre une histoire vraie avec son personnage principal, j’ai plongé immédiatement en enfance et j’ai mesuré l’angoisse et la peur vécues par la jeune fille qu’elle était alors.

Ensuite, la rencontre avec Laurence Saada m’a profondément bouleversée. J’ai d’abord été touchée par sa confiance à mon égard, et, aussi, d’être la seule journaliste à l’interviewer ; j’avais également une forte appréhension quant au résultat du texte car je voulais être au plus juste de son récit, en préservant et en respectant la femme qu’elle est. Raconter sans trahir et sans ajouter à sa souffrance, je crois que je n’ai jamais autant pleuré en écrivant que lorsque j’ai mis ses mots sur le papier. Je pense encore très souvent à elle.

 

Parlez-nous de la campagne de soutien Ulule...

Ceux qui écrivent le savent, il faut généralement autant d’énergie et de confiance pour trouver un éditeur que pour finaliser un manuscrit. A mon retour d’Israël j’avais trouvé une éditrice et le projet allait se concrétiser mais nous sommes alors partis en famille aux Philippines et cela n’était pas compatible avec une campagne de promotion qui requiert la présence de l’auteur. Nous avons donc mis en pause le projet jusqu’à mon retour en mars 2020, qui a coïncidé avec la période troublée que nous connaissons. L’éditrice s’est alors retrouvée en difficulté et il m’a fallu repartir à la chasse. A une époque qui rime avec incertitude j’ai trouvé un éditeur qui m’a proposé de lancer une campagne de financement participatif, ce qui lui permet de réduire les risques. Le défi pour moi est de parvenir à 200 précommandes du livre, il s’engage alors à lancer la fabrication. Habitée par le dynamisme et la force d’engagement de ces femmes interviewées, j’ai mis toute mon énergie et activé tout mon réseau. Je suis bien déterminée à dépasser le millier d’exemplaires, voire plus ! Si vous souhaitez soutenir ce projet, voici le lien de précommande du livre.

Merci pour votre précieux soutien !

Damien Bouhours

Damien Bouhours

Diplômé de sociologie à l'Université de Nantes et Tromsø (Norvège), il a vécu plus d'une décennie en Asie du Sud-Est (Laos et Thaïlande). Il a rejoint lepetitjournal.com en 2008 dont il est directeur éditorial et partenariats.
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