Édition internationale

ROMAN - "La chambre de la Stella" : souvenirs à demeure

Le Prix du Livre Inter a couronnécette année La chambre de la Stella de Jean-Baptiste Harang. A travers le détail des pièces de la maison familiale, l'auteur remonte le fil de sa mémoire et traque le secret des origines de son père

L'exploration attentive et délicate de Jean-Baptiste Harang. (Photo : Hannah.opale)

Les maisons de famille ont souvent leur part d'ombre. Derrière les portes closes se chuchotent des secrets, se font ou se réinventent des filiations. C'est un ressort littéraire éprouvé. Pourtant, même si dans La chambre de la Stella il est question d'une véritécachée, Jean-Baptiste Harang ne nous entraîne pas dans un drame étouffant. Il remonte avec pudeur et précision le cours du temps et nous immerge, avec une douceur méticuleuse, dans la région de son enfance.
Pièce par pièce, il explore la mémoire de la maison de Dun-le-Palestel, anciennement Dun-le-Palleteau. Le temps passe, les lieux eux-mêmes changent de nom et semblent vouloir brouiller les pistes. La propriété, dont il est aujourd'hui un des héritiers, est pour lui, d'abord un lieu de vacances ou de week-end de pensionnaire. Il y a aussi passéson année de cours préparatoire. Mais elle est avant tout le témoin de la vie de ses grands-parents, de son oncle, de son père et d'un monde disparu.
De fond en comble
Organiséen chapitres courts, le livre est d'abord une promenade àl'intérieur de la modeste bâtisse. Chaque chambre, chaque recoin est détaillé. En bas, il y a la gare, dont le grand-père était chef, mais en réalitéc'était juste une antenne de la SNCF puisque dans ce village aucun train ne passait plus? Au dessus, la chambre de l'oncle Arthur, venu s'installer àla mort du patriarche, et puis l'escalier oùon jouait àsauter le plus loin possible, la salle àmanger, le grenier, jusqu'àla chambre de cette Stella dont il ignore tout.
Par la grâce d'une écriture fluide, Jean-Baptiste Harang parvient àrendre sensible les nuances et les descriptions de lieux. A travers les murs chers àsa famille, il divague d'une époque àl'autre, dresse une cartographie intime qui déborde sur les environs. Et peut-on aller plus profond qu'àla Souterraine, dans la Creuse ?
Le silence qui entoure les origines paternelles n'est pas làpour tenir le lecteur en haleine. Ce n'est pas un artifice mais un des éléments du paysage qui se dessine. L'auteur refuse d'ailleurs l'enquête et puise en lui-même les éléments du récit. Cette exploration attentive et délicate a séduit, àjuste titre le jury du Prix du Livre Inter.
Jean Marc JACOB. (LPJ) 16 juin 2006
  
La chambre de la Stella, Jean-Baptiste Harang (Grasset) 194 pages, 14,90€

Egalement en librairie : Mary Higgins Clark, Laurent Chalumeau & Benoîte Groult
Deux petites filles en bleu, Mary Higgins Clark (Albin Michel) : Pour le plus grand bonheur de ses inconditionnels, Mary Higgins Clark retourne àla disparition d'enfants. Le jour de leurs trois ans, deux jumelles se font kidnapper àla maison. Commence alors l'infernal suspense pour leurs parents d'autant plus prenant pour le lecteur qu'il sait aussi ce qui se passe dans la tête de chaque protagonistes. L'implacable mécanique du thriller Clarkien est en place, il n'y a plus qu'àse laisser porter?
Maurice le siffleur, Laurent Chalumeau (Grasset) : Armand Teillard, 65 ans, aime par dessus tout prendre son petit-dej' sur la terrasse de l'Aline Roc, face àla baie de Cannes. Aussi, lorsque les proprios sont confrontés àdu racket, il n'hésite pas àendosser le rôle de Maurice le siffleur, celui dont personne ne sait rien mais qui va mettre àterre tout le milieu mafieux. Tout est rocambolesque, excessif et délirant dans cette histoire de tontons flingueurs àla petite semaine qui ne jurent que par des gros mots. Réjouissant.
La touche étoile, Benoîte Groult (Grasset) : A 86 ans, Benoîte Groult reste une femme d'exception. De la même façon que, en 1975, le succès de Ainsi soit-elle avait contribuéàl'émancipation des femmes, La touche étoile risque de faire date dans l'histoire de? la vieillesse ! Avec son humour habituel, et loin du politiquement correct, elle raconte via Alice son personnage de 80 ans - une journaliste féministe - l'horreur de vieillir au quotidien. Comment supporter la décrépitude physique en même temps que l'impitoyable regard que porte la sociétémoderne envers ses vieux ? (LPJ ? 16 juin 2006)
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.