Édition internationale

METZ – Un magistrat poignardé au tribunal

Un magistrat a été agressé hier au tribunal de Metz. Ce juge venait de signifier à une mère de famille la prolongation du placement de son fils en foyer quand celle-ci s'est jetée sur lui avant de le poignarder à trois reprises. Le drame relance le débat sur la sécurité dans les tribunaux

Sur le parvis du tribunal de Metz, les magistrats ont exprimé leur colère contre le manque de sécurité dans les tribunaux et leur soutien au juge poignardé (photo AFP)

Le vice-président du tribunal de grande instance de Metz a été poignardé hier matin dans son bureau. Chargé du tribunal pour enfants, Jacques Noris venait d'expliquer à une mère de famille qu'il prolongeait le placement de son fils en foyer éducatif. La jeune femme de 36 ans s'est alors jetée sur le magistrat avec un couteau qu'elle cachait sur elle.
Touché à l'abdomen à trois reprises avec une lame de 20 cm, l'homme a été rapidement pris en charge par le Samu. Dans un état stationnaire il a été opéré dans l'après-midi. L'Union Syndicale de la Magistrature (USM) affirmait hier soir que le magistrat était hors de danger.


Les forces de police ont déserté les tribunaux
Cet événement a eu une répercussion importante dans la classe politique. Le Président Nicolas Sarkozy a exprimé son soutien à la victime et a demandé à sa ministre de la Justice, Rachida Dati, un rapport sur la sécurité dans les tribunaux. Celle-ci a également fait part de son émotion avant de se rendre sur les lieux.
Les magistrats se sont, pour leur part, rassemblés, en début d'après-midi, sur le parvis du tribunal où ils ont menacé d'exercer leur droit de retrait, estimant que les conditions de sécurité dans les tribunaux n'étaient plus assurées. C'est d'ailleurs sur demande de l'ancien ministre de l'Intérieur que les forces de police ont déserté les lieux. En effet, Nicolas Sarkozy "considérait que c'était une tâche indue que d'assurer la protection et la sécurisation des tribunaux", a précisé à la presse un responsable de l'USM. Mais le budget alloué à la Justice, un des plus faibles de l'Europe des 27, n'a pas permis à certains tribunaux, comme celui de Metz, d'assurer la sécurité par des entreprises privées.
Ce n'est pas le premier cas d'agression de personnel judiciaire. Le 31 mai, une juge pour enfants du tribunal de Montargis (45) avait été molestée et insultée dans son bureau. En septembre 2005, c'est une greffière qui avait été brûlée vive.

Pierre SILVAIN. (www.lepetitjournal.com) mercredi 6 juin 2007

Pour en savoir plus:
Le Figaro : Metz, une mère de famille poignarde un magistrat
Libération : Un magistrat poignardé au tribunal de Metz
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