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New York en avril : le Mexique est à l’honneur

Par Laurène Hamilton | Publié le 08/04/2019 à 17:35 | Mis à jour le 08/04/2019 à 18:24
Photo : Crédit : Joshua Coleman
Mexique à New York

 


Frida Kahlo au Brooklyn Museum jusqu’au 12 Mai


Vous aurez sûrement vu que Frida nous a rejoints en début d’année. L’exposition est très bien construite puisqu’elle présente ses différentes étapes de création. On ne peut s’empêcher d’être impressionné par cette force de la nature. À quoi pensent ces grands yeux noirs qui vous fixent ? Ses grands sourcils foncés, pareils à une mouette noire, sont prêts à s’envoler. La peinture pour faire voyager l’esprit d’une jeune femme de 19 ans alitée pendant 3 mois des suites d’un tragique accident. Allongée sur son lit, son père lui installe un miroir au plafond. Frida devient sa première source d’inspiration et peint pour lutter contre l’ennui. Il en ressortira beaucoup d’autoportraits et de nature morte. Petit à petit, son œuvre se permet plus de liberté, explorant la dimension surréaliste et symboliste. On y retrouve ses drames personnels. Cet accident tragique de tram qui la laissera corsetée à vie, mais sera finalement le déclencheur de son désir accru de créer. Frida peint son journal intime. On découvre ainsi son deuil d’un enfant perdu en cours de grossesse, ou encore les tromperies de son mari Diego Rivera. 
Cette exposition tisse en toile de fond la conscience d’une fierté nationale. Dans les années 1930, un certain nombre d’intellectuels mexicains cherchent à défendre les racines indigènes du pays. Dans un contexte historique où le colonisateur occidental a été synonyme de « grand civilisateur », les idées socialistes de l’autre côté du globe trouvent un écho parmi l’intelligentsia mexicaine. Ainsi, les convictions politiques de Frida se renforcent après des rencontres clés comme celle de Trotsky qui sera même hébergé dans sa maison bleue de Mexico. 


En avance sur son temps, Frida devient une marque à part entière. Elle est en avance sur son temps à son insu, lorsque le concept de « self-branding » n’était pas encore devenu une norme. Ses jolies chemises amples brodées témoignent de son souci de défendre ses couleurs, comme de cacher finalement son corset. Frida n’est pas vraiment tomber « in love » de New York City lorsqu’elle s’y rend pour accompagner son mari Diego en 1931. La grosse pomme lui apparaît déjà très inégalitaire notamment envers les Noirs de Harlem. Il en ressortira des esquisses au vitriol de la statue de la « liberté ». Son amour de la culture mexicaine sera souvent, paradoxalement, renforcé par ses voyages. Frida est comme ça : sans compromis, entière de la tête aux pieds.

Découvrez qu’en matière d’art, les apparences peuvent être trompeuses Brooklyn Museum jusqu’au 12 mai 2019.

Frida Kahlo

 

Le Mexique à New York


En juillet 2016, les Américains d'origine mexicaine représentaient 11,2 % de la population des États-Unis, soit 36,3 millions de résidents américains d'ascendance mexicaine totale ou partielle. En juillet 2016, les Américains mexicains représentaient 63,2 % de tous les Hispaniques et Latinos aux États-Unis. À seulement 5 heures de NYC, Mexico est une destination phare. Une fois votre visite du Brooklyn Museum terminée, pourquoi ne pas réserver vos billets pour Mexico ? Allez visiter la Casa Azul pour découvrir le refuge de Frida comme première source d’inspiration. Et puis, pour rester dans le thème à New York, je vous recommande le restaurant Café Frida situé dans l’Upper West Side, juste derrière le musée d’Histoire naturelle. 

Le Mexique à New York


 

L’art de vivre à la mexicaine est à l’honneur grâce à Paul and Paulette fondé par Pauline, une maman entrepreneur (# mompreneur !) vivant à New York avec sa tribu. Pauline, tombée amoureuse de la culture mexicaine lors de nombreux voyages, propose une sélection éclectique d’objets fait main au Mexique introuvables à New York. Éléments de décoration, jouets en bois et guirlandes colorées habillent les intérieurs des petits et des grands. Les prix sont abordables. Vous bénéficiez d’un coaching déco d’une Française qui a de l’œil et du goût. Que demander de plus pour amorcer le printemps ? Suivez le compte Instagram de Pauline@paulandpaulette  pour les dates de ses prochaines ventes privées et l’ouverture officielle de son site web.

