Mardi 11 mai 2021

LES JEUDIS DE L’HISTOIRE - La célèbre école polytechnique de Milan fête ses 150 ans

Par Lepetitjournal Milan | Publié le 25/09/2013 à 22:40 | Mis à jour le 26/09/2013 à 11:08

À l'occasion des 150 ans de l'école Politecnico di Milano (l'école polytechnique de Milan), ?Les Jeudis de l'Histoire? s'est intéressée aux origines de cette institution milanaise. Le Politecnico di Milano est la plus grande université technique italienne. En 2012, les étudiants inscrits aux cours d'ingénierie, d'architecture ou  de design étaient plus de 39.000. Le Politecnico est un modèle vertueux d'intégration et de recherche liées aux nécessités de la ville.

L'ingénieur : un métier ancien

Le mot ingegnere (en français, ingénieur) fait sa parution dans le vocabulaire italien au moyen-âge, ou plus précisément dans la période que l'on appelle pré-Renaissance. Au XIIe siècle, le terme désigne les artisans qui s'occupaient de la gestion et de l'entretien des infrastructures et des fleuves. Dans les périodes précédentes, ceux qui s'occupaient des travaux techniques étaient génériquement appelés architectes ou mécaniques.

L'origine du mot ingegnere dérive du français ingénieur. Le terme français dérivant lui-même du vieux français engineor qui veut dire constructeur d'engins de guerre et apparaît en 1155.

L'origine latine des mots ingegnere et ingénieur est évidente. La filiation des deux termes dérive du mot ingenium. Ce terme était utilisé pour indiquer à la fois l'intelligence naturelle des êtres humains et leurs produits conçus grâce à cette intelligence.

La codification du métier d'ingénieur est introduite en Italie au cours de la Renaissance, à une période où les commerces et les activités commerciales fleurissaient. Les employés des nombreux secteurs commençaient à se réunir dans des associations ou des corporations.

Et pourtant, ce n'est seulement qu'à partir de la moitié du XVIe siècle que les ingénieurs italiens obtiennent le droit d'avoir leur propre corporation professionnelle. L'association des ingénieurs milanais est supprimée par Napoléon, qui impose aux aspirant ingénieurs une formation universitaire.

La fondation du Politecnico di Milano

Le développement des savoirs techniques, toujours en rapport avec la recherche scientifique, connaît un essor important au cours de la première moitié du XIXe siècle. C'est le moment où les grandes universités italiennes décident de consacrer une bonne partie leurs recherches aux progrès technologiques, la révolution industrielle battant son plein.

En dérive ainsi une production prodigieuse. L'importance, toujours majeure, que les institutions et les intellectuels attribuent à la formation scientifique et technique attire les attentions des entreprises nationales.

C'est dans le cadre d'une telle effervescence que le 29 novembre 1863 Francesco Brioschi inaugure la première école polytechnique d'Italie, qui porte alors le nom d'Istituto Tecnico Superiore (Institut technique supérieur). Brioschi est un mathématicien et physicien brillant. Déjà recteur de l'université de Pavie, il consacre sa carrière académique au développement du Politecnico di Milano.

Convaincu de la nécessité d'une interaction entre la recherche scientifique et la technologie, pour lui, l'Institut technique supérieur de Milan devait être l'établissement d'un horizon commun entre l'ensemble des savoirs académiques et les exigences intellectuelles et matérielles de la société italienne.

Ce n'est qu'en 1937 que l'Istituto tecnico superiore prend le nom de Regio Politecnico di Milano.

 

Les premières activités du Politecnico

Lors de sa fondation, l'école polytechnique de Milan ne présente que deux diplômes d'ingénierie : civile et industrielle. C'est seulement en 1965 que l'Université propose un diplôme d'architecture, en collaboration avec l'Académie d'Art de Brera.

De ses premières années à 1875, l'école polytechnique de Milan n'est qu'une école de spécialisation. On ne peut y entrer qu'après après avoir validé les deux premières années de formation dans une autre université. En 1875, l'institut intègre finalement ces deux années académiques préliminaires, garantissant ainsi une formation universitaire complète.

