Après 7 ans passés au sein du groupe L5, Lydy se lance dans une carrière solo. En collaborant avec Pascal Obispo, elle a donné naissance à son premier album, savoureux mélange de soul et de reggae, signé de son patronyme Louisy Joseph. Rencontre
Après avoir connu un passage à vide à sa sortie des L5, le succès sourit de nouveau à Louisy Joseph aujourd'hui (photo LPJ)
Qu'est ce qui a été le plus difficile à la sortie des L5 ?
Ce qui a été le plus dur, c'est de se détacher de l'image que j'avais dans les L5. Lydy était une fille très fashion victime, alors que j'ai toujours été une fille roots, avec mon treillis et mes baskets. J'ai pris beaucoup de plaisir à être dans le groupe, mais à un moment, je sentais qu'il y avait un état de schizophrénie qui s'installait. C'est là où j'ai eu envie de me détacher du groupe et de partir vers des choix qui me ressemblent plus. Mais je ne regretterai jamais l'aventure L5. C'est comme si j'avais passé mon CAP, mon bac et ma licence en même temps. Cette expérience me permet aujourd'hui de vivre ce métier sereinement.
Pour ce premier album, vous avez collaboré avec Pascal Obispo. Comment s'est passée cette rencontre ?
Avec Pascal, on s'est rencontré plusieurs fois sur des plateaux TV à l'époque des L5, sans me dire qu'un jour je travaillerai avec lui. La suite s'est faite par un ami commun qui savait que je cherchais quelqu'un pour travailler sur mon album. Et c'est Pascal qui a fait le premier pas. Il n'a pas eu peur de travailler avec une fille issue d'un groupe de télé-réalité et de l'aider à faire autre chose. J'aime ce genre de personne qui prend les choses du début à la fin et qui s'investit jusqu'au bout. Sans lui, cet album n'existerait pas.
Cet album est un vrai mélange entre nostalgie et optimisme. Est-ce qu'il vous ressemble ?
Oui, la nostalgie c'est un de mes sentiments préférés, c'est dans mon passé que je trouve l'inspiration et l'envie de chanter. Mais je ne suis pas pessimiste pour un clou. On a tous besoin de positivité dans la vie. Je n'ai pas envie d'écouter un album qui me fasse vider toutes les larmes de mon corps. J'ai besoin de quelque chose qui me fasse ouvrir les volets et qui me fasse respirer l'air qu'il y a dehors. Dans la chanson Assis par terre, on entend des vagues de lumière et de soleil, malgré le texte si dur à entendre. Ce n'est pas un hasard, c'est une lueur d'espoir. Tant qu'on est vivant, il faut se défendre et se battre. On ne doit se plaindre de rien dans la vie. Des mauvais coups, on en aura toujours.
Assis par terre parle de ceux qui vivent dans la rue. C'est une façon pour vous de parler de votre récente traversée du désert ?
C'était une évidence pour moi de chanter cette chanson. C'est une étape de ma vie, le passage à vide après les L5. Quand je la chante, j'ai l'impression de me revoir en train de vendre mes affaires pour payer mes factures d'électricité, d'aller couper du bois pour chauffer la maison. A ce moment là, j'avais tout envisagé, que je me retrouve dans la rue ou dans le métro en train de chanter. Mais je savais qu'il fallait que je passe par là. Quand on fait ce métier, on sait qu'on ne va pas toujours vivre de gloire, de champagne et de confort. J'ai toujours gardé les pieds sur terre. Aujourd'hui je suis en train de vivre un moment de bonheur mais je sais que demain tout peut très bien s'arrêter.
Vous faîtes aujourd'hui la première partie de Christophe Mae. Qu'est ce que ça fait d'être seule sur scène ?
Là où je suis triste, c'est que l'ambiance n'est plus la même qu'à cinq. Et puis, avec les L5, c'était super facile. Sur scène, tout était millimétré, rien n'était laissé au hasard. Pour ma première date en solo, c'était difficile d'être seule pour défendre mes chansons. Mais maintenant, c'est moi qui millimètre le show, et ça, c'est vraiment magique.
Frédéric GUITTON. (www.lepetitjournal.com) lundi 7 juillet 2008

En première partie de Christophe Mae jusqu'au 12 août 2008.
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