Édition internationale

PEQ : avec les cœurs bleus, les municipalités entrent dans la contestation

Invité de la matinale animée par Patrick Masbourian sur ICI Radio-Canada Première, le président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), Guillaume Tremblay, est venu annoncer une mobilisation visuelle des villes : les cœurs bleus. Un signal politique clair sur le dossier du Programme de l’expérience québécoise (PEQ).

Guillaume TremblayGuillaume Tremblay
Guillaume Tremblay, président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) et maire de Mascouche, arbore le « carré bleu » au niveau du cœur, symbole de la mobilisation municipale en faveur du respect des droits acquis en immigration. Montage LPJ.
Écrit par Bertrand de Petigny
Publié le 5 février 2026

 

 

Les cœurs bleus comme message politique

L’objectif de l’intervention était explicite : expliquer et légitimer l’affichage de cœurs bleus par plusieurs municipalités québécoises. Pour l’UMQ, ce symbole vise à rendre visible une inquiétude partagée quant au sort des personnes déjà installées au Québec.

Guillaume Tremblay insiste sur la dimension humaine du message. Les municipalités, dit-il, veulent exprimer leur solidarité envers des travailleurs et des familles plongés dans l’incertitude, faute de règles claires sur la suite de leur parcours.

 

L’UMQ en bref
L’Union des municipalités du Québec (UMQ) regroupe plus de 1 000 municipalités québécoises, représentant près de 80 % de la population. Elle défend les intérêts du monde municipal auprès du gouvernement du Québec et des instances publiques.

 

Une inquiétude enracinée dans le terrain

Le président de l’UMQ relie directement cette mobilisation symbolique aux réalités locales. Les municipalités constatent des départs, des postes vacants et des tensions dans des secteurs essentiels comme les services de garde ou la vitalité économique régionale.

Selon lui, l’absence de clause « grand-père » crée un climat d’instabilité qui dépasse les individus concernés. Elle affecte l’organisation des services municipaux et la capacité des régions à maintenir leur développement.

 

La clause « grand-père » au cœur de la revendication

Guillaume Tremblay rappelle que la position de l’UMQ est constante : les personnes arrivées au Québec dans le cadre du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) devraient pouvoir terminer leur parcours d’immigration sous ce régime, conformément aux règles en vigueur au moment de leur arrivée, et non être contraintes de basculer vers de nouveaux programmes.

Il évoque un sondage interne indiquant qu’environ 80 % des répondants appuient ce principe. Pour les élus municipaux, il ne s’agit pas de s’opposer à une réforme globale de l’immigration, mais d’éviter des décisions rétroactives aux effets immédiats.

 

Cœurs bleus : un appel à la clarté
À travers la mobilisation des cœurs bleus, l’UMQ ne se limite pas à défendre les droits acquis liés au PEQ. Guillaume Tremblay appelle plus largement à une clarification des programmes d’immigration, dont la complexité et l’instabilité rendent les parcours difficiles à comprendre et à accompagner sur le terrain.


 

D’un symbole à une contestation structurée

Les cœurs bleus s’inscrivent dans un contexte plus large de mobilisation citoyenne, avec des manifestations signalées dans plusieurs régions. Mais l’entrée des municipalités dans l’espace symbolique marque un changement d’échelle.

En prenant position publiquement, l’UMQ transforme un malaise diffus en interpellation politique directe adressée au gouvernement du Québec.

 

Un signal politique devenu impossible à ignorer

Avec les cœurs bleus, les municipalités ne parlent plus seulement d’économie ou de gestion locale. Elles questionnent la cohérence et l’acceptabilité sociale des décisions prises en immigration. Le gouvernement peut-il durablement ignorer ce signal venu de ses propres territoires ?

En énumérant, en fin d’émission, les élus, institutions et organisations qui dénoncent publiquement le non-respect des droits acquis, Patrick Masbourian ne commente pas : il constate. Et ce constat, formulé par l’animateur vedette de la matinale la plus écoutée de ICI Radio-Canada Première, donne la mesure d’un mécontentement qui a quitté la marge pour s’installer au cœur du débat public. Dans ce contexte, les candidats au poste de premier ministre pourront-ils encore maintenir leur position, alors que même Bernard Drainville, l’un d’entre eux, a publiquement pris position en faveur du maintien des droits acquis ?

 

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