

Née au Cambodge en 1966, Romyda Keth est aujourd'hui une figure incontournable de la mode. Après avoir vécu à Paris, où elle a fait ses études, puis à Prague, elle est revenue dans son pays d'origine. Ses créations, de renommée internationale, se vendent aussi bien au Japon qu'à La Réunion. Mais c'est bien à Phnom Penh que sont imaginées, dessinées puis créées les robes de soirées et autres tenues?Romyda travaille au c?ur de la boutique Ambre, dans une maison coloniale entièrement rénovée . Elle nous a ouvert les portes de son atelier?
(Source photo: LPJ-Cambodge)
Un parcours atypique
Romyda Keth n'est pas devenue styliste par hasard. Passionnée de mode depuis toute petite, elle reconnaît avoir grandi dans un milieu où, déjà, l'élégance avait son importance, ce qui l'a beaucoup influencé. Même ses études parisiennes dans une école de mode n'ont pas été décisives : «Je ne devrais pas le dire?» affirme-t-elle. Qu'est-ce qui a donc lancé sa carrière dans un monde aussi inaccessible que la mode ? «La chance», qui selon elle lui a permis de rencontrer les bonnes personnes au bon moment. Contrairement à d'autres stylistes en herbe, Romyda n'a pas eu besoin d'effectuer des stages pour faire ses preuves. Ses premières créations ont été repérées par des professionnels lors d'une exposition de jeunes créateurs?le début d'un parcours prometteur.
Ambre comme lieu de création
Si les créations de Romyda Keth font aujourd'hui l'unanimité à Phnom Penh, l'ouverture de sa première boutique, baptisée Ambre, aurait pu se faire ailleurs. En effet, ce n'est pas pour renouer avec ses origines que la styliste est revenue dans son pays natal. Après avoir passé des vacances en famille au Cambodge en 1991, « Mon mari est tombé amoureux du pays. Je l'ai suivi ! ». Cela a donc été l'occasion d'installer un premier magasin, derrière lequel se cache un atelier où plus d'une centaine d'employés coupent, repassent et cousent? Au c?ur d'une maison coloniale entièrement rénovée, les tenues et accessoires sont exposés dans différentes pièces, chacune réservée à une couleur. « Je me renouvelle régulièrement, car Phnom penh est une petite ville où la demande est importante » explique Romyda. Pas moins de 10 créations par semaine, pour lesquelles elle dit s'inspirer de tout : musique, films, peinture?
« La mode est un réveil »
Depuis, Romyda Keth a ouvert plusieurs boutiques dans le monde, comme à Paris, Tokyo, ou encore Singapour. Elle dessine également pour la marque Khmer Attitude vendue au Raffles Hôtel Le Royal et au Grand Hôtel d'Angkor, une collection particulière destinée aux touristes souhaitant ramener des vêtements en soie par exemple. Lorsqu'on l'interroge sur la place de la mode au Cambodge, elle évoque tous les pays qui ont connu une période dramatique, à l'instar de celle des Khmères rouges : « La mode fait partie de l'art, elle est un réveil ».
Pourtant, Romyda Keth avoue entretenir un rapport hermétique à la mode : elle n'assiste pas aux défilés, ne suit pas les tendances. Elle préfère se fier à son instinct?et ça nous plaît !
J-P (LePetitJournal.com, Cambodge) Lundi 20 Octobre 2008
Ambre
37, rue 178, Phnom Penh
Tel (855) 012 688 608
kethambre@online.com.kh


































