Le premier tour de la présidentielle française vue dans la presse américaine

Par Rachel Brunet | Publié le 11/04/2022 à 17:30 | Mis à jour le 11/04/2022 à 17:38
Election présidentielle française

Les médias américains, très préoccupés par la guerre en Ukraine, soulignent combien l'issue du scrutin, opposant le pro-UE et pro-Otan Emmanuel Macron à la nationaliste Marine Le Pen, pèse sur l'unité du camp occidental face à la Russie. Si cette élection concerne l’Hexagone en premier lieu, son issue aura un impact réel tant en Europe que dans le monde.

 

La présidentielle française dans les médias américains

Dans les médias américains, cette élection française tient en haleine. Un président sortant centriste, pro-UE et humaniste face à une candidate nationaliste. Plusieurs médias sont revenus sur le profil de la candidate du Rassemblement national, souvent comparée à l’ex-président américain, Donald Trump. Ses accointances avec le Kremlin font l'objet d'une attention particulière. CNN rappelle ainsi que Marine Le Pen « a été une fervente admiratrice de Vladimir Poutine ». Et de souligner à juste titre, « Le Pen a rendu visite au président russe lors de sa campagne de 2017, mais, cette fois, à la suite de l’attaque de la Russie sur son voisin, elle a été forcée de retirer un tract arborant une photo d’elle et de Poutine prise lors de ce déplacement. ».

Pour le très conservateur Fox, le journaliste Bradford Bets explique, « une victoire de Macron serait vécue comme une défaite pour les populistes européens. Cela pourrait également ne pas être applaudi au Kremlin : Macron a fortement soutenu les sanctions de l'Union européenne contre la Russie, tandis que Le Pen s'est publiquement inquiétée de leur impact sur le niveau de vie des Français. » Et de rappeler, « parmi les 27 membres de l'UE, la France est le seul à disposer d'un arsenal nucléaire et d'un droit de veto au Conseil de sécurité de l'ONU. Il a contribué à façonner la réponse de l'Europe à l'assaut militaire russe contre l'Ukraine. Macron est le seul candidat à la présidence française à soutenir pleinement l'alliance militaire de l'OTAN. Pourtant, sa popularité a été entravée par sa gestion de la pandémie de COVID-19 et sa diplomatie ukrainienne. »

Rick Noack, écrit dans le Washington Post, « une victoire de Le Pen au second tour marquerait la première présidence d'extrême droite de l'histoire de France. Cela bouleverserait également la politique en Europe – remplaçant le plus fervent défenseur de l'UE avec quelqu'un connu pour ses activités anti-U.E. L’élection de Le Pen donnerait une plate-forme officielle à l'extrême droite à un moment où les nationalistes de nombreux autres pays européens sont en difficulté. » Et de souligner la phrase que Jean-Luc Mélenchon a martelé, à plusieurs reprises « il ne faut pas donner une seule voix à Madame Le Pen ».

 

« Alors que la guerre fait rage en Ukraine et que l'unité occidentale risque d'être mise à l'épreuve alors que les combats se poursuivent, la solide performance de Mme Le Pen a démontré l'attrait durable des courants nationalistes et xénophobes en Europe. Les partis extrêmes de droite et de gauche ont obtenu un peu plus de 52 % des voix, signe clair de l'ampleur de la colère et de la frustration des Français. Une France anti-OTAN et plus pro-Russie en cas de victoire ultime de Le Pen provoquerait une profonde inquiétude dans les capitales alliées et pourrait briser la réponse transatlantique unie à l'invasion russe de l'Ukraine, » décrypte Roger Cohen dans le New York Times.

Sur CNN, Joshua Berlinger et Joseph Ataman expliquent « Macron a, jusqu'à présent, fait très peu campagne. Les experts estiment que sa stratégie consistait à éviter le plus longtemps possible la calomnie politique pour brandir son image du plus présidentiel de tous les candidats. Les sondages l'ont montré en tête de tous les candidats. »

« Le mécontentement généralisé à l'égard de Macron (surtout parmi les jeunes) signifie que l'issue est incertaine et imprévisible. Le Pen continuera à exploiter cela, et un bouleversement politique majeur reste donc possible », a déclaré le commentateur des affaires européennes de CNN, Dominic Thomas, à propos du deuxième tour. Et de conclure, « il y a un monde entre Le Pen et Macron, et elle perturberait la politique européenne et mondiale. »

L’enjeu est bien là, l’équilibre européen et mondial. Les Français décideront le 24 avril prochain. D’ici là, il y aura le traditionnel débat de l’entre-deux tours qui sera scruté par les presse internationale. En 2017, Marine Le Pen avait prouvé son incompétence lors de cet exercice durant lequel les candidats doivent défendre leur programme et aller chercher la confiance des Français. Rendez-vous le 20 avril prochain !

Rachel Brunet

Rachel Brunet

Après être passée par la presse économique et la presse spécialisée, Rachel Brunet est la directrice et la rédactrice en chef des éditions New York et Miami du Petit Journal.
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