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PALESTINE - Un référendum pour éviter la guerre civile ?

Alors que les violences entre partisans du Fatah et du Hamas laissent craindre un début de guerre civile en Palestine, Mahmoud Abbas a donné hier un délai de dix jours aux deux formations pour s'entendre. Faute d'accord, le président de l'Autorité palestinienne organisera un référendum en juillet

Pour sortir de la situation de casse-tête actuelle, Mahmoud Abbas veut recourir au suffrage universel (Photo : AFP)

Dix jours pour trouver un terrain d'entente : voilà l'ultimatum qu'a lancé le président de l'Autorité palestinienne, hier, aux partisans du Hamas et du Fatah. Alors que les violences quotidiennes entre les deux formations rivales laissent planer le spectre d'une guerre civile dans les territoires palestiniens, Mahmoud Abbas a haussé le ton. Le Président de l'Autorité palestinienne a assuré qu'il organiserait un référendum si, d'ici dix jours, aucun accord n'était trouvé. 
Le texte sur lequel le Fatah et le Hamas doivent se mettre d'accord -faute de quoi le président de l'Autorité palestinienne le soumettra à l'approbation populaire- a été rendu public le 10 mai dernier. Rédigé par plusieurs cadres palestiniens emprisonnés en Israël, dont Marwan Barghouti (leader du Fatah en Cisjordanie), il a depuis reçu le soutien du Djihad islamique et du Fatah, mais pas du Hamas.
Le document prévoit la formation d'un gouvernement d'union nationale et la fin des attentats en Israël. Il suggère en outre la création d'un Etat palestinien dans la limite des territoires occupés par Israël en 1967, c'est-à-dire la Cisjordanie, la bande de Gaza et Jérusalem-Est. Cela constituerait une reconnaissance implicite de l'existence de l'Etat hébreu? ce que le Hamas s'est, jusqu'à ce jour, toujours refusé à faire.
Le Hamas partant pour un référendum
"Nous devons être à la hauteur de la responsabilité. Si vous ne parvenez pas à un accord, je vous le dis en toute franchise : je soumettrai ce document à référendum", a déclaré Abbas, dès l'ouverture d'un "dialogue national" de deux jours, destiné à mettre un terme aux querelles entre les deux factions rivales. Selon le président de l'Autorité palestinienne, la consultation pourrait avoir lieu dans 40 jours, à savoir dès le mois de juillet.
"C'est une tentative pour faire pression sur nous pour que nous acceptions le document dans son intégralité comme il a nous a été présenté", a réagi Sami Abou Zouhri, porte-parole du Hamas, tout en assurant que son parti n'était pas opposé à l'organisation de ce référendum.
"Je ne défie personne. Je ne veux pas que le dialogue s'éternise car la situation ne cesse de se dégrader et la patrie est en danger", a tenu à préciser, de son côté, Mahmoud Abbas.
Valentin BONTEMPS. (LPJ) 26 mai 2006

Pendant ce temps-là, les violences continuent?
Malgré les appels au calme lancés par Mahmoud Abbas, mais aussi par le Premier ministre issu du Hamas Ismaïl Haniyeh, les violences ont continué, hier, dans les territoires palestiniens. Plusieurs échanges de coup de feu ont ainsi eu lieu à Gaza entre des éléments armés du Fatah et du Hamas. Un membre des forces de sécurité de l'Autorité palestinienne, proche du président Mahmoud Abbas, aurait ainsi été tué et quatre autres blessés lors d'un accrochage avec des miliciens du Hamas. Ces incidents portent à au moins onze le nombre des personnes tuées, ce mois-ci, lors des affrontements entre les deux factions politiques. (LPJ ? 26 mai 2006)

Lire aussi
Libération, Abbas propose un référendum pour éviter une guerre civile palestinienne
Le Figaro, Les principaux points du texte de référendum palestinien
L'Orient-le Jour, Le face à face meurtrier se poursuit à Gaza

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