Le scooter mythique de la Société Piaggio & Co célèbre en grande pompe son 80ème anniversaire. A cette occasion, retour sur l’histoire d’un objet phénomène, bien plus qu’un simple moyen de transport.


Une silhouette qui s’élargit et s’arrondit à l’arrière, un moteur qui pétarade : c’est de son vrombissement et de sa forme que le nom du célèbre deux-roues serait né : « Vespa », soit guêpe en italien. C’est, en tout cas, Enrico Piaggio qui l’aurait baptisé ainsi en découvrant le tout premier prototype.
La Vespa : un vent de liberté !
Dans l’Italie d’après-guerre, la Vespa souffle un vent de liberté avec ses couleurs vives et son moteur qui bourdonne. Le 23 avril 1946, Enrico Piaggio dépose un brevet pour « une motocyclette à disposition rationnelle des organes et éléments, avec un cadre combiné aux garde-boues et à un capotage couvrant toute la mécanique ». Deux modèles sont alors proposés à la vente. En 1948, la Vespa 125 fait son entrée et entraîne une augmentation des ventes. Depuis, le succès du scooter ne s’est jamais démenti.

Au sortir de la guerre, la Vespa rencontre un besoin de mobilité individuelle. Le cyclomoteur devient l’icône d’une génération pour laquelle il représente la possibilité de s’émanciper. En 1968, la campagne publicitaire « Chi Vespa mangia le mele », « Qui Vespa mange les pommes », consacre la réputation transgressive du deux-roues en rappelant le fruit défendu.
Une révolution technique
La Vespa doit son succès à Corradino D’Ascanio, idéateur de son confort et de son design. A l’époque, la société Piaggio, qui jusqu’alors ne produisait que des moteurs pour avions et des wagons de chemin de fer, confie la conception d’un nouveau scooter à l’ingénieur aéronautique, choisi justement pour son aversion pour les motos. La raison ? Il n’aimait pas devoir enfourcher un deux-roues, des véhicules alors encombrants et peu pratiques, froisser son costume, et qui plus est, risquer de se salir.
Pour développer la Vespa, le créateur s’est appuyé sur son expérience aéronautique pour remédier aux défauts des deux-roues.
Il a ainsi imaginé une mise en main la plus intuitive possible en plaçant le sélecteur de vitesses au guidon. L’entretien a aussi été facilité. Plus de fourche pour les roues, mais seulement un support semblable à celui d’un train d’atterrissage d’avion pour faciliter le changement des roues. L’assise a également été pensée pour ne pas froisser les vêtements du motard tout comme la carrosserie suffisamment large pour protéger de la boue le conducteur.
Un scooter devenu iconique
Après les routes, la Vespa a sillonné les plateaux de tournage. Son mythe s’est aussi forgé sur le grand écran. En 1953, la légende du cinéma, Audrey Hepburn, chevauche la Vespa dans les rues de Rome aux côtés de Gregory Peck. Cheveux au vent, les deux acteurs engagent une course chancelante sur les pavés romains. Cette séquence du film Vacances romaines de William Wyler dans les rues de la capitale italienne fait entrer le scooter dans le septième art.
Ce symbole de la Botte est devenu un personnage à part entière qui partage l’écran avec des acteurs de renom. Encore récemment, l’acteur italien, Damiano Govino, conduisait une Vespa dans le film Nuovo Olimpo réalisé en 2023 par Ferzan Ozpetek. En matière d’art, la Vespa n’a pas à rougir de son design industriel. A New York, le modèle GS 150 de 1955 est entré dans les collections du MoMA.
Plus de 19 millions d’exemplaires produits
Le marché de la Vespa a su s’adapter au fil des décennies. En 2018, la société Piaggio & Co sort une version électrique complètement silencieuse. Il s’agit d’accorder son offre avec une clientèle plus sensible aux enjeux environnementaux. La même année, le constructeur, fleuron de l’industrie italienne, dépasse la barre des 200 000 véhicules produits par an. Pour ses 75 ans d’existence, la marque a révélé avoir produit plus de 19 millions d’exemplaires depuis sa fondation. Si le site de fabrication historique à Pontedera en Toscane est toujours en activité, des usines ont aussi été installées en Inde et au Vietnam. La base de production à Pontedera alimente les marchés européen et américain tandis que les fabriques situées en Asie fournissent l’Inde et la partie est du continent asiatique.
Au-delà du marché du neuf, la Vespa attire les collectionneurs et se caractérise par la faible dépréciation de sa valeur au cours du temps. Les modèles les plus rares se vendent à des prix records. En 2026, une Vespa 98 série 0 de 1948 a été vendue à 182 000 €.
Deux nouveaux modèles en 2026
La marque met sur le marché deux nouveaux modèles pour célébrer ses 80 ans : la Vespa Primavera 80th et la Vespa Gts 80th. Les deux scooters sont respectivement mis en vente à 5 750 € et 7 950 €. Leur carrosserie verte réinterprète l’apparence monochrome des premières Vespas. Une plaque commémorative ainsi qu’un badge seront apposés sur les véhicules de la série.

Un anniversaire fêté dans la capitale italienne
Du 25 au 28 juin, le petit bolide fraîchement devenu octogénaire célébrera son anniversaire dans la capitale italienne. A cette occasion, une monnaie commémorative émise par le ministère de l’Économie et des Finances sera dévoilée au public.
Pendant ces trois jours, le complexe sportif du Foro Italico accueillera des milliers d’amateurs de Vespa venus du monde entier, où la marque présentera certains de ses modèles les plus précieux. Une exposition photographique retracera également l’histoire de la Vespa. Samedi 27 juin sera le temps fort de la manifestation avec une grande parade à travers Rome. Un long cortège de scooters défilera devant les monuments emblématiques de la ville éternelle. Un dernier défilé clôturera les festivités le lendemain.
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