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POLITIQUE – La Suède et la transparence

En Suède, l'affaire Fillon ne fait pas la une, c'est à peine si la presse l'évoque tant il est ici difficile de concevoir qu'un élu emploie de manière possiblement fictive femme et enfants.

Sise au coeur de la société, l'intégrité morale se place naturellement au coeur du système politique, faisant du principe de transparence (Öffentlighetsprincipenla clef de voûte du pays.

La fortune et la totalité des revenus de chaque citoyen sont connues et les données accessibles à tous. Les médias dissèquent régulièrement faits et gestes financiers des politiques et des haut-fonctionnaires traquant le moindre manquement qui peut faire basculer un destin politique ou briser une carrière.


On ne badine pas avec l'argent du peuple ni avec la morale.

Partis politiques, ministres, parlementaires, élus locaux, tous doivent déclarer leurs revenus et intérêts économiques publiquement et les réactualiser régulièrement. Et cela implique même la famille royale. Tout un chacun doit payer de ses deniers propres sa redevance télé, les couches de son bébé ou sa barre de chocolat.  

Tout écart, largement disséqué dans la presse, implique retrait ou démission, le coupable, s'il envisage un jour de retrouver la confiance des électeurs, doit faire pénitence. En 1995, pressentie pour prendre la tête du plus grand parti de Suède - les sociaux-démocrates - Mona Sahlin y avait renoncé. Sa faute, avoir utilisé la carte de crédit gouvernementale pour payer des courses personnelles. L'achat de couches et de deux barres de Toblerone, parmi d'autres emplettes, est devenu le symbole de la rigueur exigée du personnel politique.

Les Suédois ont confiance en leurs élus, lesquels mènent une vie quasi-ordinaire. On les croise à pied ou à vélo et on les interpelle sans réserve. Ils sont appréciés pour la diversité de leur parcours et représentent la multiculturalité de la Suède. La classe politique n'est pas réservée à une élite.

La Suède est d'ailleurs 4ème du classement 2016 des nations les moins corrompues derrière le Danemark, la Nouvelle-Zélande et la Finlande selon l'indice de perception de la corruption (CPI) établi par l'ONG Transparency International. La France plafonne à la 23ème place.

Dans le royaume scandinave, "si on ment ou si on est hypocrite, on tombe" déclarait en 2013 à l'AFP la ministre du Développement d'alors, Gunilla Carlsson. Reste à voir si cette remarque s'applique aussi en France?


Sylvie HERMODSSON www.lepetitjournal.com/stockholm Vendredi 3 février 2017

 

(Crédit photo: Ola Ericson/imagebank.sweden.se)

 

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