Mexique à New York


Coffee shops : les nouveautés


New York ne serait pas New York sans ses coffee shops. Je sais que beaucoup de Français peinent à trouver de bons expressos. Personnellement après deux enfants et des nuits très courtes, je dois avouer que mon niveau d’exigence a diminué. Je me contente de caféine peu importe si cela vient en « drip » ou en « americano ». Les coffee shops sont des lieux qui me passionnent. Entre l’étudiant qui vient réviser un examen son casque audio vissé aux oreilles et le free-lancer urbain qui n’a pas encore les moyens de se payer un espace de co-working, les coffee-shops sont des lieux de brassage de solitaires urbains. 


Tout d’abord parlons de la vague « CBD ». « CB… » Quoi ? Cannadibiol. C’est une des molécules du cannabis. À ne pas confondre avec celle du THC (tetrahidrocannadibiol), qui elle, est psychoactive. Je m’y suis intéressée quand mon coffee shop de quartier, s’est mis à en proposer à toutes les sauces. Tout est maintenant infusé au CBD, de la crème glacée, au cupcake, au bonbon, jusqu’au café crée par le chanteur américain Willie Nelson. Relayé par de nombreuses stars, comme une bonne façon de se détendre sans les inconvénients du THC, il n’en reste pas moins que ce dérivé du cannabis reste classifié comme un produit de type 1 par la FDA (Food and Drug Administration) … Au même titre que l’héroïne. Seul le médicament Epidiolex a été reconnu jusqu’à présent par la FDA comme thérapeutique. Des groupes d’activistes défendent cependant le droit d’avoir le choix d’utiliser les dérivés du cannabis dans des logiques thérapeutiques plus étendues. Le fait que le gouverneur de l’Etat de New York ait levé le pied en matière de pénalisation liée à l’usage du Cannabis, laisse présager que le CBD a de l’avenir, sous réserve de recherches scientifiques le confortant.

Coffe shop new york

 


L’autre nouveauté, c’est la Starbucks Reserve. Ce concept hybride a ouvert à Chelsea en mars 2018 et fait figure de parc d’attractions autour du café, mais avec une dimension « fait maison » trompe l’œil. Vous y retrouvez les machines de torréfaction rutilantes et cuivrées. Tout est axé sur l’expérience, la lumière, les bruits, l’ambiance, les différents stands de dégustation où la célèbre chaîne cotée en bourse de Seattle décline le café sous toutes ses formes pour une note salée. Je n’ai pu m’empêcher de penser à Nespresso en analysant le concept de ce magasin « emblème ». Amusant à voir, mais pas assez authentique pour y passer une après-midi à bouquiner au calme.

 

Pour ça, je vous recommande le Café Serai du musée Rubin situé sur la 17ème rue. Cet endroit est un petit bijou ! Pour ceux qui veulent du calme dans une atmosphère zen, c’est l’endroit rêvé. En effet, ce café rattaché au musée dédié aux arts et traditions des cultures tibétaines et indiennes, est une bouffée d’oxygène. Alors posez-vous un moment en feuilletant leurs livres mis à disposition avec une tasse de thé ou café, avant de repartir explorer le Flat Iron district. 

Coffee shop

 

Laurène Hamilton

Laurène Hamilton

Laurène Hamilton est la fondatrice de New York Prive LLC, ateliers et visites guidées à NYC.
1 Commentaire (s)Réagir
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Adélaïde sam 13/04/2019 - 08:05

Voici un billet comme je les aime... Frida, cafés, et rêves ! Merci Laurène !

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Expat Mag

Jean-Paul Demoule : les multiples facettes de l'archéologie

Jean-Paul Demoule est professeur émérite de protohistoire européenne à l’université de Paris I (Panthéon-Sorbonne) et membre honoraire de l’Institut Universitaire de France.