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2026, l’année où le Canada se recompte

Tous les cinq ans, le Canada s’arrête un instant pour se regarder dans le miroir. En 2026, ce rituel démocratique revient, mobilisant 32 000 personnes, des millions de foyers et une mécanique fédérale unique, à laquelle même les expatriés français sont pleinement conviés.

RecensementRecensement
Écrit par Lepetitjournal Montréal
Publié le 13 janvier 2026

 

 

Le recensement canadien a quelque chose d’une photographie collective prise à heure fixe. Tous les cinq ans — les années se terminant par 1 ou 6 — l’ensemble du pays est recensé simultanément, sans distinction de provinces ni de statuts. En 2026, le 24ᵉ recensement de l’histoire canadienne se déploiera à nouveau sur tout le territoire, du centre-ville de Montréal aux communautés les plus reculées du Grand Nord. La collecte principale est prévue pour mai, avec un démarrage dès février dans certaines régions éloignées.

Cette synchronisation nationale distingue le Canada de nombreux pays occidentaux. Là où d’autres fonctionnent par échantillonnage progressif, Ottawa veut un instantané complet. Statistique Canada résume la philosophie sans détour :

 

« Le recensement est un devoir citoyen qui permet d’ajuster les politiques publiques aux besoins réels de la population dans toutes les provinces. »

Derrière cette formule, il y a une conviction politique : pour gouverner un pays aussi vaste et diversifié, il faut d’abord le compter précisément.

 

Formulaire de recensement
Formulaire de recensement

 

 

Une obligation civique, même pour les nouveaux arrivants

Pour les expatriés français fraîchement installés au Québec, la surprise est souvent la même : le recensement est obligatoire. Comme en France, la loi impose aux ménages de répondre de façon exacte et complète. Et cette obligation s’applique à tous les résidents : citoyens, résidents permanents, travailleurs temporaires.

Être recensé, ce n’est pas seulement fournir des données. C’est entrer officiellement dans la cartographie civique du pays. Les chiffres produits servent à déterminer la répartition des sièges politiques, les budgets des hôpitaux, la planification des écoles, la construction des logements, le tracé des transports.

Autrement dit : refuser de répondre, c’est disparaître statistiquement. Or, dans un pays qui se construit largement par l’immigration, être visible dans les chiffres, c’est déjà exister dans la décision publique.

 

Deux formulaires, une même finalité

Concrètement, chaque ménage reçoit soit un questionnaire abrégé, soit un questionnaire détaillé. Le premier pose les bases : âge, sexe, composition du foyer. Le second, envoyé à environ un quart des ménages, explore les revenus, les diplômes, les langues parlées, les conditions de logement.

La logique est simple : tout le monde compte, mais certains racontent plus longuement leur histoire. Ensemble, ces données forment la trame fine de la société canadienne.

La réponse se fait désormais principalement en ligne, mais le papier et le téléphone demeurent possibles. Dans tous les cas, du Plateau-Mont-Royal à la Gaspésie, du centre-ville de Toronto aux villages inuits, le même questionnaire fédéral circule.

 

2026 : une armée discrète de 32 000 recenseurs

Derrière cette mécanique, il y a des femmes et des hommes. En 2026, Statistique Canada recrute environ 32 000 personnes pour faire fonctionner la machine du recensement. Des emplois temporaires, répartis sur quelques mois, mais essentiels à la fiabilité de l’opération.

Deux grandes fonctions structurent ce dispositif.
Les agents recenseurs sillonnent les quartiers, frappent aux portes, relancent les ménages et aident à remplir les formulaires. Leur rémunération est de 25,87 $ de l’heure.
Les chefs d’équipe, eux, coordonnent les secteurs, encadrent les agents et gèrent la logistique. Leur taux horaire est de 31,32 $, auxquels s’ajoutent certaines dépenses admissibles.

Ces postes seront offerts entre mars et juillet 2026, selon les régions. Dans les zones nordiques, la mobilisation commencera plus tôt, parfois dès février, pour tenir compte des contraintes climatiques et d’accessibilité.


 

 

 

Qui peut participer à la grande machine statistique ?

Les conditions sont volontairement larges. Il suffit d’avoir l’âge de la majorité dans sa province, de vivre au Canada et d’avoir un statut légal — citoyen, résident permanent ou titulaire d’un permis de travail valide. Aucune expérience préalable n’est exigée, mais une chose est indispensable : une adresse domiciliaire canadienne.

Pour beaucoup de nouveaux arrivants, ces emplois représentent une porte d’entrée concrète dans la vie civique canadienne. Recenser ses voisins, c’est aussi apprendre son quartier, comprendre ses réalités, mesurer sa diversité.

Les candidatures se font via le site officiel recensement.gc.ca, où les offres seront publiées prochainement. À Montréal comme ailleurs, le recensement est aussi une affaire locale.


 

Pour postuler au recensement 2026


 

Le regard français face au modèle canadien

Vu de France, ce système peut surprendre. L’Hexagone fonctionne par recensement tournant, échantillonné, étalé dans le temps. Le Canada, lui, préfère l’instantané global. Deux cultures statistiques, deux manières de penser la société.

Mais dans les deux cas, l’objectif est identique : donner aux pouvoirs publics une boussole. Simplement, le Canada choisit de recalibrer la sienne tous les cinq ans, d’un seul coup, à l’échelle du pays entier.

 

Compter pour décider

En 2026, le Canada ne fera pas que compter ses habitants. Il dessinera la carte de ses besoins, de ses fractures et de ses forces pour la décennie à venir. Derrière chaque chiffre, il y aura une porte ouverte, un clic, une voix. Et peut-être, pour beaucoup de nouveaux arrivants, la prise de conscience qu’ici, être recensé, c’est déjà participer.

 

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