Lundi 29 novembre 2021
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Spare-it, la start-up qui livre la guerre au gaspillage et aux déchets

Par Rachel Brunet | Publié le 27/05/2021 à 16:56 | Mis à jour le 29/10/2021 à 15:55
Photo : (C) spare-it
L’équipe de spare-it

Laurent Canneva et Laurent Meunier sont deux des co-fondateurs de spare-it, une entreprise de la tech dont l’ambition est de faire baisser drastiquement le gaspillage et la production de déchets dans les entreprises et les immeubles, et d’engager les salariés sur la voie de l’éco-responsabilité. Avec pour premier client Moderna, spare-it, seule start-up dans le domaine, continue de se développer et de gagner de nouveaux clients. 

 

Spare-it fait la guerre au gaspillage dans les bureaux

Pour comprendre la genèse de spare-it, il faut remonter 3 ans en arrière et s’installer sur une plage de Cape Cod, non loin de Boston « on observait tout ce plastique par terre autour de nous. On s’est demandé pourquoi tout le monde se fichait de produire autant de déchets. La réponse a été que personne n’avait de data pour mesurer sa propre pollution ». Et c’est bien de ce constat que part l’idée de spare-it : créer un sensor à poser sous une poubelle relié à un outil de mesure et en faire ressortir un chiffre : celui de sa propre pollution et de son propre gaspillage. En effet, comment réduire quelque chose dont on n’a pas conscience ?

Au début, ils expérimentent l’outil chez eux. En réalisant leur propre production de déchets, ils se rendent compte de l’importance tant de la mesure que de l’information. Spare-it est née. Ils débutent leur projet en faisant une levée de fond friends and family, développent leurs sensors, les applications et testent leur projet auprès de 35 familles. Résultat : « nous avons réalisé qu’avec nos outils, les familles ont diminué la production de leur déchet de 50 % ». S’en suit le développement d’un porte-feuille clients. Spare-it cible avant tout les entreprises et les propriétaires et gestionnaires d’immeubles. Leur argument : développer auprès des salariés, l’éco-responsabilité. Au pays du challenge, le concept de spare-It est simple : proposer aux entreprises de diminuer la production de leurs déchets en impliquant leurs salariés. Ces salariés, regroupés par étage, par bureau ou par service, forment des équipes. À chaque équipe de diminuer sa production de déchets et de gaspillage. Chez spare-it, ils résument cette guerre au déchet et cet engagement dans une démarche responsable en un terme « plug and play ». Se connecter, réaliser sa production de déchets et se challenger pour baisser drastiquement cette dernière.

« Les poubelles des bureaux sont équipées de sensors et ces sensors sont reliés à des applications, chaque salarié voit en temps réel le remplissage de ses poubelles et sa production de CO2 » explique Laurent Canneva. En plus de ces datas qui renseignent enfin chaque salarié sur la pollution qu’il produit, l’éducation digitale est centrale chez spare-it. « Elle peut se faire à la maison, mais elle peut surtout se faire au bureau » rajoute le co-fondateur. Expliquer les défis environnementaux, parler de recyclage, de tri des ordures est essentiel pour comprendre sa propre pollution. Et ça, spare-It s’en charge !

 

Le marché florissant de la gestion des déchets

Dans un environnement professionnel, le challenge devient un apprentissage qui se transforme en un geste du quotidien. « Dans les immeubles, dans les bureaux, les préoccupations majeures sont le health and safety, tout ce qui touche à l’énergie et la gestion des déchets. Sur ce dernier point, avant nous, il n’y avait personne » relate Laurent Canneva. C’était donc un marché à prendre, ce qu’a fait spare-it. Leur premier client, le géant Moderna, dirigé par le désormais célèbre Stéphane Bancel. Puis le MIT de Boston, la prestigieuse université d’Harvard, la Boston University, « ces écoles ont une vraie préoccupation environnementale » explique Laurent Canneva « et notre solution répond exactement à leurs besoins ».

En début d’année, c’est à Hong Kong que spare-it signe un énorme marché. « Nous avons gagné un marché avec Swire qui est l’un des principaux gestionnaires immobilier de Hong Kong. Ils contrôlent plus de 100 buildings et comptent plus de 200 000 salariés » rajoute Laurent Canneva.

Aujourd’hui, spare-it compte une dizaine de salariés basés à Boston mais aussi à Hong Kong. Et avec une solution technologique avérée, la jeune start-up séduit de plus en plus de clients « nous ciblons les gros corporates, les propriétaires de bureaux, les universités mais aussi les aéroports, les stades et les propriétaires d’immeubles ». Bref, partout où des individus produisent des déchets et remplissent les poubelles. Souvent, d’ailleurs, en se trompant de poubelles.

Faire réfléchir à l’éco-responsabilité de chacun mais aussi traduire, pour les clients, le retour sur investissement est le pari gagnant de la start-up. Un retour sur investissement qui se calcule au niveau environnemental, au niveau économique et au niveau social. Grâce au « plug and play » de spare-it, une entreprise réalise une économie de 50 % de déchets, réduit ses frais de bouche de 30 %, ses coûts relatifs à l’impression de 20 %, note un engagement dans une démarche éco-responsable de ses salariés à hauteur de 80 % et observe une meilleure perception de sa propre image auprès de 70 % de ses collaborateurs. Une avancée tant sociétale qu’environnementale qu’économique, en sommes.

Pour savoir, il faut mesurer. Sans mesure personne ne peut imaginer les gestes à adopter. Mesurer, engager, réduire. C’était sans compter sur spare-it !

 

Pour en savoir plus sur spare-it

 

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Rachel Brunet

Rachel Brunet

Après être passée par la presse économique et la presse spécialisée, Rachel Brunet est la directrice et la rédactrice en chef des éditions New York et Miami du Petit Journal.
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