Samedi 8 août 2020
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ANNE VALLUY- « j’aime faire des portraits, parce que j’aime les gens »

Par Bertrand Fouquoire | Publié le 20/11/2016 à 12:00 | Mis à jour le 01/06/2018 à 08:25
Anne Valluy photography Singapore

C'est devenu un must dans la communauté française, comme d'autres fréquentaient jadis les studios d'Harcourt à Paris, que d'aller, à Singapour, se faire tirer le portrait par Anne Valluy. Un must nécessaire dans un monde, largement numérique, où l'image est partout, exigeante et pérenne. Un must qui fait du bien, parce qu'une séance de photo avec Anne Valluy est aussi une rencontre apaisante avec soi-même, d'où l'on ressort détendu avec de belles images de soi.

Il ne sert pour se faire une idée du rapport très spécial qu'entretient Anne Valluy avec les personnes qu'elle photographie, que de voir les photos qu'elle a prises. Il n'est pas difficile de les trouver sur la toile, tant elles sont partagées largement par ceux et celles-là même qui se sont fait photographier. On y voit la technique impeccable de la photographe associée aux exceptionnelles qualités de coeur d'Anne Valluy, généreuse, pleine d'humour, soucieuse de faire surgir de la petite boite noire avec laquelle elle cohabite, d'aussi loin semble-t-il que remonte sa mémoire, des images qui, sublimes ou sobrement « corporate », contiennent cette étincelle de magie qui rend heureux ses clients.

Comment est née votre passion pour la photo ?

Anne Valluy - J'ai toujours eu un appareil photo en main. J'ai toujours aimé en particulier les portraits. Lors de mon mariage, nous avions fait appel à un photographe, mais je n'ai pas pu m'empêcher de prendre moi-même des photos de mes invités, au grand dam de ma mère. Sur mes photos de mariée, j'apparais ainsi à plusieurs reprises l'appareil en bandoulière ou en train de photographier.

La photo est pour moi une deuxième mémoire. J'aime photographier les gens, les enfants et voir, de cliché en cliché, l'effet du passage du temps. Dans un projet que j'ai baptisé « time goes by », j'ai repris et mis côte à côte des photos prises en 2009 et en 2011. L'effet est très amusant !

Par quel cheminement, après une carrière dans la communication puis comme professeur de Français Langue Etrangère, en êtes-vous arrivée à faire de votre passion pour la photographie votre 3ème carrière ?

- Arrivée à Singapour en 2004, avec un mari toujours en déplacement et 2 enfants dont un bébé, je n'ai pas souhaité reprendre une activité professionnelle à plein temps pour pouvoir apporter de la stabilité à mes enfants. Je me suis engagée comme bénévole à l'AFS. Mon engagement est rapidement devenu un hobby à temps plein. A la gazette, j'ai rapidement été en charge d'une équipe de photographes. La Présidente de l'époque, Emmanuelle Le Bris, m'a toujours complimentée sur mes portraits. A mes débuts, j'ai également été sollicitée pour réaliser des photos de spectacles et d'évènements! Ce sont mon époux et Sabrina Zuber qui m'ont fortement conseillé de créer mon entreprise. Quitte à travailler à plein temps autant être rémunérée !

Andayoma (c) Anne Valluy
Andayoma (c) Anne Valluy


Cela a-t-il été difficile?

- Oui! C'est difficile, de passer d'un statut de photographe bénévole à un statut de photographe professionnel. Mais aussi bien Sabrina Zuber de Arsmedia & Bellepoque que Nathalie Ribette de Sing'theatre m'ont fait confiance en tant que bénévole puis ont accepté mon changement de statut et m'ont toujours fait travailler pour leurs spectacles!

D'une manière générale, c'est difficile de faire prendre conscience aux gens que la photographie a un coût. Il y a le temps passé, mais aussi tout l'équipement, très coûteux, dans lequel il faut investir pour réaliser les photographies dans des conditions optimales.

Je trouve que photographier un spectacle est un vrai challenge ! Les spectacles sont tous différents ; et il y a un nombre de facteurs inconnus qui rendent ce type de photographie difficile. Par exemple, on ne connaît pas le spectacle, la salle, les éclairages, les déplacements des artistes, et on n'a qu'une seule et unique chance pour réussir les photos. Malgré ces difficultés cela reste un grand moment de bonheur, tant les producteurs et artistes sont adorables ! Je couvre aussi selon les demandes des évènements privés ou « corporate ». Depuis un an, je fais essentiellement des photos « corporate », ou « corporate headshots ».


Pourquoi cette passion pour le portrait?

