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SOCIAL - Trop d'enfants pauvres en France

Afin de préparer la Conférence de la Famille qui doit se tenir en juin, la Commission Familles, Vulnérabilité, Pauvreté vient de rendre son rapport au ministre de la Santé. Elle propose différentes mesures pour lutter contre la pauvreté enfantine et mieux combiner salaires et prestations sociales

 

Philippe Douste-Blazy se sent "profondément en phase" avec le rapport "Nouvelle équation sociale". (Photo : AFP)

Le rapport " Nouvelle équation sociale " a été rendu hier à Philippe Douste-Blazy, ministre des Solidarités, de la Santé et de la Famille par la Commission Familles, Vulnérabilité, Pauvreté. Dirigée par Martin Hirsch, le président de Emmaüs France, la commission réunit depuis 2004 des syndicalistes, des universitaires, des députés, mais aussi des membres d'associations familiales et de lutte contre l'exclusion. Le rapport, avec lequel le ministre se sent « profondément en phase » fait état des réalités de la pauvreté en France et propose différents axes pour y remédier.
La France compte aujourd’hui environ un million de Rmistes et pratiquement deux millions de travailleurs pauvres (le seuil de pauvreté étant fixé à 60% du salaire médian -voir encadré-). La commission rappelle en outre que 30% des SDF parisiens travaillent mais n’ont pas les moyens de se loger.
Pour lutter contre cette situation, le ministre de la Santé entend susciter « l’envie de travailler » plutôt que « l’assistanat ». Il envisage en effet la création d’un RSA (revenu de solidarité active) qui pourrait s’ajouter au salaire des anciens chômeurs lors du retour à l’emploi. Ce revenu, considéré comme une « révolution culturelle » par son initiateur, a pour but de remédier à la situation actuelle : l’ancien Rmiste est parfois perdant financièrement en reprenant une activité rémunérée. La mise en place du RSA coûterait entre 6 et 8 milliards d’euros, mais pourrait être rentable grâce à des retombées en termes de cotisations sociales.
« Zéro famille pauvre d’ici 10 ans »
La Commission fait de la pauvreté enfantine son cheval de bataille. Tout en mettant en évidence la situation de précarité que connaissent 1 million d’enfants pauvres, soit près de 8 % de l’ensemble de cette population, il propose « 15 résolutions pour combattre la pauvreté des enfants ». Il s’agirait de donner la priorité aux familles défavorisées pour le placement des enfants en crèche, mais aussi de réduire le redoublement en primaire, d’investir dans les ZEP et de revoir le système des bourses universitaires.
Martin Hirsch entend aussi éradiquer le saturnisme (maladie causée par le plomb présent dans les constructions insalubres) dont 42.000 enfants sont actuellement victime. La politique nutritionnelle sera aussi une priorité : mal nourris, les enfants de familles modestes sont en effet plus souvent obèses que la moyenne.
La Commission souhaite donc une action gouvernementale en faveur des familles défavorisées tant au niveau de l’éducation, que de la nutrition et du logement. Philippe Douste-Blazy attend les réactions du Premier ministre et de Jean-Louis Borloo, ministre de la Cohésion sociale, sur ce rapport.
Aurélie Marcillac (LPJ – 22 avril 2005)

La mesure de la pauvreté : selon les pays, le seuil de pauvreté est fixé à 50 % ou 60 % du revenu médian d’une population.
Selon l’Insee, le salaire médian est le « salaire tel que la moitié des salariés de la population considérée gagne moins et l'autre moitié gagne plus. Il se différencie du salaire moyen qui est la moyenne de l'ensemble des salaires de la population considérée ».
Le rapport sur le site de la Documentation française
Le Nouvel Observateur, Pauvres : Douste contre "l'assistanat"

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