

Inventeur du supermarché à l'italienne, le géant derrière Esselunga : Bernardo Caprotti est décédé le 30 septembre dernier à l'âge de 90 ans. Un empire de plus de 7 milliards d'euros. Du premier supermarché Viale Zara à Milan, en passant par les querelles familiales, retour sur la vie d'un personnage ambitieux et novateur.
Bernardo Caprotti
C'est à l'aube de ses 91 ans que, Bernardo Caprotti s'est éteint. Célèbre entrepreneur milanais et propriétaire de la chaîne de supermarché Esselunga, il a, pendant 60 ans régné sur son empire et est devenu aux fils des ans l'une des plus grande richesses de l'Italie.
L' « American dream » à l'italienne
C'est dans une famille aisée d'industriels dans le textile et le coton que Bernardo Caprotti s'épanouit. Après avoir obtenu brillamment un diplôme en droit, son père ne tarde pas à le mettre au service de l'affaire familiale et l'envoie aux États-Unis dans les années 50 pour se familiariser avec le monde de l'industrie du textile et du coton.
Ce n'est qu'à la mort de son père que le jeune Bernardo, de retour en Italie, reprend les reines de l'entreprise, en 1952.
L'opportunité de sa vie, il va la saisir en 1957 lorsqu'il s'associe à la fondation de Nelson Rockefeller pour implanter en Italie les supermarchés à l'américaine. Son ambition : calquer le modèle américain et l'adapter aux réalités de l'Italie, le début de son « miracle » économique.
Esselunga, le bébé audacieux de Caprotti
En 1965, Rockefeller vend toutes les parts de marché et rend Caprotti seul maître de l'empire de « Supermarket Italiano Spa », désormais Esselunga. Le nouveau capitaine ne tardera pas à étendre ses enseignes sur toute l'Italie du Nord, en commençant par Milan, Viale Zara.
Aux fils des décennies, Esselunga s'est placé en grand marabout du marketing, à coup de slogan terriblement efficaces : « Esselunga, les prix courts » et d'actions, à l'image des Rollinz, ces peluches à l'effigie de Star Wars, que tous les italiens s'arrachaient. Toujours à la recherche d'innovations et de renouveau, Bernardo Caprotti se lancera toujours corps et âme pour améliorer son édifice : création de produits étiquetés « Esselunga », l'engagement dans l'agriculture biologique, les premières barres bio et des prix défiant toujours plus la concurrence ou encore les programmes de carte de fidélité (les cartes Fidaty).

L'image d'un patron sympathique
Très apprécié de ses employés, Bernardo Caprotti était cependant un personnage ambivalent. Accusé d'avoir été trop sévère et pointilleux avec ces derniers, la disparition du capitaine historique d'Esselunga a énormément affecté les membres de la firme.
Des affaires judiciaires avec sa famille
Esselunga enregistre 7,3 milliard d'euros de recettes aujourd'hui : un résultat énorme qui n'a cessé d'augmenté au cours des ans. Évidemment, sur les traces de son père, Caprotti a tenté d'intégrer ses enfants dans l'entreprise? C'est sûrement l'appât du gain qui a conduit ses premiers enfants Violetta, mais surtout Guiseppe durant les années 1990 à se lancer dans des batailles juridiques ubuesques pour le contrôle du groupe de supermarchés. Batailles, toutefois, toujours « gagnées » par le patron.
Il avait prévu sa disparition
En 2013, il quitte la tête d'Esselunga, en espérant des jours sereins. Début septembre, il avait mandaté Citigroup pour la vente de la chaîne de supermarchés, « pour assurer un avenir meilleur au groupe » avait-il confié. Et comme un augure de ses dernières volonté, le quotidien La Repubblica révèle que son testament stipule une volonté jusqu'à lors restée secrète : celle de ne jamais revendre Esselunga à Coop, son ennemi n°1 sur le marché.

La division de l'empire dans le sillon des querelles familiales
Pour la direction de l'empire Esselunga, Caprotti a désigné dans son testament son épouse Juliana et leur fille Marina, qui détiennent dorénavant 66,7% de l'entreprise. À Guiseppe et Violetta Caprotti il laisse 16,6 % à chacun.
Un choix que feu Bernardo Caprotti considèrait comme « douloureux », avec l'espoir toutefois que cela mettrait « un terme au luttes dynastiques ».
Chloé Tridera (lepetitjournal.com de Milan) - Mercredi 12 octobre 2016
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