Lundi 14 octobre 2019
Singapour
Singapour
  Ne manquez plus les
dernières nouvelles
S'abonner

Trina Liang-Lin : Une banquière philanthrope

Par Laetitia Dubois Crochemore | Publié le 26/05/2019 à 14:30 | Mis à jour le 18/07/2019 à 23:13
Photo : @Mummyfiques
Trina Liang Le Petit Journal de Singapour Laetitia Dubois Crochemore

Femme d’affaires singapourienne reconnue, Trina n’en est pas moins investie dans d’autres causes. Notamment, Membre des conseils d’administration du National Volunteer & Philanthropy Centre (NVPC) et du Community Foundation of Singapore, depuis 2004 le Straits Times l’a régulièrement classée parmi les femmes singapouriennes les plus inspirantes. En 2018, elle figurait sur la « power list » du Harper’s Bazaar. Avec son mari, ils ont créé en 2016 la fondation Lin pour soutenir divers projets de bienfaisance. Ses motivations d’abord dans le milieu féminin de la finance, vont devenir humanitaires, elle va être présidente de UN Women pendant 8 ans. Aujourd’hui, elle est la dirigeante de HALO Health Asia, un organisme éducatif et informatif sur la nutrition qu’elle a créé en mai 2018. 

 

 

Une carrière dans la banque

 

Singapourienne d’origine chinoise, Trina Liang-Lin a fait ses études de finance et d’économie à la London School of Economics. Elle est une pionnière et une spécialiste du secteur des valeurs mobilières du marché obligataire asiatique. Elle a occupé des postes de direction dans plusieurs banques d’investissement mondiales et a travaillé à Hong-Kong, New York, Londres et Singapour. Elle est aujourd’hui la directrice générale de Templebridge Investments, une société de conseil spécialisée dans la recherche en investissements.

Dès 2001, avec d’autres femmes travaillant dans le milieu bancaire, elle créé un groupe de soutien pour leurs pairs et pour les prochaines générations de banquières : Financial Women Association of Singapore (FWA). En effet en 2001, le secteur financier n’était pas un secteur de prédilection pour les femmes. Créer cet organisme est donc devenu un moyen pour les femmes d’échanger notamment sur leurs expériences et d’y parler salaires pas forcément aussi élevés que ceux des hommes. Elle en sera la présidente de 2003 à 2007. De 2005 à 2009, elle devient membre du conseil d'administration du Sentosa Development Corporation, dont la charte consiste à superviser le développement, la gestion, le marketing et la promotion de l'île de Sentosa en tant que destination de villégiature pour les habitants et les touristes. 

Son réseau, sa reconnaissance dans le milieu bancaire lui donnent des moyens et elle voudrait en faire profiter d’autres organismes à but non lucratif. Aider d’autres femmes aussi bien au niveau social, éducatif et emploi l’intéresse. La rencontre avec UN Women arrive.

 

UN Women et son engagement pour les femmes

 

Elle devient membre et présidente de l’association en 2010. Cela va être pour elle, le début d’un engagement sur de nombreux points concernant les femmes à Singapour. Il faut dire qu’elle sait faire entendre sa voix et faire changer les mentalités.

En 2014, elle lance la campagne « Girls2pioneers » qui vise à sensibiliser et développer les compétences des filles dans les disciplines suivantes : science, technologie, ingénierie et mathématiques et à encourager des carrières dans ces domaines. 

Par ailleurs, deux grandes batailles vont être menées entre 2012 et 2015 sous sa présidence et avec son équipe :

- Faire pression sur le gouvernement pour l’octroi d’une journée de repos le weekend pour les employées de maison de nationalité étrangère,

- Contribuer à mettre en place un plan d’action national contre la traite des personnes à des fins sexuelles et sur l’application d’une loi sur la traite des êtres humains.

Parallèlement à son engagement chez UN Women, elle crée le « Inspire Project » en 2014, un concours mondial d’entreprises sociales destinées aux jeunes femmes en Asie-Pacifique.

En outre, elle est depuis 2014, un des mentors du programme Young Women’s Leadership Connections (YWLC) : une plateforme de premier plan pour les jeunes femmes dirigeantes âgées de 21 à 35 ans à Singapour. YWLC encourage et soutient ces femmes dans leur cheminement pour atteindre leur plein potentiel dans leur carrière et leur vie personnelle.

 

HALO Health Asia

 

Comme le souligne Trina, elle « aime s’engager là où il n’y a pas encore beaucoup de voix ». Elle cesse d’être présidente de UN Women en 2018 et se mobilise sur un autre sujet. 

Force est de constater que les Singapouriens et les Asiatiques de manière générale consomment de plus en plus de nourriture « western ». Par ailleurs, sa grand-mère et sa mère sont décédées quand elle était jeune de complications du diabète et d’un cancer. Pour elle, la nutrition est très importante pour maintenir une bonne santé physique. Elle croit au pouvoir de guérison d’une bonne alimentation. « Les jeunes doivent être responsabilisés sur leur consommation alimentaire » dit-elle. Elle crée donc en mai 2018 HALO Health Asia, une entreprise sociale à but non lucratif qui a pour mission d'apporter aux consommateurs des connaissances actualisées et précises sur les aliments afin de permettre de meilleures décisions alimentaires à chaque étape de la vie. Cet organisme travaille étroitement avec les ministères de l’environnement et de la santé et avec la Singapore Food Agency toute nouvellement créée en avril 2019. HALO a développé le programme World Food Future for Women (WFF) dont le premier événement phare annuel a eu lieu en mars dernier pour célébrer la Journée internationale de la femme. « Il est important de sensibiliser les femmes car 90% des décisions de consommation des aliments à la maison sont prises par des femmes ». Cette conférence en mars avait pour but de sensibiliser les femmes au sujet. « Le taux de diabète est élevé à Singapour et en 2017, 13% des enfants étaient obèses » ajoute-elle. Trina n’a pas d’enfants, informer les enfants par l’école est très important pour elle. HALO mène des campagnes de sensibilisation pour les enfants âgés de 7 à 12 ans.

 

Une passion pour l’écriture

 

Trina a peu de temps pour des loisirs, elle pratique le piano quand elle peut. Elle aime voyager et découvrir d’autres cultures. 

L’activité à laquelle elle parvient à se consacrer est l’écriture. Elle aime aborder régulièrement les problèmes des femmes dans la presse locale. Elle a été rédactrice de discours politiques. Elle a participé en 2015 à la campagne du candidat du People’s Action Party (PAP), concernant la stratégie de communication. 

Tous ses engagements, elle aime en faire part par écrit en rédigeant régulièrement pour des journaux ou magazines. « Ecrire un discours, un rapport financier ou un article journalistique c’est différent mais finalement pas tant que cela ». Une fois par an, elle décrit ses actions dans le Straits Times et explique ses motivations. 

 

 

Nous vous recommandons

Laetitia Crochemore

Laetitia Dubois Crochemore

Juriste en droit des affaires, diplômée et passionnée d’histoire de l’art, Laëtitia aime vous faire partager ses coups de cœurs et expériences singapouriennes.
0 Commentaire (s)Réagir

Expat Mag

TÉMOIGNAGES

Je suis atteint du virus de l’expatriation, c’est grave ?

Rentrer en France ? Pour certains expatriés, cette perspective n’est pas une option, tant ils ont pris goût à la vie à l’étranger et à son lot de découvertes et opportunités professionnelles.