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ECONOMIE – Les entrepreneurs français à Singapour. Eclairage avec la Chambre de Commerce.

Par Cécile Brosolo | Publié le 14/02/2017 à 13:30 | Mis à jour le 07/04/2017 à 01:13
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Singapour compte plus de 300 entrepreneurs français, très dynamiques dans de nombreux secteurs. L'attractivité de Singapour repose, entre autres, sur un dynamisme économique exceptionnel, l'opportunité d'un point d'ancrage stratégique vers le sud-est asiatique, et les facilités (et la sécurité) juridiques, fiscales, linguistiques et culturelles qu'offre le pays. Analyse et conseils d'experts avec Carine Lespayandel, directrice de la Chambre de Commerce Française à Singapour (FCCS), et Martine Lesponne, directrice des services d'appui aux entreprises de la FCCS.

Carine Lespayandel
Carine Lespayandel

www.lepetitjournal.com/singapour  ? Les entrepreneurs français à Singapour sont-ils nombreux, et dans quels secteurs sont-ils ?

Carine Lespayandel ? Les entrepreneurs et startups françaises sont très présents ici. Leur nombre a beaucoup évolué au fil des ans, avec une forte croissance depuis 2010, à tel point qu'ils représentent aujourd'hui près d'un quart de nos entreprises membres.

Les secteurs d'activité sont très diversifiés : nouvelles technologies, santé, services aux entreprises, finance et assurance, mode et beauté, restauration, distribution,... Cela nous a d'ailleurs amenés à segmenter notre offre de services aux entrepreneurs par secteurs d'activité et par type de profil pour mieux répondre à leurs attentes. 

Peut-on parler d'un écosystème singapourien qui facilite l'entreprenariat ?

CL ? Oui, nous sommes ici dans un environnement favorable, avec des infrastructures de qualité. D'une façon générale, tout est fait pour faciliter les affaires. Singapour a mis en place un écosystème qui a attiré de nombreux incubateurs et acteurs favorisant l'entrepreneuriat, Business Angels, sociétés de capital-risque etc... Le réseau est également très important et facile d'accès, et les échanges sont simples. Une grande qualité de Singapour est à mon sens le fait que l'on y rencontre des décideurs, des dirigeants d'entreprises très couramment, et les gens sont aussi très réactifs, ils répondent vite, même au plus haut niveau. Il y a ainsi une dynamique très intéressante.

Quelles difficultés rencontrent les entrepreneurs à Singapour ?

Martine Lesponne ? Singapour est un petit pays et il en découle deux contraintes principales pour les entreprises qui ont un marché local relativement limité et un environnement très compétitif, avec une concurrence internationale. Du fait du marché local restreint, s'il veut grandir vite, l'entrepreneur doit immédiatement penser « régional », et cela devient plus complexe parce que chaque pays est différent et que les accès aux marchés sont spécifiques. Singapour est en général une bonne vitrine pour ensuite s'exporter. Avoir une dimension régionale est ce qui est souvent recherché, et les entrepreneurs bâtissent leur projet avec une vision pour la région, voire pour le monde.

Martine Lesponne
Martine Lesponne

Quelles sont les qualités requises pour être entrepreneur à Singapour ?

ML ? Je ne pense pas qu'il y ait là de spécificité propre à Singapour, il faut être commercial dans l'âme, car c'est avant tout une aventure économique, et il faut apporter quelque chose de nouveau sur le marché, une innovation. Les contacts sont, certes, rapides mais la démarche commerciale est un processus long, il faut toujours être sur le feu, et beaucoup de personnes peuvent avoir des offres similaires. Il faut aussi savoir s'entourer, trouver des talents. Pour cela, les compétences recherchées sont en général faciles à trouver à Singapour, même si, comme partout, certains profils bien spécifiques sont moins bien représentés que d'autres. 

Quel est l'âge moyen des entrepreneurs ?

CL ? On ne peut pas dire qu'il y ait un âge pour entreprendre. Les profils sont très variés. Par exemple, des expatriés de longue date, qui avaient des postes importants, deviennent entrepreneurs vers 40/45 ans, parce qu'ils ont identifié un potentiel. Ce sont souvent des entrepreneurs qui réussissent, du fait de leur expérience, de leur connaissance du marché et de leurs compétences fortes dans leur domaine notamment. Dans les domaines numériques, il y a plus de jeunes entrepreneurs, entre 30 et 35 ans, qui créent des start-ups, souvent après un MBA. 

Enfin, de quelle façon la Chambre de Commerce aide-t-elle les entrepreneurs ?

CL ? Nous travaillons avec eux sur leurs projets à court et moyen-long terme. C'est important pour la pérennité de leur business et de leur présence. Une fois les projets bien réfléchis, nous aidons les entrepreneurs pour la mise en ?uvre des solutions (constitution de l'entreprise, demande de permis de travail, ?) dans une offre adaptée. Nous aidons également à mettre en relation les entrepreneurs recherchant partenaires, investisseurs ou repreneurs, via notre nouvelle Bourse d'Opportunités d'Affaires.

ML ? Nous proposons, tout au long de l'année, de nombreuses réunions et programmes spécifiques pour les futurs entrepreneurs et pour ceux en activité. Par exemple, l'atelier « futurs entrepreneurs » se déroule avec une société de coaching et consulting, qui aide à structurer le projet, à en anticiper toutes les facettes pour le déployer sans perdre de temps.

Pour soutenir les start-ups dans leur développement, notre Accelerator Lab accueille tous les mois un entrepreneur, qui bénéficie de recommandations et mises en relation par un groupe de conseillers. De même, notre programme de mentorat permet aux entrepreneurs d'être accompagnés, durant un an, par des mentors expérimentés, Conseillers du Commerce Extérieur ou membres du Conseil d'administration de la Chambre.

Et bien sûr, notre réseau est notre force, car il permet aux entrepreneurs l'accès aux autres membres, que sont les grands groupes industriels, les marques, les business angels?

Le rôle de la Chambre de Commerce est d'être un accélérateur et une plateforme pour créer,  mettre en relation, conseiller, et favoriser les opportunités d'affaires.

 

Propos recueillis par Cécile Brosolo (www.lepetitjournal.com/singapour), mercredi 15 février 2017.

FCCS

Le site de la FCCS: http://www.fccsingapore.com

email support aux entrepreneurs : bizsupport@fccsingapore.com

Portraits Carine Lespayandel et Martine Lesponne : photos (c) Anne Valluy

 


[1] Source : Service Economique Régional de l'Ambassade de France à Singapour

 

 

Cecile Brosolo

Cécile Brosolo

Ingénieur de formation et passionnée par la photo, Cécile s'intéresse en particulier à la science et à la technique, à la photographie et à l'environnement.
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