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SOMMET DE L'INFORMATION - La Tunisie en brouillé

Par | Publié le 16/11/2005 à 00:00 | Mis à jour le 13/11/2012 à 10:51

La Tunisie voulait profiter d'organiser le Sommet mondial sur la sociétéde l'Information pour redorer son blason sur le plan des droits de l'Homme. C'est raté! Pression sur les associations, agressions de journalistes étrangers... Le régime de Ben Ali brouille encore davantage son image

Le Président Ben Ali a assuréhier que la libertéd'expression était respectée en Tunisie (Photo : AFP)

Plus de 15.000 participants, dont une soixantaine de chefs d'Etat et des chefs d'entreprise des cinq continents;des thèmes d'intérêt mondial abordés sous l'?il des caméras du monde entier? Pour la Tunisie, le Sommet mondial sur la sociétéde l'information (SMSI), qui s'ouvre aujourd'hui àTunis, devait être l'occasion de soigner son image, en s'affichant comme un pays moderne, ouvert sur le monde et sur la technologie.
Il n'en sera rien. Ces derniers jours, de nombreux incidents sont en effet venus entacher la préparation du rendez-vous international et jeter un doute sur la légitimitéde la Tunisie àaccueillir un tel sommet.
Vendredi soir, le journaliste Christophe Boltanski, envoyépar le quotidien Libération pour enquêter sur les droits de l'Homme dans le pays, a étépasséàtabac alors qu'il rentrait dans son hôtel. Lundi, une équipe de la télévision publique belge RTBF qui travaillait elle aussi sur cette question a étéagressée dans la capitale tunisienne. Enfin hier, le ministère français des Affaires étrangères a fait état d'un nouvel "incident", impliquant cette fois la chaîne de télévision internationale francophone TV5... confortant le soupçon d'une campagne d'intimidation délibérée de la part des autorités tunisiennes.
Un sommet sur l'information? dans un pays qui en est privé
Les incidents sont venus apporter de l'eau au moulin des associations de défense des droits de l'Homme, qui dénoncent depuis toujours la tenue de ce sommet dans un pays oùla libertéd'information reste un vain mot. Le gouvernement tunisien "compromet les chances de succès du sommet par une politique délibérée de violations massives des droits de l'Homme", a ainsi réagi l'IFEX, un réseau d'associations militant pour la libertéde la presse.
Le quai d'Orsay, d'ordinaire discret sur la question des droits fondamentaux en Tunisie, est également montéau créneau. "J'appelle les autorités tunisiennes àtout mettre en oeuvre afin que la libertéd'information et le libre exercice par les journalistes de leur métier soient garantis", a déclaréPhilippe Douste-Blazy, le ministre des Affaires étrangères, qui a réitéréla demande française d'une enquête pour faire "la lumière"sur l'agression de Christophe Boltansky? Des déclarations qualifiées "d'inexplicables et inadmissibles"par le régime du président Ben Ali.
"Les journalistes accomplissent leur mission en toute liberté, contrairement àce que certains cherchent àfaire croire àl'opinion publique", ont affirméles autorités tunisiennes, en assurant que la presse, en Tunisie, était "libre et pluraliste"? quitte àtendre la joue, encore un peu plus, aux critiques.
Valentin BONTEMPS. (LPJ) 16 novembre 2005

La fracture numérique et le contrôle de l'Internet au menu
Le sommet de Tunis, deuxième phase d'un sommet dont la première partie s'est déroulée fin 2003 àGenève, est organiséàl'initiative de l'Union internationale des télécommunications (UIT), qui dépend de l'ONU. La première réunion s'était conclue sans qu'aucune réponse concrète ne soit apportée aux deux enjeux phares du SMSI, àsavoir l'élargissement de la gouvernance de l'Internet (toujours aux mains des seuls Américains) et les engagements des pays riches pour combler la fracture numérique. Lors du sommet de Tunis, les 170 membres présents devront donc reprendre àbras le corps ces différentes questions. Yoshi Utsumi, le secrétaire général de l'UIT, s'est dit hier "très optimiste", assurant qu'un accord pourrait être trouvéaujourd'hui ou demain. Les experts, en revanche, se montrent beaucoup plus circonspects sur une telle éventualité. (LPJ - 16 nov 2005)

Lire aussi
La Libre Belgique, Chasse aux journalistes étrangers

Libération, La France durcit, un peu, le ton
allAfrika.com, SMSI, tensions et hésitations àTunis
Le Monde, Editorial : Sanctionner Ben Ali

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