

(rédaction internationale) - Après des études de Lettres, Jean Luc Hees commence sa carrière en 1972 à l'ORTF avant d'intégrer France Inter deux ans plus tard en tant que journaliste correspondant à Washington de 1981 à 1990. Puis, il occupe successivement les postes de présentateur du journal de la mi-journée, rédacteur en chef et animateur du magazine culturel Synergie, avant de devenir directeur de la rédaction et enfin directeur de la station à partir de 1997. De 1994 à 1999, il anime aussi une série documentaire télévisée Le Sens de l'histoire, sur la Cinquième.
En 2004, Hess est congédié de France Inter et il rejoint Radio Classique (contrôlée par le groupe LVMH du pro-sarkozyste Bernard Arnault) après une année de silence. Il y anime d'abord un talk-show Hees comme société et une émission culturelle Hees bien raisonnable puis la tranche matinale quotidienne. Il collabore aussi à Charlie-Hebdo, dirigé par Philippe Val qu'il avait auparavant mis à l'antenne de France Inter.
Hess comme Sulfureux
Aujourd'hui le voila de retour à la maison de la radio, succédant à Jean Paul Cluzel, celui-là même qui l'avait débarqué en 2004. On pourrait y voir une belle revanche si ce n'est que son retour n'est que le fruit d'une volonté sarkozyste. La toute nouvelle loi sur l'audiovisuel permet en effet au chef de l'état d'imposer ses candidats à des postes de l'audiovisuel publique.
De fait, Hees se retrouve dans une situation inconfortable : critiqué par l'opposition qui lui reproche de devenir ainsi le jouet du prince, il a du mal à convaincre quand il affirme qu'il gardera son indépendance. D'autant plus, que la majorité parlementaire lors de son audition suggérait déjà ses demandes concernant la grille de programme à l'instar de Pierre Méhaignerie qui aimerait bien entendre un peu plus "d'optimisme sur les antennes de Radio-France".
Indépendant, pas impertinent
Et s'il affirme, pour "prouver son indépendance", qu'il ne licenciera pas Stéphane Guillon, dont les chroniques avait fortement ennuyé le chef de l'Etat, il tempère rapidement "Il me fait rire un jour sur deux (?). Quand à l'impertinence, je ne l'accepte que s'il n'y a ni diffamation ni insulte. D'ailleurs, je ne suis pas sûr que les auditeurs cherchent de l'impertinence".
Ce n'est pas la première fois, que ce grand journaliste se retrouve en situation de partialité. Déjà en en novembre 2002, alors directeur de France Inter, il avait animé le colloque annuel de Novartis, l'un des premiers laboratoires pharmaceutiques mondiaux. En juillet 2003, il débarquait le Dr Martin Winckler dont la chronique matinale dénonçait précisément certains groupes pharmaceutiques liés publicitairement à la radio de service public.
Hees comme Secret et Sérieux
De quoi se poser des questions sur celui dont la voix grave a hanté les ondes durant les trois dernières décennies. Assez secret voire un peu misanthrope, réputé "ni de droite ni de gauche", on ne sait pas grand-chose de l'homme, si ce n'est son amour inconditionnel des Etats-Unis et du rock'n'roll.
Prenant la tête de 4.500 employés, sept radios, 42 locales, 2 orchestres, des festivals, des sites internet, etc. c'est un poste de gestionnaire qui l'attend. Reconnu pour son grand professionnalisme par ses confères beaucoup sont ceux qui pensent néanmoins qu'il n'aura pas les capacités d'administrateur nécessaires à sa nouvelle fonction. Et si Cluzel lui laisse «une maison en bonne santé», le journaliste aura à confronter des chantiers épineux à commencer par la remise à plat des conventions collectives que vient de déclencher son prédécesseur.
Laetitia Gueugnon (www.lepetitjournal.com) lundi 11 mai 2009.
Bibliographie
Jean-Luc Hees est l'auteur de plusieurs livres dont les plus récents :
La saga de la Maison Blanche (2006),
Sarkozy président ! Le journal d'une élection (2007),
Le roman de mai 68 (2008),
Obama, what else ? (2009)
Égéries américaines (2009).
A voir :
L'article d' Acrimed sur l' affaire Novartis L'honneur perdu de Jean-Luc Hees ?
L'article de Telerama : Philippe Val bientôt directeur de France Inter, ça se confirme !
L'interview de Jean-Paul Cluzel par France info :
L'article de Marianne Radio-France: Hees confirmé, Guillon conforté




































