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New York en février avec Laurène Hamilton

Par Laurène Hamilton | Publié le 11/02/2019 à 16:38 | Mis à jour le 11/02/2019 à 17:35
Photo : New York par Luca Bravo
New York février

Chaque mois, Laurène Hamilton, fondatrice de New York Privé, nous emmène avec elle dans une exploration originale, parfois underground, de New York. Voici les recommandations de Laurène pour ce mois de février.

 

 

Côte, 100 E 13th Street
Côte, 100 E 13th Street

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Consom-acteur jusqu’au bout des doigts 

On connaissait les restaurants vegan ou encore socialement responsables, maintenant les salons de manucure s’y mettent. Le slogan du salon Côte vous révèle le principe : «I like my nailpolish like my people, non toxic» ( j’aime que mon vernis soit comme mes amis : non-nocif). Et c’est vrai qu’en entrant chez eux, on ne sent pas les odeurs habituelles de solvants. En m’y asseyant, j’y rencontre une médecin américaine qui me raconte que depuis qu’elle a des enfants, elle fait attention à ce genre de détail. Et c’est vraiment dans l’air du temps. En me promenant dans East Village j’ai découvert le Detox market sur Houston street. Là aussi, même principe : vous ne pouvez acheter que des produits de beauté sélectionnés dont les ingrédients ont été passés au crible. La démarche fait écho au mouvement de « consom-acteur ». Cela a commencé avec le « bio » dans l’alimentation il y a une quinzaine d’années. Désormais les cosmétiques passent à la vitesse supérieure. Malheureusement comme pour le bio, les économies d’échelle ne sont pas là, et les prix restent élevés.

 

 

Industry City
Industry City

On s’évade à Industry City 

Rien ne se perd, tout se transforme. Cet adage du chimiste français Lavoisier serait-il finalement le maitre mot de l’urbanisme sur Brooklyn ? Conserver le patrimoine, c’est bien, et parfois le réinventer c’est encore mieux. C’est ce projet qui a commencé dans les années 2000 mais qui s’est accéléré en 2015 à Industry City, près de Sunset Park. Construit au début du 20eme siècle, sous le nom de Bush Terminal (aucun lien avec les présidents Bush), ce complexe industrialo-portuaire fut le plus grand au monde et employait des dizaines de milliers de travailleurs. Son activité commença à décliner après la deuxième guerre mondiale du fait de l’émergence des bateaux contenaireset du port industriel de Newark dans le New Jersey. Après plusieurs millions de dollars investis, les anciens entrepôts de Bush Terminal furent rénovés et abritent aujourd’hui des galeries d’art, une chocolaterie, des start-ups, Japan Village, des espaces de jeux d’arcades et un énorme food court. À seulement 2 stops de Manhattan sur la ligne D, cet endroit est parfait pour y déjeuner, et y passer un après-midi.

 

Caroline Larsen, série « Kaleidoscopic » 
Caroline Larsen, série « Kaleidoscopic » 

Une peintre pâtissier

Quand on entre dans la galerie The Hole sur Bowery, la première chose qui nous interpelle, c’est la dimension des œuvres de l’artiste canadienne Caroline Larsen.  La peinture sort du cadre et vous saute aux yeux. On s’approche, on recule, on observe les détails. Et puis « Euréka ! » on comprend. L’artiste peint ses tableaux comme on décore des gâteaux ici : avec des poches à douille. Et c’est vrai, il en ressort des compositions gaies et colorées, qui vous boostent le moral. 

 

On s’aère les neurones 

Ce mois-ci au Guggenheim Museum, deux artistes visionnaires.

Deux artistes majeurs sont présentés au Guggenheim en ce moment : la peintre suédoise Hilma Af Klint et le photographe américain Robert Mapplethorpe. Une vie sépare ces deux artistes puisque Mapplethorpe vit le jour en 1946, soit deux ans après la mort de Hilma. Deux époques différentes, deux styles différents, deux continents différents, et pourtant un dénominateur commun : la conviction que l’art transcende uneréalité immédiatement perceptible. 

Helma Af Klint
Helma Af Klint

Ne vous détrompez pas Af Klint a reçu une éducation classique aux beaux-arts et excellait dans ses représentations réalisteschampêtres. En tant qu’artiste avant-guardiste de l’ombre, elle a cherché à explorer d’autres systèmes de représentationsbeaucoup plus complexes. Ses carnets retranscrivent un référentiel de symboles pour appréhender son message. A une époque où les rayons X sont découverts, les ondes électromagnétiques étudiées, Af Klint s’intéresse au spiritisme. De ses séances avec 4 autres femmes (« les cinq » à ne pas confondre avec le « club des cinq »), débouchera une série de compositions visant à retranscrire un univers non compris mais non moins vécu. Helma fait figure de précurseur en tant que figure féminine de l’Art abstrait, malheureusement non reconnue de son temps. Helma avait conscience que le public ne serait pas prêt à recevoir son travail. En effet son testament stipulait que ses œuvres ne devraient être dévoilées au public pas moins de 20 après sa mort. 

 

 

Mapplethorpe
Mapplethorpe

Avec Mapplethorpe, on change de cadre. La photographie comme art visuel à part entière, pourquoi pas ? Ce New-Yorkais originaire du Queens, formé au Pratt Institute, travaillera beaucoup sur l’érotisme homosexuel dès la fin des années 60. Il décrivit lui-même certaines de ces photos comme pornographiques et artistiques à la fois floutant la frontière entre ces deux dimensions jusque alors opposées. On découvre un univers déroutant tournant autour du sadomasochisme. On comprend mieux pourquoi son travail fit l’objet d’une controverse au sein du milieu culturel new-yorkais. Avec le recul on retrouve de la transgression chez tous les pionniers en matière d’art. On dit souvent que l’art a pour objectif de provoquer une émotion. Le travail de Mappelthorpe ne vous laissera pas indifférent. Touchantes sont aussi ces photos de Patti Smith (sa muse et petite amie entre 1967 et 1972), Louise Bourgeois, ou encore de Andy Warhol. L’appareil photo de Mappelthorpe sculpte ses modèles humais et végétaux. Sa série sur les fleurs retranscrivent la charge sexuelle que l’on retrouve comme fil directeur au sein de l’exposition. Son héritage aura été de défendre la photographie comme un art à part entière.Aujourd’hui la fondation Mapplethorpe promeut ce regard et a contribué à finance la recherche contre le SIDA dont l’artiste a succombé en 1989.

Infos pratiques : L’expo sur Helma est présentée jusque au 23 Avril 2019. Pour Mapplethorpe, vous aurez plus de temps, car il est exposé jusque au 5 janvier 2020.

 

la chapelle de la Church of the Heavenly Rest
La chapelle de la Church of the Heavenly Rest

La pause-café insolite dans une chapelle 

Après votre visite au Guggenheim, marchez 2 rues plus au Nord sur la 5ème avenue et arrêtez vous dans la chapelle de la Church of the Heavenly Rest. NYC regorge de lieux religieux reconvertis. Cette chapelle en fait partie puisque vous pouvez désormais y boire un café ou encore y manger. Avant de partir allez admirer l’intérieur de l’église (encore en fonction) de style gothique et Art Déco. La petite devinette pour vous, visionnez le film « L’associé du diable » avec les mythiques Keanu Reeves et Al Pacino. Reconnaîtrez-vous la scène jouée dans cette église ?

Laurène Hamilton

Laurène Hamilton

Laurène Hamilton est la fondatrice de New York Prive LLC, ateliers et visites guidées à NYC.
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