Dans le cadre de la campagne des élections consulaires, nous donnons la parole aux têtes de liste pour la 4e circonscription du Canada. Valérie Patreau mène la liste La gauche solidaire et écologiste. Il répond à nos questions.


Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ?
Je suis ingénieure de formation, spécialisée en aéronautique, et j’ai choisi au fil de mon parcours de mettre mon expertise au service de la transition écologique et des politiques publiques.
Installée à Montréal depuis plus de 30 ans, je suis profondément attachée à cette communauté française et francophone que j’ai vu évoluer, grandir et se transformer. Mon engagement s’est construit autour de valeurs qui me portent depuis toujours : la solidarité, l’équité, l’inclusion, le féminisme et la justice sociale.
Comme mère de famille, comme femme immigrante et comme ancienne élue municipale de Montréal, je connais aussi les défis très concrets de la vie à l’étranger : les études, les démarches administratives, le lien avec la France, les questions de retraite ou de retour.
Je crois profondément qu’on peut faire de la politique autrement : avec humanité, avec rigueur, avec écoute, et surtout en rassemblant les gens autour d’un projet porteur d’avenir, féministe, écologiste et profondément humain.
Que représente pour vous la mission principale de conseiller des Français de l’étranger ?
Pour moi, être conseillère des Français de l’étranger, c’est d’abord être présente humainement, accessible. C’est écouter les préoccupations des gens, comprendre leur réalité et être un véritable trait d’union entre leur quotidien ici et les institutions françaises.
Quand on vit à l’étranger, les besoins changent selon les étapes de la vie. On peut arriver comme étudiant-e, construire une famille, vivre un parcours d’immigration complexe, soutenir des proches vieillissants en France ou réfléchir à un retour après plusieurs décennies. Ces réalités méritent d’être entendues avec respect et sensibilité.
Être élue, ce n’est pas seulement gérer des dossiers administratifs. C’est aussi défendre une vision de la société : une société plus juste, plus accessible, plus écologiste et plus solidaire.
Mon parcours d’ancienne élue municipale m’a appris qu’on peut faire avancer les choses concrètement lorsqu’on travaille avec les citoyen-nes, les organismes et les institutions. J’ai toujours accordé beaucoup d’importance à la proximité, à la science et à la participation citoyenne pour prendre de meilleures décisions collectives.
Je souhaite mettre cette expérience au service des Françaises et Français de notre circonscription, avec une approche rassembleuse, profondément humaine et tournée vers l’avenir.
Comment avez-vous constitué votre liste ?
Nous avons voulu construire une équipe qui ressemble réellement à notre circonscription : diverse, compétente et enracinée dans différentes réalités du territoire.
Il était important pour nous que la liste ne soit pas centrée uniquement sur Montréal. Nous avons donc réuni des personnes vivant dans plusieurs régions, notamment à Gatineau, Sherbrooke et Moncton. Mon colistier Lambert Baraut-Guinet, deuxième sur la liste, vit d’ailleurs au Nouveau Brunswick. Cette diversité géographique est essentielle, parce que les réalités vécues à Halifax, Moncton ou Montréal ne sont pas les mêmes.
Nous avons aussi rassemblé des parcours très variés : scientifiques, artistes, juristes, enseignants, commerçantes, ingénieurs, retraités. Cette richesse d’expériences nous permet d’avoir une compréhension plus fine des besoins de notre communauté.
Mais au-delà des parcours, ce qui nous unit, ce sont des valeurs communes : la solidarité, la justice sociale, l’égalité entre les femmes et les hommes, l’écologie et l’inclusion.
Nous croyons profondément qu’une équipe forte est une équipe qui sait faire de la place à différentes générations, à différents vécus et à différentes voix.
Pourquoi est-il important pour les Français de l’étranger de prendre part à ces élections consulaires ?
Parce que ces élections touchent directement la vie quotidienne des Françaises et Français établis à l’étranger. On parle ici d’accès aux services consulaires, d’éducation, de soutien aux familles, d’aides sociales, de vie associative et d’accompagnement dans les moments importants de la vie.
Souvent, ces élections sont peu connues. Pourtant, elles ont un impact très concret. Voter, c’est choisir des personnes qui porteront votre voix et défendront vos droits auprès des institutions françaises.
C’est aussi une façon de faire vivre la démocratie, même à distance, et de renforcer le lien avec la France tout en étant pleinement ancré dans sa société d’accueil.
Je suis particulièrement fière que notre liste soit soutenue par Nathalie Pedro, élue consulaire à Montréal en 2021 et par deux sénatrices (représentantes des français-es de l’étranger) écologistes remarquables, Mélanie Vogel et Mathilde Ollivier, qui ont obtenu des avancées concrètes pour les Françaises et Français de l’étranger mais aussi pour l’ensemble de la société : l’inscription de l’IVG dans la Constitution, le calcul plus équitable des retraites, la suppression du délai de carence, le droit au compte bancaire ou encore la protection des océans. Nous avons également le soutien d’une femme très inspirante qui est à la tête des Écologistes en France, Marine Tondelier.
Notre ambition est simple : construire une communauté plus solidaire, plus inclusive et tournée vers l’avenir. Une communauté qui rassemble plutôt qu’elle divise.
Chaque voix compte. Et dans cette élection, choisir une équipe rassembleuse et crédible, c’est choisir de bâtir l’avenir ensemble.
Quel est selon vous le plus grand défi auquel font face les Français de votre circonscription ?
Le principal défi, aujourd’hui, c’est de garantir un accès équitable aux droits et aux services pour toutes les Françaises et tous les Français de notre vaste circonscription.
Les réalités sont très différentes entre Montréal, Halifax, Moncton ou les régions plus éloignées. Certaines personnes vivent des difficultés administratives, d’autres sont confrontées au coût de la vie, à l’accès au logement, aux enjeux d’immigration, aux enjeux lors d’un divorce, ou encore aux défis liés à la retraite et au retour en France.
Je pense notamment aux inquiétudes entourant le PEQ au Québec, qui touchent beaucoup de jeunes et de familles françaises. Il y a aussi toute la question de la mobilité entre la France, le Québec et l’Europe : étudier, travailler, revenir, conserver ses droits.
Face à cela, nous proposons des mesures concrètes : des services consulaires plus accessibles, un système de bourses mieux adapté au coût de la vie, un accompagnement pour le retour en France, la défense du droit au compte bancaire et un meilleur soutien aux femmes victimes de violences.
Mais il y a aussi un défi plus large : celui de préparer l’avenir dans un monde en transformation. Les crises climatiques, sociales et économiques nous obligent à repenser nos façons de faire et à renforcer les solidarités. C’est pourquoi nous proposons notamment d’inclure des critères d’écoresponsabilité lors de l’attribution de fonds spéciaux et nous proposons de travailler à la mise en place d’un plan de résilience au service des Français-es de l’étranger dans le contexte des bouleversements climatiques.
Je crois qu’on peut répondre à ces défis avec sérieux, avec empathie et avec une vision profondément humaine de l’engagement public.


















