

Détectée dans le Rhône cet été, la pollution aux polychlorobiphényles (PCB) concerne l'ensemble du territoire français selon une enquête du ministère de l'Ecologie. Plus de trente sites sont extrêmement contaminés
Trois grands bassins fluviaux, Artois-Picardie, Rhône-Méditerranée et Seine-Normandie sont très contaminés (photo AFP)
Depuis cet été, il est interdit de pêcher dans le Rhône, du barrage de Sault-Brenaz dans l'Ain à la Méditerranée. En cause, la forte contamination du fleuve aux polychlorobiphényles (PCB), plus connus sous le nom de pyralène, une substance chimique utilisée notamment dans la fabrication des transformateurs ou le traitement thermique des déchets. C'est le travail de l'entreprise Trédi, située à Saint-Vulbas, qui fait l'objet d'une enquête depuis la découverte des taux anormaux de PCB dans le Rhône, au bord duquel elle est implantée. Un taux 5 à 12 fois supérieur aux normes sanitaires européennes. Aujourd'hui, Trédi se défend de ne rejeter qu'1 gramme de PCB par jour dans le fleuve. Mais l'usine en rejetait 1,5 kilos par jour jusqu'en 1988. Le produit a fini par contaminer les poissons.
Une enquête menée par les réseaux de surveillance sur les milieux aquatiques du ministère de l'Ecologie révèle à présent que l'ensemble du territoire français est touché par cette pollution. 852 prélèvements ont été effectués, 40% sont jugés préoccupants. Ils concernent la Seine, en aval de Rouen, la Loire et certains de ses affluents, le Rhin, la Moselle, et les canaux de l'Artois et de la Picardie.
Origine ancienne
Les PCB sont utilisés dans l'industrie depuis les années 30. Colles, joints, papiers peints : on les retrouvait partout. Ils ont été cependant interdits en 1987 en raison de leur caractère cancérigène. Leur usage est limité jusqu'en 2010 aux condensateurs électriques et transformateurs. Mais ces substances très peu solubles ont eu tout le temps, après s'être infiltrés dans les sous-sols des sites industriels les utilisant et les nappes phréatiques, de s'accumuler dans les sédiments des cours d'eau, contaminant eux-mêmes les poissons.
La secrétaire d'Etat à l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet présidait hier, à Lyon, un comité de pilotage sur la pollution du Rhône au pyralène, visant à approfondir les derniers résultats de l'enquête du ministère et à mettre en place des solutions. Selon la ministre, une dépollution est impossible financièrement et techniquement. Un système de bactérie capable de digérer les PCB est à l'étude. Pour l'instant, l'inquiétude gagne les professionnels : la pêche pourrait prochainement être interdite dans les étangs de Camargue, alimentés par le Rhône, mais également en Méditerranée.
Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com) jeudi 11 octobre 2007
En savoir plus
Le Nouvel Obs - Le Rhône interdit
L'Express - Les fleuves français pollués au pyralène




































