Édition internationale

Un mois à Mascouche : ce que le Québec a déclenché chez Sébastien Favette

Écrivain, comédien, réalisateur et musicien, Sébastien Favette avance aujourd’hui à grande vitesse dans le paysage audiovisuel français. Mais derrière les tournages, les classements IMDb et les projets internationaux, un point d’ancrage demeure : un séjour fondateur au Québec, vécu à l’aube de ses 19 ans, à Mascouche et dans Lanaudière. Une expérience courte, mais décisive, qu’il revendique désormais comme une origine.

Sébastien FavetteSébastien Favette
Sébastien Favette, un parcours artistique nourri par une expérience fondatrice au Québec. - Photo Courtoisie
Écrit par Bertrand de Petigny
Publié le 9 février 2026

 

 

« Le Québec, là où beaucoup de choses ont commencé pour moi » - Sébastien Favette

 

 

 

Sur sa page Communauté YouTube, Sébastien Favette partage régulièrement des messages adressés à celles et ceux qui suivent son parcours. Il y a quelques semaines, au milieu d’une prise de parole volontairement mesurée sur ses projets en cours en Europe, il glisse une phrase qui dit beaucoup :
« Après tant d’années, j’aurai enfin l’honneur et le privilège de pouvoir renouer un instant avec le Québec. C’est un retour aux sources qui résonne fort, là où beaucoup de choses ont commencé pour moi. »

Ce « retour aux sources » n’est pas un effet de communication. Il renvoie à un souvenir précis, presque intact. En 2005, tout juste majeur, Sébastien Favette débarque à Montréal dans le cadre d’un programme de l’association France-Québec. « J’avais à peine 19 ans, je n’avais jamais quitté la France », raconte-t-il. Il arrive sans plan, sans projection, mais avec une curiosité qui va tout emporter.

 

 

Pour en savoir plus sur les associations France - Québec et Québec - France

 

 

Mascouche, Lanaudière, et la découverte du réel

Accueilli à Mascouche, il travaille dans un garage dans une commune proche, Saint-Roch-de-l’Achigan. Il découvre la vie rurale, la solidarité, la lenteur aussi. « Ce mois-là a changé ma vie », résume-t-il aujourd’hui sans emphase. Il y apprend davantage qu’un métier : une manière d’être au monde.

Les souvenirs sont concrets, presque sensoriels. « On était en plein milieu d’un champ, je me faisais dévorer par les maringouins, et le fermier me disait : “Ah, t’as la peau tendre, nous on les sent plus.” » Des scènes simples, mais structurantes, qui nourriront plus tard son imaginaire d’auteur.

 

 

« Regarde ce que c’est, les Québécois quand ils font la fête »

 

Parmi ces images fondatrices, une reste gravée. La Saint-Jean, à Québec, sur les plaines d’Abraham. « Robert Charlebois prend le micro et annonce qu’on est plus de 300 000. Mon ami me tape sur l’épaule et me dit : “Regarde ce que c’est, les Québécois quand ils font la fête.” »

Ce jour-là, Sébastien Favette se retrouve face à une foule immense, bleue et blanche, dans une communion populaire qu’il n’avait jamais vécue. « Je n’avais jamais vu ça. » Ce choc collectif agit comme une révélation : celle d’une culture assumée, joyeuse, profondément incarnée.

 

 

Un retour en France, mais pas une rupture

Le séjour aurait pu durer plus longtemps. Un emploi se profile, une formation en Floride est évoquée. Mais la réalité rattrape le projet. « J’ai dû rentrer pour finir mes études. J’avais 18 ans, j’ai écouté mes parents, en me disant que je repartirais plus tard. »

Ce « plus tard » prendra d’autres chemins. Carrière à la SNCF, responsabilités familiales précoces, reconversions successives, jusqu’à un burn-out qui l’oblige à repenser sa trajectoire. Pourtant, le Québec ne disparaît jamais. « Même si je n’y suis resté qu’un mois, j’ai toujours élevé mes enfants avec cette culture-là. »

 

 

Une philosophie forgée dans l’expérience

Cette fidélité à l’origine traverse aujourd’hui ses prises de parole publiques. Sur YouTube, Sébastien Favette revendique un parcours construit dans la durée, sans raccourci. « On m’a souvent dit que pour durer dans ce métier, il fallait savoir d’où l’on vient. » Une phrase qui résonne fortement avec son histoire québécoise.

Dans un autre message, plus introspectif encore, il écrit : « Quand tu n’es personne, tu dois constamment te battre… Je ne suis personne, mais je sais qui je suis. » Une profession de foi qui éclaire son rapport au travail, à l’attente, à la reconnaissance tardive.

 

 

Créer sans frontières, mais avec des racines

Aujourd’hui, Sébastien Favette avance à l’international. Projets sur Canal+, France Télévisions, campagnes nationales, musique, écriture. Il observe son ascension avec lucidité. « Ce qui est intéressant, ce n’est pas le pic, c’est la stabilité. »

Mais dans cette accélération assumée, le Québec demeure un repère intime. « La vitesse est bonne, mais le silence est nécessaire pour bien construire », écrit-il encore. Une phrase qui pourrait résumer son rapport au temps, hérité de ce premier grand déplacement hors de France.

 

 

Un retour qui n’a rien de nostalgique

Chez Sébastien Favette, le Québec n’est ni un décor, ni un souvenir figé. C’est un point d’origine, revendiqué comme tel, qui éclaire le présent et prépare l’avenir. « Le calme avant la tempête », écrit-il à sa communauté.

Reste à savoir si ce « retour aux sources » annoncé prendra bientôt la forme d’un retour physique, artistique ou littéraire au Québec. Une chose est sûre : pour Sébastien Favette, l’histoire franco-québécoise n’est pas close. Elle attend simplement son prochain chapitre.


 

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