Tim Laurence: candidat dans la 2e circonscription des Français à l’étranger

Par Vincent Bosson | Publié le 27/05/2022 à 01:35 | Mis à jour le 27/05/2022 à 01:45
Photo : Tim Laurence / Divulgation
Tim Laurence

M Tim Laurence, candidat écologiste aux élections législatives pour la 2e circonscription des Français établis hors de France, a accepté de répondre à nos questions :

 

Pourquoi avez-vous souhaité vous présenter aux prochaines élections législatives ? 

Je suis résident au Paraguay, et vit en Amérique Latine depuis 6 ans. Diplômé de l’Institut d’Etudes politiques de Lille, de Sciences Po Paris et de la Pontificia Universidad Católica de Chile à Santiago du Chili, je travaille à l’ONU sur l’égalité entre les hommes et les femmes au Bureau Régional Amériques et Caraïbes, basé à Panama City.  Issu d’une famille franco-brésilienne, j’ai vécu et travaillé dans de nombreux pays de la circonscription, au Chili, au Paraguay, en Argentine et au Panama. J’ai décidé de me présenter aux prochaines élections législatives pour défendre des valeurs de renouvellement démocratique et pour faire gagner l’écologie. En tant que français résident au Paraguay, j’ai également vécu la fermeture du Consulat de France dans le pays, et les réductions budgétaires dans le réseau culturel, scientifique, social et éducatif dans toute la région, qui m’ont interpellé, et m’ont poussé à l’engagement.

 

Quel est votre rapport avec cette circonscription (2e) ?

Je suis très attaché à de nombreux pays d’Amérique Latine, tant au niveau affectif que culturel. Comme de nombreux français dans la région, j’ai choisi de vivre en Amérique Latine pour des raisons à la fois professionnelles et affectives, ma conjointe étant paraguayenne. J’ai la chance d’avoir pu vivre et travailler dans 5 pays de la région, et ma suppléante Oriana Reith, également, dans 4 pays de la circonscription. Passionné à la fois par l’art et le football, je vous avoue que l’Amérique Latine et les Caraïbes n’a rien à envier au reste du monde. 

 

En quoi votre parcours est-il marqué par les préoccupations des Français de l'étranger ?

J’ai eu l’honneur de commencer mon expérience diplomatique à Buenos Aires, à la chancellerie politique de l’Ambassade de France en Argentine et au Système des Nations Unies en Argentine, au Paraguay et au Panama. Je connais avec grande précision les problématiques que nous vivons toutes et tous ici, de Cuba à Ushuaia, où j’ai de nombreux amis et relais sur le territoire. Je connais en détail les problématiques qui traversent les français de l’étranger dans la région car je suis moi-même français vivant depuis de nombreuses années en Amérique Latine. Cela peut sembler un détail, mais dans le cadre de ces élections législatives, cela me semble un point essentiel et révélateur qu’il faut souligner.

 

Comment voyez-vous le mandat de député ?

Je souhaite porter inlassablement la voix des Français d’Amérique Latine dans l’hémicycle. Le Député doit savoir connaître avec précision les problématiques spécifiques des français d’Amérique Latine - y vivre bien évidemment - pour pouvoir porter leurs aspirations et la voix de l’Amérique Latine à Paris.  Si le territoire couvert par le Député est gigantesque (33 pays), celui-ci doit être attaché à la circonscription, et pas seulement faire un petit tour pour être élu et disparaître complètement, comme on a pu l'expérimenter ici ou là, et comme on peut le craindre déjà au regard du profil de mes concurrents.

 

Quels sont, selon vous, les défis qui attendent les Français de votre circonscription ?

