Édition internationale

ROMAN – Terre des oublis : caractères vietnamiens

La Vietnamienne Duong Thub Huong nous immerge, avec Terre des oublis, dans les profondeurs de son pays et dans les remous de l'après guerre, à travers les portraits d'une région et de trois personnages aux destins mêlés. Un long et beau roman qui s'attache aux destins individuels mais résonne aussi des multiples réalités du Vietnam
- Lire aussi la sorcière bien aimée de Coelho

Duong Thu Huong

Née en 1947 au Vietnam, Duong Thu Huong est une femme engagée. Après avoir organisé des représentations théâtrales pour soutenir le moral des troupes et avoir été saluée pour son engagement dans la lutte contre les Américains, elle s'est retrouvée exclue du Parti et incarcérée pour ses prises de position en faveur de la démocratie. Son parcours a donc tout de celui d'un personnage de roman. Ce n'est pourtant pas sur sa propre histoire qu'elle se penche dans Terre des oublis mais, d'une certaine façon, sur celle du Vietnam tout entier, à travers le récit des vies bouleversées d'une femme et de deux hommes, dans un hameau de montagne, au c?ur du pays.

Un drame
Mièn, Hoan et leur fils vivent une vie heureuse, rurale et prospère quand une figure du passé fait irruption au village. Il s'agit de Bôn, le mari de Mièn, déclaré mort à la guerre en martyre, 14 ans auparavant.
Aux yeux de tous et aux siens propres, le devoir de Mièn est d'honorer le héros de la nation, d'abandonner sa vie passible, pour s'installer auprès de son légitime époux. Mais Bôn est un homme détruit physiquement, pauvre, nauséabond, impuissant et obsédé par elle. C'est le choix du malheur, auquel même Hoan semble résigné, lui qui part s'installer à la ville.

Une fenêtre
La trame mise en place par Duong Thu Huong a la rectitude tendue du drame. De la situation naît l'effondrement du quotidien et des intériorités. De ce fil, elle tisse 800 pages sensibles et inquisitrices qui traquent les ressassements et les variations de ses personnages. Les chapitres adoptent tour à tour l'un de leurs points de vue, s'attachent à leur état présent comme aux souvenirs de leur passé. En italique dans le texte, la transcription de leurs pensés éclaire leurs doutes et leurs choix.
La fermeté simple de ses options d'écriture assure une grande cohérence à ce long et magnifique roman qui sait jouer aussi bien de la délicatesse que de la brutalité des pulsions.
Terre des oublis est aussi une précieuse fenêtre sur un pays, une histoire, une organisation sociale et une manière d'être au monde. Il a été salué par le Prix des lectrices du magazine ELLE.
Jean Marc Jacob (
www.lepetitjournal.com ) lundi 30 juillet 2007

Terre des oublis, Duon Thu Huong (Sabine Wespieser éditeur) 794 pages, 29?
http://www.swediteur.com/auteur.php?id=34

La sorcière bien aimée de Coelho
La sorcière de Portobello est le surnom du personnage central du dernier roman éponyme de Paolo Coelho. Le prolifique auteur brésilien, adulé par les uns, conspué par les autres, retrouve ses thèmes de prédilection, dont la quête de soi. Sherine Khalil, puisque c'est le vrai nom de l'héroïne, est la fille adoptive d'un couple libanais. Ayant tout pour être heureuse, elle ressent cependant le besoin de partir à la recherche de ses origines. A travers un voyage initiatique, Sherine, ou Athéna comme la surnomme un de ses oncles, va rencontrer l'amour, donner naissance à un fils, et surtout se découvrir des capacités hors du commun. La particularité de ce roman réside dans le fait que le lecteur ne suit pas la quête d'Athéna à travers ses yeux, mais à travers ceux des personnes qu'elle va influencer. Chaque chapitre est un témoignage qui raconte un épisode de son parcours. Tout l'intérêt réside donc dans les divers jugements, positifs ou négatifs, que chacun des personnages portent sur Athéna. A travers un récit ayant tout du puzzle mais qui reste très fluide, Paolo Coelho remet en question un monde dans lequel les gens ne cherchent plus à se comprendre, quand critiquer devient plus facile qu'écouter. Le message semble naïf, mais ce serait ignorer que la fiction rattrape la réalité. N.M. (
www.lepetitjournal.com 30/ 07/07)
- La sorcière de Portobello, de Paolo Coelho, Flammarion, 380p, 18?50

Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.