

L'opération était attendue depuis plusieurs semaines et l'imminence de l'intervention du Bope (Bataillon des opérations spéciales de police) et des forces de l'ordre dans les favelas de la Rocinha, Vidigal et Chácara do Céu le week-end dernier a tenu en haleine toute une population, à la fois inquiète et pleine d'espoir quant à l'issue de cette opération militaire d'envergure
L'occupation dans la nuit de samedi à dimanche
Samedi soir 2h30 du matin, toutes les voies d'accès proches des favelas sont fermées à la circulation. A 4 heures du matin, les quelque 700 hommes du Bope, assistés par 18 blindés de la marine entrent dans la Rocinha. Sans trouver de vraie résistance, ils ouvrent la voie aux forces de la paix. Ce sont au total environ 3.000 hommes de la police militaire (Bope et Batalhão do choque), de la police civile, fédérale (PF) soutenus par plusieurs hélicoptères blindés dont un équipé d'une caméra thermique retransmettant en temps réel la progression des troupes qui, en moins de trois heures prendront possession des trois favelas concernées sans qu'un seul coup de feu n'ait été tiré. L'opération "Choque da Paz" est "un succès" a commenté le Gouverneur Sergio Cabral, parlant "d'un jour historique et émouvant pour tout le Brésil" et remerciant tous ceux qui ont préparé et sont intervenus dans cette opération.
Une opération scrupuleusement préparée
L'occupation de ces favelas a effectivement été précédée de plusieurs autres interventions qui ont permis de préparer le terrain avant de lancer l'assaut. Dans les deux dernières semaines, la police avait attaqué des repères de factions alliées dans la zone nord et ouest de la ville comme à Niteroi et Macae dans le but de détruire des possibles refuges pour les trafiquants en fuite. Grâce à ce travail en amont, 8 bandits ont été tués, 37 autres arrêtés dont des leaders importants du trafic de drogue comme Antônio Francisco Bomfim Lopes, plus connu sous le nom de"Nem"; Anderson Rosa Mendonça, le "Coelho" (le lapin); Varquia Garcia dos Santos, le "Carré"; e Sandro Luis de Paula Amorim, le "Peixe" (le poisson). L'opération du week-end dernier aura également permis de saisir de la drogue (cocaïne, crack, maconha), des véhicules, plus de 75 motos, des armes et des pièces détachées (lunettes, chargeurs de fusils), des machines à sous, mais aussi 61 bombes artisanales?
Retour au calme et au travail lundi matin
Après une tension forte les quelques jours précédents l'assaut et pendant le week end, le calme semble revenu lundi matin à la Rocinha où les habitants ont repris le chemin du travail. Pour les forces d'intervention, le travail ne fait que commencer. Les forces d'intervention du Bope devraient rester une soixantaine de jours basées dans les trois favelas afin de laisser le temps aux UPPS, (unités de pacifications) de prendre position dans la zone et entamer le travail social tant attendu. Les services publics vont également pouvoir reprendre pied dans les favelas et lancer un grand chantier de modernisation du réseau d'eau, d'égout, d'électricité, ramassage des poubelles... Tant de promesses après 40 ans de contrôle par les trafiquants et un immense espoir pour les 120.000 habitants de la Rocinha, Vidigal et Chácara de Céu.
CPB (www.lepetitjournal.com - Brésil) mardi 15 novembre 2011




