- J'aime faire des portraits, fondamentalement, parce que j'aime les gens. J'aime beaucoup les gros plans. Plus je peux resserrer sur le regard, plus j'aime. J'aime le regard.

Parfois les personnes arrivent pour une session corporate, sur les nerfs ou épuisées. Dans ce cas, il faut prendre le temps de leur laisser retrouver une certaine sérénité. Je leur parle, je fais le pitre ou le clown pour les mettre à l'aise. La photo en « One to One », particulièrement dans un cadre « corporate », est toujours un challenge. On ne sait jamais sur qui on va tomber. C'est la surprise totale. Parmi les personnes que je photographie, il y en a beaucoup qui commencent par dire « je déteste être pris en photo ». Il faut faire preuve de beaucoup d'imagination pour parvenir à les détendre. Le but, c'est qu'à la fin, la personne aime sa photo, et jusqu'à présent mes clients sont tous satisfaits. Avant la séance, je leur envoie un « brief » pour les aider à se préparer. Je leur demande également d'apporter plusieurs tenues et d'avoir du temps devant eux.

Sur votre site, vous parlez de « digital image coach ». De quoi s'agit-il ?

A l'heure actuelle, on ne peut plus se permettre de ne pas faire attention aux photos qu'on utilise et à l'image que ces photos donnent de vous. Dans l'univers professionnel, que ce soit pour des sites web, des brochures, des articles ou bien pour des réseaux sociaux tels que linkedin, les gens ont besoin de photos qui les présentent sous leur meilleur jour, dans une tenue en phase avec l'image qu'ils veulent donner. Mon rôle à ce titre va au-delà de la photographie. Je les conseille sur le look qui leur convient le mieux et qui est le plus adapté à l'usage qu'ils veulent faire des photos. Parfois, en changeant le décor, les habits et les pauses, on peut faire des photos qui présentent des personnes réellement différentes et qui correspondent aux multiples « casquettes » que le client a !  Ce n'est plus la même personne qui est photographiée.

Comment se passe une séance de shooting ?

- Je donne beaucoup d'énergie. J'ai une relation forte avec la personne pour qu'elle se sente à l'aise et qu'elle donne le meilleur d'elle-même. Mon outil c'est l'humour. C'est parfois difficile de décontracter certaines personnes qui sont très introverties. Un shoot dure entre 1h et 2H. Il est essentiel de prendre son temps. A la fin, je télécharge les photos et on choisit ensemble. Certains réagissent en disant « finalement, je suis beau gosse ! » ou bien « ma femme va être contente ! ». Ma plus grande satisfaction, c'est quand le client est content.

le petit journal singapour (c) Anne Valluy
le petit journal singapour (c) Anne Valluy



Vous êtes aussi très attachée à travailler, en équipe, avec les autres photographes de Singapour. Comment cela se passe-t-il?

- Il y a à Singapour un certain nombre de photographes français qui ont souvent beaucoup de talent et qui travaillent dans des domaines complémentaires. Il m'a semblé important de les connaître et de faire en sorte de nous aider mutuellement. J'ai créé un groupe Facebook en 2016, « Photographes Français in Singapore ». Parmi eux, il y a notamment Cédric Vrolant, avec qui j'ai travaillé sur « le diner en blanc », puis je l'ai sollicité pour les photos de la cérémonie du BAC au LFS. Il est sur le même type de photos que moi ! Il est très sympathique et talentueux ! Il y a Irene Andreani, qui elle est specialisee en produits, mais pas uniquement ! et Catherine Houston, Gregory Vanlerberghe, Camille Ducret, Barbara Layachi etc? Tous ont leur spécialité, leur talent particulier que j'admire. Nous sommes complémentaires. Il me semble naturel de promouvoir les pistes de coopération plutôt que de se considérer uniquement comme des concurrents. J'ai organisé une soirée afin qu'on fasse connaissance entre nous, et tous étaient très contents de se rencontrer ! Quand une photographe du groupe cherchait un imprimeur je lui ai conseillé de faire un post dans le groupe et j'ai été très heureuse de constater que tous ont répondu en n'hésitant pas à échanger leurs ressources. Quel bonheur de voir ce groupe fonctionner !

 

Anne Valluy photography

Voir le site d'Anne Valluy et sa page Facebook "anne valluy photography"

© Photos Anne Valluy

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Bertrand Fouquoire

Bertrand Fouquoire

Co-Directeur de l'édition. Après avoir vécu 9 ans à Singapour, Bertrand est revenu en France en janvier 2017, où il a repris ses activités de coaching pour les expatriés et les conjoints et pour les jeunes adultes
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