Édition internationale

Hausse de l’emploi mais bas salaires : la fragilité de l’Italie pointée du doigt

L'emploi progresse en Italie, mais les bas salaires restent un facteur de fragilité structurelle qui risque de compromettre les retraites futures. Le salaire moyen est de 27.649 euros, selon le XXVe rapport annuel présenté le 8 juillet par l'Institut national de prévoyance sociale (INPS).

travail-ordinateur_industrietravail-ordinateur_industrie
Photo de This is Engineering sur Unsplash
Écrit par Lepetitjournal Milan
Publié le 12 juillet 2026

Plus d’emploi mais des salaires plus bas. Le rapport annuel de l'INPS, présenté jeudi dernier, souligne que la hausse de l'emploi ne suffit pas à garantir des retraites adéquates. En substance, le rapport souligne combien les bas salaires, l'emploi précaire et la croissance du secteur des services réduisent les cotisations, mettent en péril les futures retraites.

 

Record historique de l'emploi en Italie

Basé sur les données de 2025, le rapport de l’INPS fait état d'un nombre record de « 24 millions de travailleurs », chiffre qui bénéficie de l'essor des contrats à durée indéterminée. Malgré ce « record historique », le taux d'emploi en Italie (62,8 % au premier trimestre 2026) reste inférieur à la moyenne européenne (72,1 % dans la zone euro) et se caractérise par de « fortes disparités entre les sexes », comme le confirme une nouvelle fois les chiffres de l’Institut national de la statistique publiés le 2 juillet.

L’augmentation de l’emploi est aussi à relativiser. La bonne tenue de l'emploi concerne surtout le secteur des services, où les contrats de travail sont généralement plus précaires, tandis que la productivité et les salaires y sont plus faibles. En revanche, la baisse se poursuit dans l'industrie, avec une diminution du nombre de salariés, qui est passé de 43 % en 2007 à 33 % en 2025. 

 

Salaire : combien gagne-t-on en Italie en moyenne ?

En se basant sur un effectif de 21 millions de salariés – hors agriculteurs, ouvriers et personnel de maison –, l’INPS estime que le salaire annuel moyen en 2025 a atteint 27.649 euros, soit une hausse de 3,6 % en un an et de 14,5 % par rapport à 2019. Pour autant, ce chiffre masque de fortes variations. On passe de 41.872 euros bruts en moyenne pour les salariés à temps plein travaillant toute l'année (au nombre de 9,4 millions) à 9 .170 euros pour les 3,7 millions de personnes travaillant à temps partiel et en moyenne pas plus de 171 jours par an, en passant par les quelque 19.000 euros gagnés en moyenne par les 7,9 millions de salariés travaillant à temps partiel toute l'année ou à temps plein, mais seulement pendant une partie de l'année.

Par ailleurs, comparés à l’inflation, les salaires réels restent trop bas, engendrant une perte du pouvoir d’achat. Au cours de la période 2019-2025, la hausse du niveau des prix s'est située entre 18,2 % et 20,5 % selon les indices. Ces chiffres dépassent l'évolution des salaires bruts. La perte de pouvoir d'achat des salaires a conduit le gouvernement, ces dernières années, à intervenir par le biais d'allègements fiscaux et de réductions des cotisations en faveur des revenus les plus faibles, ce qui, selon les analyses de l'INPS, a ainsi pratiquement compensé cette perte : « La valeur médiane du salaire annuel net des salariés à temps plein et à l'année entre 2019 et 2025 a augmenté de 19,2 %, compensant ainsi de fait l'inflation ».

En Italie, la richesse augmente mais les inégalités se creusent

Mais l'inquiétude quant à l'avenir demeure : les faibles cotisations associées aux bas salaires se traduiront à l'avenir par de faibles retraites. De plus, « la discontinuité professionnelle des jeunes qui entrent sur le marché du travail s'accentue, ce qui se traduit par une accumulation moindre de cotisations au cours des trois années suivant leur entrée sur le marché du travail », souligne le rapport.

 

Vieillissement de la population et retraite

L'activité professionnelle s'étend et, avec le vieillissement de la population, l'âge de la retraite s'allonge. L'Institut constate une augmentation de l'âge moyen de départ à la retraite, qui a progressé de 7 ans depuis 1995. Depuis 2020, l'âge de la retraite s'est stabilisé à 67 ans en Italie.

Des inégalités entre les sexes de 34%

Par ailleurs, les retraites des femmes restent largement inférieures à celles des hommes. Le rapport estime que les retraitées italiennes représentent plus de la moitié des bénéficiaires, mais perçoivent en moyenne une retraite inférieure de 34% en moyenne (2.166 euros par mois en moyenne pour les hommes, contre 1.619 euros pour les femmes). En cause « des carrières historiquement plus irrégulières et des salaires inférieurs ».

Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Sujets du moment

Flash infos