Édition internationale

Marie-Claire Howard, bâtisseuse de réseaux dans l’Ouest canadien

Vice-présidente de la CCI France Western Canada, Marie-Claire Howard incarne une approche patiente et pragmatique du développement économique franco-canadien. Journaliste de formation, engagée de longue date dans la vie associative et institutionnelle locale, elle participe activement à la construction d’un outil pensé pour accompagner les entreprises françaises et canadiennes dans un territoire aussi vaste que stratégique.

Marie-Claire Howard - Vice-présidente de la CCI France Western CanadaMarie-Claire Howard - Vice-présidente de la CCI France Western Canada
Marie-Claire Howard, Vice-présidente de la CCI France Western Canada - Photo courtoisie
Écrit par Bertrand de Petigny
Publié le 21 janvier 2026, mis à jour le 22 janvier 2026

 

Arrivée au Canada au début des années 1980, Marie-Claire Howard s’installe d’abord à Toronto avant de rejoindre Vancouver, où elle s’ancre durablement. Journaliste de formation, elle débute sa carrière en France, au Journal du Centre, à Nevers, en Bourgogne, avant de poursuivre son parcours à L’Express de Toronto.

« Le journalisme m’a appris à écouter, à poser les bonnes questions, et à comprendre rapidement des environnements complexes », confie-t-elle.

Cette culture professionnelle — faite de rigueur, de curiosité et de lecture fine des contextes — irrigue encore aujourd’hui son engagement, bien au-delà du champ médiatique.

 

L’expérience institutionnelle comme socle

Parallèlement à son engagement économique, Marie-Claire Howard est élue au Vancouver Park Board, une instance municipale singulière dans le paysage canadien, chargée de la gestion des parcs et espaces verts de la ville. Une fonction qui l’a conduite à travailler étroitement avec l’administration municipale, les élus et les citoyens.

« C’est une école très concrète de gouvernance locale. On y apprend à composer avec les contraintes politiques, administratives et budgétaires, mais aussi avec les attentes très directes du public. »

Une lecture fine des rouages institutionnels qu’elle mobilise aujourd’hui dans un autre cadre : celui de la chambre de commerce.

 

Quinze ans à l’Alliance Française : apprendre à bâtir

Avant la CCI, il y a eu l’Alliance Française de Vancouver. Invitée à rejoindre son conseil d’administration à la fin des années 2000, Marie-Claire Howard s’implique pendant près de quinze ans dans un projet structurant : la transformation complète du bâtiment de l’Alliance.

 

« Il ne s’agissait pas simplement de rénover, mais de repenser un lieu capable de rassembler, de durer, et de servir de point d’ancrage à toute une communauté. »

 

Alliance française de Vancouver
Le bâtiment de l'Alliance Française de Vancouver

 

Inauguré à l’été 2024, le nouveau bâtiment devient un véritable pôle culturel et éducatif francophone dans une ville où les lieux de rassemblement institutionnels sont rares. Une expérience fondatrice, qui façonne sa vision actuelle de la CCI : un outil collectif, utile, crédible et inscrit dans le temps.

 

La CCI France Western Canada : créer un outil là où il manquait

C’est dans ce contexte qu’émerge la CCI France Western Canada, basée à Vancouver. Marie-Claire Howard fait partie de l’équipe fondatrice et en assure aujourd’hui la vice-présidence.

 

« Il y avait clairement un espace à occuper. L’Ouest canadien est dynamique, attractif, mais largement sous-structuré du point de vue des réseaux économiques franco-canadiens. »

Constituée comme organisme à but non lucratif de droit canadien, la chambre s’organise rapidement : conseil d’administration, comité exécutif, groupes de travail sectoriels. En juin 2025, elle franchit une étape décisive en intégrant officiellement le réseau CCI France International.

 

« Cette reconnaissance est essentielle. Elle nous inscrit dans une architecture internationale, tout en nous laissant la liberté d’agir selon les réalités locales. »

 

Les membres fondateurs de la CCI lors de l’enregistrement officiel de nos by-laws en mars 2025: de gauche a droite: moi, Isabelle Bouvet, Geoffroy Pajot et Christine Socasau.
Les membres fondateurs de la CCI lors de l’enregistrement officiel des statuts de la Chambre en mars 2025 : de gauche a droite: Marie-Claire Howard, Isabelle Bouvet, Geoffroy Pajot et Christine Socasau. 

 

Une croissance rapide, portée par le terrain

En quelques mois, la chambre revendique environ 90 membres, un chiffre significatif pour une structure jeune, largement animée par des bénévoles. Les événements se multiplient : rencontres d’affaires, soirées de réseautage, formats d’information ciblés.

« Nous avançons de manière très pragmatique. Des partenaires prêtent des espaces, d’autres soutiennent financièrement ou logistiquement. La chambre se construit avec et par ses membres. »

La logique est claire : répondre à des besoins concrets plutôt que de plaquer un modèle préexistant.

 

Un territoire immense, une approche coordonnée

Le territoire de la CCI France Western Canada s’étend de la Colombie-Britannique à la Saskatchewan, en passant par l’Alberta, et inclut également le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest. Un espace vaste, aux réalités économiques contrastées, qui impose une logique de coordination plutôt que de concurrence.

« L’enjeu n’est pas la rivalité entre chambres, mais la cohérence. Le Canada forme un ensemble, et chaque territoire a ses spécificités », souligne Marie-Claire Howard.

Dans cette perspective, la CCIFWC travaille en complémentarité avec les chambres déjà établies de Montréal et de Toronto, afin de renforcer l’attractivité et la lisibilité du réseau français à l’échelle du pays.

 

Cartographier sans figer, connecter sans enfermer

Interrogée sur la présence des entreprises françaises dans l’Ouest, Marie-Claire Howard reste prudente.

« On découvre encore beaucoup de choses. De nombreux Français travaillent ici hors des structures traditionnelles, notamment dans la tech. Notre rôle, ce n’est pas de dresser une liste figée, mais de créer des connexions. »

Une philosophie d’action qui privilégie l’échange et l’activation des réseaux.

 

Ce qu’elle apporte à la CCI

Au sein de l’équipe, chacun apporte une expertise sectorielle. La sienne est plus transversale, héritée notamment de son parcours journalistique.

« J’ai gardé ce réflexe de compréhension globale, d’analyse des acteurs et de mise en relation. Le journalisme forme à décoder les systèmes, et c’est très utile dans une chambre de commerce. »

Une compétence précieuse dans une chambre jeune, où la crédibilité se construit aussi par la maîtrise des codes locaux.

 

Une chambre en construction, un signal fort

À Vancouver, la CCI France Western Canada avance sans bruit, mais avec méthode. Portée par des profils expérimentés comme Marie-Claire Howard, elle s’impose progressivement comme un point d’entrée crédible pour les entreprises françaises et canadiennes tournées vers l’Ouest.

Reste à voir comment cet élan initial se transformera, dans les prochaines années, en un levier durable d’implantation, d’influence et de coopération économique à l’échelle d’un territoire aussi vaste que stratégique.

 

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