Au début de ses activités, l'Istituto Tecnico Superiore compte une trentaine d'étudiants et sept auditeurs libres. Les premiers diplômes de l'école polytechnique ne sont délivrés qu'en 1965, et concernent 25 étudiants. Pour l'obtenir, ces derniers doivent soutenir leur projet devant leurs professeurs. Si les résultats de cette confrontation sont jugés suffisants, l'étudiant est déclaré lauréat, par l'ensemble des enseignants.

Pendant les premières années, l'institut n'accueille aucune femme. La première intègre Politechnique en 1888. Toutefois, il faudra attendre 1918 pour que la première soit lauréate. Il s'agit de Maria Artini qui obtient son diplôme d'ingénieur industrielle. Les premières femmes diplômées à Milan en architecture sont Carla Maria Bassi et Elvira Morassi (données Politecnico di Milano).

La hausse constante du nombre d'étudiants inscrits au Politecnico di Milano subit un coup d'arrêt au cours des années 1920, lors de la crise économique qui affecte l'Europe. Suivent deux guerres mondiales et le rythme des inscriptions ne reprend de manière définitive qu'au début des années 1960 avec le boom économique et la possibilité plus diffuse d'accéder aux études supérieures.

Les étudiants célèbres

La formation extrêmement solide du Politecnico a permis à un grand nombre de ses étudiants de développer leurs compétences et leurs talents.

Plusieurs étudiants, devenus des personnages publics importants en Italie, ont fréquentés les bancs du Politecnico di Milano. Il y a, entre autres Giulio Natta, prix Nobel de Chimie en 1963, qui fut aussi directeur du département de Chimie Industrielle.

Parmi les étudiants célèbres, on ne peut pas ignorer l'écrivain Carlo Emilio Gadda, auteur de Quel pasticciaccio brutto de via Merulana (publié en français chez Seuil sous le titre de L'Affreux Pastis de la rue des Merles).

Un nombre important d'industriels et d'architectes célèbres sont diplômés de l'école polytechnique. On pense, par exemple, à Adriano Olivetti, fondateur de l'entreprise homonyme ou aux architectes Gae Aulenti, à l'origine de la gare milanaise de Cadorna et Renzo Piano, qui a projeté le Centre Pompidou de Paris.

L'école polytechnique dans la ville
Après avoir signé un accord avec la commune de Milan et l'État en 1913, le Politecnico di Milano s'installe dans la campagne milanaise des Cascine Doppie (Fermes doubles). Il s'agissait d'une zone rurale, non loin du quartier de Lambrate. Les travaux de construction des bâtiments qui accueillent encore aujourd'hui le siège central du polytechnique (Piazza Leonardo) se terminent en 1927.

L'école polytechnique compte aujourd'hui cinq sièges en Lombardie (Milan, Lecco, Côme, Crémone et Mantoue) et un siège en Émilie-Romagne à Plaisance.

Tommaso Venturini (Lepetitjournal.com de Milan) ? jeudi 26 septembre 2013

Crédits Photos :
- Photo 1 : Affiche 150 ans politecnico (politecnico.it)
- Photo 2 : Insigne Politecnico (politecnico.it)
- Photo 3 : L'école Politecnico (A.B pour lepetitjournal.com)
- Photo 4 : Renzo Piano (domaine public)

Retrouvez nos articles de la rubrique "Culture".

Recevez gratuitement tous les matins l'actu des français et francophones de Milan !

lepetitjournal.com Milan

Lepetitjournal Milan

LePetitJournal.com de Milan, c'est le média de référence en français sur Milan et l'Italie.
0 Commentaire (s)Réagir

Que faire à Milan ?

ÉVÉNEMENT

Théâtre, danse, musique : le festival FOG ranime la Triennale

La Triennale s’anime autour du festival dédié aux formes les plus innovantes des arts vivants du spectacle. Au programme 25 rendez-vous, entre théâtre, danse et musique, avec 28 artistes de 7 pays.

Expat Mag

Vienne Appercu
POLEMIQUE

La lutte contre les fémicides en Autriche devient une priorité

Les fémicides ont atteint un niveau préoccupant en Autriche sans pour autant déclencher la prise de conscience nécessaire. Une réaction forte est attendue lors de la table ronde de mercredi.

Sur le même sujet