Le défi principal est celui de l’éducation, en particulier lié aux bourses d’étude, à la qualité et soutenabilité de l’enseignement, et au statut des professeurs. Le deuxième grand défi est de pouvoir restaurer la présence diplomatique et consulaire dans la région en faisant de l’Amérique Latine une nouvelle priorité stratégique dans la relation bilatérale que nous avons avec les pays de la zone. Je souhaite une remise en service des postes diplomatiques et consulaires au Honduras, en Jamaïque, au Paraguay, au Salvador, au Suriname et à Trinité et Tobago. Je vais également promouvoir davantage les échanges et mobilités académiques, universitaires, culturels et scientifiques dans les deux sens entre la France et l’Amérique Latine. C’est ainsi que nous construisons le futur de nos relations. Je souhaite développer davantage les volontariats en entreprise (VIE), volontariats en administration (VIA) et pérenniser pour les jeunes les programmes vacances-travail (PVT) en Argentine, Chili, Colombie, Uruguay, Mexique, Brésil, Pérou et Equateur, et l’étendre aux autres pays d’Amérique du Sud, Centrale, et aux Caraïbes. Enfin, le dernier défi, et non des moindres, est de porter la voix historique de la France en faveur du respect et de la défense des droits humains sur tout le continent, comme droits inaliénables et universels de tous les êtres humains.

 

Comment est organisée votre campagne et qui sont vos soutiens ?

Je m’inscris dans les pas du député écologiste Sergio Coronado, reconnu dans la région au-delà des appartenances partisanes de chacun. Ma suppléante, Oriana Reith, franco-argentine, est une sociologue de l’Université de Buenos Aires pour qui l’égalité entre les femmes et les hommes est un sujet majeur. Elle a étudié aux lycées français de Sao Paulo et Rio de Janeiro, et a vécu au Chili et au Costa Rica. J’ai nommé des représentants dans chaque pays qui anime la campagne avec beaucoup d'enthousiasme. Je tiens à remercier très sincèrement toutes celles et ceux qui me rejoignent chaque jour pour faire gagner l’écologie. Tous les soutiens sont bienvenus dans la mesure où ils s’inscrivent dans l’intérêt général des Français de l’étranger.

 

Quels sont les axes de travail que vous souhaitez mener à bien si vous êtes élu ?

Je travaillerai spécifiquement sur le budget consacré aux français de l’étranger, au niveau diplomatique, consulaire, éducatif et social, en militant pour une nouvelle dynamique budgétaire qui est nécessaire en Amérique latine. 

Je souhaite répondre également à l’urgence écologique. Je souhaite approfondir les investissements dans les énergies renouvelables et intégrer une évaluation systématique de l’impact énergétique de la commande publique. Au niveau législatif, j’œuvrerai pour garantir des lois environnementales et écologiques de haut niveau, permettant notamment l'accès à l’eau comme bien commun. Je porterai l’inscription dans la Constitution que la France est une République écologique, qui garantit la préservation de la biodiversité, lutte contre le changement climatique et prend en compte la raréfaction des ressources naturelles.

Enfin, je travaillerai sur le renouveau démocratique de nos institutions. L’abstention aux élections présidentielles et celle annoncée aux législatives est un signal d’alerte ! Nous avons besoin d’un nouvel air démocratique, et de nouvelles règles démocratiques pour rapprocher les représentants et les citoyens. J’écrirai une proposition de loi transpartisane pour reconnaître les votes blancs et nuls, et rédigerai une proposition de loi pour encadrer de façon plus stricte les lobbies au Parlement, afin de publier les rencontres des représentants d’intérêt avec les parlementaires comme c’est déjà le cas dans certains pays d’Amérique Latine. Je souhaite également rendre inéligible toute personne condamnée pour corruption, détournement de fonds publics, violence et abus sexuel.

 

Quel bilan dressez-vous du mandat du député sortant ?

La Députée sortante Paula Forteza a eu un fort engagement à Paris en faveur de l’écologie, du droit des femmes et du renouveau démocratique. Malheureusement, je crois que son bilan restera marqué par son abandon de poste lorsqu’elle s’est présentée aux élections municipales en 2020, ce qui a constitué une rupture profonde avec tous les françaises et français ici, qui ont été dans l’incompréhension la plus totale. Je pense également qu’il faut de la cohérence entre l’étiquette sur laquelle nous sommes élus, et le positionnement que nous défendons à l’Assemblée nationale. Je suis candidat écologiste, je défendrai des valeurs de préservation de l’environnement à l’Assemblée, c’est un devoir de cohérence et de respect des électeurs.

Vincent Bosson

Vincent Bosson

Formé en science de l’éducation et en sociologie, Vincent Bosson est photojournaliste installé à São Paulo, correspondant de lepetitjournal.com pour ses éditions au Brésil (Rio de Janeiro et São Paulo).
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