

Le deuxième Conseil des ministres décentralisé s'est tenu hier à Ajaccio. Nicolas Sarkozy a été attendu par des indépendantistes, les fameux "cagoulés"corses qu'il avait montrés du doigt il y a peu. Le Président a promis 2 milliards d'euros pour la région et a souhaité l'arrivée des compagnies low cost sur l'île de Beauté
Nicolas Sarkozy a assuré que les Corses en avaient "assez des cagoulés"(Photo AFP)
"C'est la dictature. On vous emmerde. On est chez nous."Visiblement, les indépendantistes corses ne se faisaient pas une joie d'accueillir sur leurs terres le deuxième Conseil des ministres décentralisé du gouvernement après Strasbourg. Au son de l'hymne corse, Nicolas Sarkozy et ses ministres ont été chaleureusement reçus : environ 200 habitants de l'île ont bravé l'interdiction de manifester aux abords de la Préfecture où se tenait la réunion. 1.500 policiers et gendarmes ont ainsi été réquisitionnés pour assurer la sécurité des hommes politiques. Malgré cette protection accrue, celà n'a pas empêché la maison du maire de Bastia Emile Zucarelli d'être visée par le lancer d'un bâton de dynamite.
Une fois sur place, Nicolas Sarkozy et son Premier ministre François Fillon se sont adonnés à leur exercice préféré : le jogging matinal. L'occasion pour le Chef de l'Etat de découvrir en courant les coins magnifiques d'une île qu'il "adore". Il faudrait même le "retenir pour ne pas venir davantage"assure-t-il. Seulement, les "cagoulés"corses ne l'entendent pas de cette oreille.
"Les Corses en ont assez des cagoulés"
Si Nicolas Sarkozy affirme que la Corse fait "partie de la France"et qu'organiser un Conseil des ministres là-bas montre que "le gouvernement est partout chez lui", sa venue est répertoriée sur les sites nationalistes dans la rubrique "visite coloniale."Le Président a déjà toutefois annoncé ne pas vouloir discuter avec "ceux qui pratiquent la violence. Les Corses en ont assez des cagoulés, des bandits, des voleurs."
Pour sa 28e visite sur l'île depuis 2002, Nicolas Sarkozy a annoncé que 2 milliards d'euros sur quinze ans seraient débloqués afin d'aider aux financements des futurs grands équipements. Il a également demandé à sa Garde des Sceaux, Rachida Dati, que les prisonniers corses enfermés sur le continent soient rapatriés auprès de leur famille.
En réclamant l'installation dans les aéroports de l'île de compagnies low cost, le Président a entraîné la colère de la Compagnie aérienne Corse Méditerranée qui voit d'un mauvais ?il l'arrivée de cette concurrence. CCM a ainsi protesté toute la matinée d'hier en annulant tous ses vols depuis Bastia et Ajaccio. De plus, cette annonce le met en porte-à-faux avec sa décision prise lors du récent Grenelle de l'Environnement de limiter l'essor du trafic aérien?
Marie VARNIEU. (www.lepetitjournal.com) jeudi 1er novembre 2007
En savoir plus
Le Nouvel Obs : Le conseil des ministres s'est tenu à Ajaccio sous haute surveillance
Libération : Après le conseil des ministres en Corse, le prochain dans les Dom-Tom ?
Le Parisien : Incidents lors de la manifestation des nationalistes




































