

Areva se serait fait souffler un marchéchinois de huit milliards de dollars par l'anglo-américain Westinghouse. Une déconfiture pour le groupe nucléaire français qui avait annoncédes résultats 2005 plutôt positifs la semaine dernière
Anne Lauvergeon, la présidente d'Areva, comptera sur d'autres marchés pour rebondir. (Photo : AFP)
Les dirigeants d'Areva doivent rire jaune. Les Echos ont lancéla bombe hier : le groupe nucléaire français aurait "perdu la partie"dans un juteux marchéconduisant àl'installation de quatre réacteurs en Chine.
Selon le quotidien économique, c'est pour avoir refuséde transférer la technologie de son réacteur EPR troisième génération àPékin qu'Areva a laisséfiler le "contrat du siècle", estiméau départ àhuit milliards de dollars. La compagnie anglo-américaine Westinghouse ? qui devrait bientôt passer sous le contrôle du japonais Toshiba ? aurait enlevéle morceau en acceptant, elle, de vendre la licence de son réacteur AP1000. Rien que pour cette cession, Westinghouse devrait toucher environ 400 millions de dollars, sans compter les royalties.
Comme aucune annonce officielle n'a pour l'instant étéfaite côtéchinois, Areva estime encore que "l'appel d'offres est en cours, nous ne faisons aucun commentaire". La Chine avait émis cet appel d'offres en 2004.
Westinghouse joue avec le feu
Le groupe français, leader mondial du nucléaire, espère bien se rattraper sur d'autres marchés. Des possibilités sont encore ouvertes aux Etats-Unis, au Brésil ou en Inde, qui a un potentiel "d'une taille tout àfait comparable au marchéchinois", avait récemment rappeléAnne Lauvergeon, la présidente d'Areva.
Car c'est bien dans un jeu dangereux qu'est rentréWestinghouse pour écarter la concurrence. Sa licence en main, les Chinois pourront la développer et l'exploiter comme bon leur semblera. Un nouvel acteur du nucléaire ? donc un concurrent de plus ? pourrait ainsi, àterme, voir le jour au c?ur de cette région très convoitée par les fournisseurs.
Une certitude : les marchés n'ont pas appréciéla rumeur galopante de la déconfiture d'Areva. Alors que le groupe avait annoncéil y a une semaine des résultats 2005 plutôt encourageants, l'annonce d'hier a fait chuter sa valeur. Le titre a terminéen baisse de 3,60% hier, à535 euros contre 555 euros àla clôture précédente.
Camille VAYSSETTES. (LPJ) 16 mars 2006
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Le Monde, Areva refuse de transférer sa technologie àPékin
Le Nouvel Observateur, "Westinghouse est très aidépar le gouvernement américain"
L'Express, La Chine écarterait Areva




































