

(Rédaction internationale) Mercredi 27 mai, une réunion sera organisée par Xavier Darcos sur le thème de la violence dans les établissements scolaires, où il sera notamment question des "armes blanches mais aussi des armes par destination". Elle réunira des représentants des régions, des départements et des parents d'élèves. Une réunion que le ministre veut "sans tabou".
Les pistes avancées
Le ministère de l'Education affirme qu'une vingtaine de faits avec arme ont lieu chaque mois dans les établissements scolaires en France. Le sujet des armes est donc devenu l'une des principales préoccupations du ministre de l'Education, qui a proposé une série de mesures visant à "sanctuariser"l'école. Trois pistes ont été évoquées :
_ la mise en place de portiques de sécurité à l'entrée de certains établissements scolaires
_ l'autorisation de fouiller les élèves suspectés de transporter des armes
_ la création d'"une force mobile d'agents"intervenant en milieu scolaire "sur des missions de prévention et de contrôle"de la violence.
Mais ces mesures sont loin de faire l'unanimité.
Pour
Le principal argument en faveur de ces mesures est bien évidemment la sécurité des élèves et du personnel des établissements scolaires. Pour Christian Estrosi, ardent défenseur de la "sanctuarisation"des établissements scolaires, "la sécurité de nos enfants et de nos enseignants vaut la peine de prendre de telles dispositions". Le député maire de Nice envisage d'appliquer ces propositions à titre expérimental dans sa ville dès la rentrée prochaine.
L'idée est également soutenue par Cathy Soulès, secrétaire générale de la PEEP (fédération des parents d'élèves de l'enseignement public), qui estime nécessaire de "faire intervenir des personnes formées lorsque le chef d'établissement le demande". Elle considère qu'il s'agit là de mesures de prévention, qui auraient pu empêcher l'agression de la semaine dernière. Et qui rassureraient également les parents, préoccupés par "la sécurité avant tout".
Contre
Selon la dernière enquête nationale Sivis (Système d'information et de vigilance sur la sécurité scolaire), seuls 1,2 % des faits de violence grave à l'intérieur des établissements scolaires sont commis avec arme blanche. Portiques et fouilles ne pourraient donc rien contre la grande majorité des violences commises. D'autant que ces mécanismes, largement mis en place aux Etats-Unis, ont montré leurs limites.
Les principaux syndicats d'enseignants accusent le gouvernement d'entretenir le sentiment de peur, et de justifier sa politique sécuritaire par une situation qu'il a contribué à créer en coupant les budgets de l'éducation. Le Snes-FSU, principal syndicat d'enseignants des collèges et lycées, a demandé au ministre de l'Education, "de privilégier l'éducatif sur le tout sécuritaire". Il demande "le recrutement, en nombre suffisant, de personnels statutaires et formés pour apporter (...) des réponses éducatives sérieuses".Cette position est soutenue par la FCPE (Fédération des conseils de parents d'élèves des écoles publiques), dont le président affirme : "Ce n'est pas de policiers dont ont besoin les élèves difficiles, mais de dialogue, d'éducation, d'écoute".
Les trois dernières années ont été marquées par des suppressions de postes drastiques, notamment chez les surveillants et dans les Réseaux d'Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté (RASED), où près de 3.000 postes ont été supprimés cette année. Un coup dur à l'aide aux enfants en difficulté, qui a contribué à détériorer le climat dans les établissements scolaires. L'introduction de mesures sécuritaires dans les écoles risquerait de détériorer encore les relations entre élèves et enseignants, et d'accentuer les tensions.
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Pour en savoir plus :
Libération : Darcos propose une police des écoles
Le Point : Tollé politique contre la fouille des élèves
Le Nouvel Observateur : Les syndicats contre un projet anti-violence en milieu scolaire






























