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PEQ : Québec solidaire somme Christine Fréchette de sortir du silence

Un mois après les engagements publics de Christine Fréchette sur le Programme de l’expérience québécoise (PEQ), des candidats à l’immigration et Québec solidaire demandent une annonce rapide du gouvernement. À l’Assemblée nationale, plusieurs témoignages ont dénoncé l’incertitude toujours grandissante vécue par les étudiants, travailleurs et familles touchés par la suspension du programme.

Intervenants durant la conférence de presse de Québec SolidaireIntervenants durant la conférence de presse de Québec Solidaire
À l’Assemblée nationale, des candidats à l’immigration entourent le député QS Guillaume Cliche-Rivard, lors de la conférence de presse annonçant le dépôt d'une motion pour réclamer le retour du PEQ. - Photo Facebook

 

Un mois après les promesses, toujours aucune annonce

Un mois après l’arrivée de Christine Fréchette, Québec solidaire hausse le ton. Mardi 12 mai, dans les couloirs de l’Assemblée nationale, le député Guillaume Cliche-Rivard a réclamé une annonce rapide sur la réouverture du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), suspendu dans sa forme actuelle depuis les réformes imposées par le gouvernement Legault.

Entourés de représentants associatifs, d’étudiants et de travailleurs étrangers temporaires, les élus solidaires ont dénoncé des délais jugés « incompréhensibles » alors que des milliers de dossiers demeurent en suspens.

Québec solidaire rappelle surtout les déclarations faites par Christine Fréchette durant la course à la direction de la CAQ, lorsqu’elle avait qualifié l’abolition du PEQ de mesure « brutale » et « sans transition ». Selon le parti, ces engagements doivent désormais se traduire en décisions concrètes.

« Le temps des promesses est terminé »

La conférence de presse a largement laissé la parole aux personnes directement touchées par la suspension du programme.

Sabrina Cuillère Philippon, infirmière clinicienne et vice-présidente d’une association de défense des candidats à l’immigration, a dénoncé un système devenu « une impasse ». Elle a notamment rappelé les chiffres avancés par les associations : « 13 102 invitations et seulement 270 CSQ délivrés en dix mois ».

Selon elle, le gouvernement ne peut plus se contenter de consultations ou d’engagements généraux : « Aujourd’hui cette promesse a été rompue. Et le temps des promesses est terminé ».

Les intervenants ont également demandé au Québec d’intervenir auprès d’Ottawa pour faciliter le renouvellement des permis de travail des personnes déjà engagées dans un parcours vers la résidence permanente.

 

Étudiants et familles dans l’incertitude

Plusieurs témoignages ont mis en lumière les conséquences concrètes des retards administratifs.

Sonia, étudiante de 22 ans arrivée au Québec il y a quatre ans, affirme avoir construit l’ensemble de son projet de vie autour du PEQ avant d’apprendre la fermeture du programme à la fin de ses études. Elle évoque « aucune certitude de pouvoir rester » malgré sa volonté de travailler et de s’établir durablement au Québec.

Même inquiétude chez Fanny Tourelles, arrivée en 2022 avec son conjoint et ses deux enfants. Elle décrit une famille installée au Québec après avoir tout quitté en France, avec l’espoir d’obtenir la résidence permanente après plusieurs années de travail et d’intégration. « Les familles sont séparées, les permis expirent », a-t-elle résumé.

Ces interventions traduisent une tension désormais plus large que le seul débat administratif. Pour plusieurs associations, la question touche aussi à l’attractivité internationale du Québec, particulièrement auprès des étudiants francophones.

 

Un dossier qui pourrait suivre Christine Fréchette jusqu’à Paris

La pression pourrait rapidement dépasser le cadre de l’Assemblée nationale. Lors de la conférence de presse, plusieurs intervenants ont rappelé que Christine Fréchette doit prochainement se rendre à Paris, alors que le dossier du PEQ suscite déjà des réactions en France.

Des élus français se sont déjà exprimés publiquement sur la situation vécue par certains étudiants et travailleurs français au Québec. Les représentants associatifs présents mardi affirment également être en contact avec plusieurs responsables politiques français et évoquent une multiplication des reportages sur les difficultés rencontrées par les candidats à l’immigration permanente au Québec.

Pour Québec solidaire, l’absence d’annonce avant ce déplacement risquerait d’alimenter davantage les critiques sur l’écart entre les promesses faites aux étudiants francophones et la réalité actuelle des parcours d’immigration au Québec.

 

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Une pression politique avant le 12 juin

Québec solidaire veut désormais forcer le gouvernement à clarifier sa position avant la fin de la session parlementaire, prévue le 12 juin.

Le parti a annoncé le dépôt d’une motion à l’Assemblée nationale afin d’obtenir un engagement formel sur la réouverture du PEQ.

En arrière-plan, le dossier devient aussi politique. Les élus solidaires affirment que la gestion du PEQ pourrait peser dans la prochaine campagne électorale si aucune solution n’est annoncée rapidement.

Depuis plusieurs mois, le gouvernement québécois tente de concilier réduction des seuils temporaires, exigences de francisation et besoins du marché du travail. Mais sur le terrain, les retards et l’incertitude alimentent désormais un sentiment de rupture entre les engagements publics et la réalité vécue par les candidats à l’immigration.

Reste à savoir si Christine Fréchette choisira d’annoncer rapidement une réouverture du PEQ — ou si le gouvernement assumera politiquement un virage plus restrictif que celui promis ces dernières semaines.

 

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