

Populaire auprès des Français mais pas au sein de l'UMP, Rama Yade n'en finit pas de changer de casquettes. Après divers ministères et son départ vers le Parti Radical de Borloo, la voici maintenant nommée ambassadrice auprès de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture
A seulement 34 ans, Rama Yade (photo AFP) a déjà un CV impressionnant. La belle Française d'origine sénégalaise rajoute une nouvelle ligne à son curriculum : ambassadrice auprès de L'Unesco, l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture, en remplacement de Catherine Colonna. Une façon pour la plus populaire des femmes de droite de s'écarter un temps de la politique nationale pour s'occuper de questions internationales qui lui tiennent à c?ur.
La droite rebelle
Si ce coup de pouce est signé Nicolas Sarkozy, Rama Yade n'a pas attendu qu'on vienne la chercher. Arrivée en France à 8 ans, elle enchaîne Hypokhâgne et Science po. Elle devient directrice de la communication de la chaîne parlementaire Public Sénat en 2005 puis travaille au Sénat en tant qu'administratrice. En mars 2006, l'UMP honore ses années de militantisme en la nommant secrétaire nationale. Sa période Black Power avec posters de Malcolm X dans sa chambre d'adolescente n'est pourtant pas si loin. Membre du Club du XXIe siècle, elle défend avec passion la promotion des minorités visibles et publie un livre Noirs de France (Calmann-Lévy). Propulsée sur le devant de la scène en 2007 en tant que secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme du premier gouvernement Fillon, son image de rebelle plaît aux Français mais pas au gouvernement qui la rappelle souvent à plus de modération. Les remaniements successifs ne lui sont pas heureux. Rama Yade passe au Sport avant d'être complètement évincée. La protégée de Nicolas Sarkozy aurait trop agacé les dirigeants de l'UMP, certainement la faute à un caractère bien trempé qui la pousse par exemple à ne pas accepter de se présenter aux élections européennes de 2009. Très attachée à la ville de Colombes, elle préfère également porter sa candidature dans les Hauts-de-Seine plutôt que le Val-d'Oise ?ce que souhaitait l'UMP - lors des régionales de 2010.
De Borloo à l'Unesco
Un mois après le dernier remaniement, la conseillère régionale d'Ile-de-France avait annoncé qu'elle quittait l'UMP pour rejoindre le Parti radical, présidé par Jean-Louis Borloo, une autre victime collatérale du nettoyage de rentrée de l'Elysée. Invitée la semaine dernière sur Europe 1, Rama Yade a expliqué que sa décision était motivée par le manque d'intérêt du parti présidentiel pour les questions de cohésion sociale qui lui "tiennent à c?ur", reprochant également à l'UMP de vouloir "contenir le Front national en allant sur son terrain". Une erreur de stratégie selon la jeune femme. "Pour une simple raison: c'est que Marine Le Pen n'est pas simplement sur les questions d'immigration, de sécurité, elle est aussi, et c'est ça qui la rend convaincante aux yeux de certains Français, sur la souffrance sociale" a-t-elle indiqué. L'ambitieuse femme de droite a cependant déclaré : "le chemin tracé par le Parti radical n'est pas du tout inamical vis-à-vis de Nicolas Sarkozy", et "j'ai le c?ur assez grand pour en aimer deux", Jean-Louis Borloo et Nicolas Sarkozy. A l'Unesco, son c?ur se concentrera désormais sur la thématique de la jeunesse L'atout charme de la politique tricolore avait d'ailleurs publié à la rentrée 2010 un livre prémonitoire : Lettre à la jeunesse (Grasset).
Damien Bouhours (www.lepetitjournal.com) jeudi 23 décembre 2010
En savoir plus
Article du Parisien, Rama Yade, des droits de l'Homme à l'Unesco


































