Jeudi 3 décembre 2020

Minerva Medica ou l’histoire d’un temple méconnu

Par Karine Gauthey | Publié le 17/08/2020 à 10:00 | Mis à jour le 17/08/2020 à 10:00
Minerva Medica Roma

Si l’on se promène Via Giolitti ou que l’on emprunte les rails du tramway numéro 3, l’on peut s’émerveiller devant les vestiges d’un vieil édifice : une coupole (la troisième plus grande de la ville après celle du Panthéon et des Thermes de Caracalla) de 25 mètres de diamètre et de 32 mètres de hauteur, connue sous le nom de Temple Minerva Medica.

Cependant celui-ci, plus encore que les thermes de Caracalla, ne semble plus posséder que la beauté désuète d’une ruine inconnue, et l’on pourrait y voir comme cause une importance moindre.

En réalité, il s’agit à l’origine d’une grande demeure de l’empereur Licinius Egnatius Gallienus dénommée « Horti Liciniani », édifiée au IIIe siècle après J.-C., dans laquelle on découvre un nymphaeum, sanctuaire consacré aux Nymphes (divinités de l’eau). Si le IIIe siècle est surtout connu pour ses guerres et les règnes courts de ses empereurs (ce qui peut expliquer le relatif désintérêt qu’on lui porte), son architecture pourrait receler toutefois l’origine de reliefs aux plus célèbres contours. En effet, la coupole rappelle la construction antérieure du Panthéon, et paraît donc rentrer dans les canons classiques.

La structure décagonale peut nous faire penser, tout autrement, à la construction, plus tardive, de Sainte Sophie par Justinien à Constantinople. On pourrait ainsi dire qu’il incarne une continuité entre l’art des coupoles romaines et byzantines. Cependant, cette interprétation reste une simple remarque puisque peu d’études ont porté sur le sujet.

Cicéron

Le temple de Minerva Medica de l’époque républicaine est mentionné par Cicéron, qui explique qu’il était dédié à Minerve tout autant qu’à Apollon et aux diverses divinités guérisseuses. Au XVIIème siècle, l’on découvrit au sein du temple une statue en marbre de Paros représentant Minerve avec un serpent (actuellement au Vatican), d’où la confusion entre le temple et le Nymphée, qui avait des fonctions curatives.  Mais l’on trouva également des statues d’Asclépios (dieu de la médecine), de sa fille Hygie (déesse de la santé) qui devaient confirmer à tort la fonction médicale de l’édifice.

Aujourd’hui, le majestueux monument ne possède plus que de simples murs de briques, isolé en raison de l’urbanisation de l’Esquilino et la construction du chemin de fer à la fin du XIXe siècle.

Karine Gauthey

Karine Gauthey

Rédactrice en chef et Directrice d'édition Lepetitjournal.com/Rome karine.gauthey@lepetitjournal.com
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