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L'histoire de la ville de Melbourne

Par Clodie Veyrac | Publié le 12/09/2021 à 10:42 | Mis à jour le 25/09/2021 à 03:30
La ville de Melbourne et ses buildings en 2021

Capitale de l’état du Victoria, Melbourne est l’une des villes les plus connues et peuplées d’Australie. Elue plusieurs fois « ville la plus agréable » du monde, elle est connue pour son multiculturalisme et sa vaste scène artistique et musicale. Melbourne est une ville jeune, la plupart de ses édifices ayant été construits il y a moins de 200 ans. Alors quand et comment la métropole s’est-elle formée ? Quelle est son histoire ?

 

La période pré-coloniale : Naarm
 

Tableau d'un peuple aborigène péchant et vivant le long de la Merri Creek, à Melbourne
Peuple Aborigène vivant le long de la Merri Creek, Melbourne.

 

Avant le débarquement des colons anglais dans les années 1800, la ville côtière abritait déjà plusieurs peuples Aborigènes. En effet, la région autour de Port Phillip et de la vallée de la Yarra, alors appelé Birrarung (ce qui se traduit par rivière de brumes et d'ombres), était le foyer des peuples Kulin depuis plus de 35.000 ans.

Lorsque les Anglais arrivèrent, on estime que la population autochtone du Victoria environnait les 20.000 habitants, formée de trois grandes communautés : les Wurundjeri, les Boonwurrung et les Wathaurong.

Le sol sur lequel Melbourne s’est développée a été pendant longtemps un lieu de rassemblement important pour les Kulins, ainsi qu'une source vitale de nourriture, d'eau et une zone abritée de la baie pour les réunions de clans et les événements annuels sociaux, éducatifs, culturels et sportifs.

De nos jours, il ne reste que très peu de marqueurs historiques indiquant la présence des tribus Aborigènes à Melbourne avant l’arrivée des colons. Le centre culturel aborigène Bunjilaka au musée de Melbourne présente des expositions et des œuvres d'art des premiers peuples australiens. Vous pourrez également découvrir le sentier du jardin Milarri à l’extérieur du musée, où il est possible d’observer la flore et la faune indigènes et d’apprendre les usages traditionnels des plantes.

 

La colonisation : Batmania, Bearbrass, The Settlement

Reconstitution de la signature du Traité de Batman
Reconstitution de la signature du Traité de Batman

 

Bien que les premiers colons débarquèrent dans la baie de Port Phillip au début des années 1800, les premières colonies sur les terres Kulin ne se formèrent qu’après 1835.

John Batman, un fermier né en Australie et qui avait des terres en Tasmanie, décida d’étendre ses cultures au-delà de l’île. Il traversa donc le détroit de Bass et se rendit à Port Phillip. Le 6 juin 1835, en tant que membre d'un groupe d'hommes d'affaires connu sous le nom de Port Phillip Association, il signa avec les Aborigènes locaux le « Traité de Batman », dans lequel il se proposait d’échanger 2 000 km² de terre autour de Melbourne et 400 autres km² autour de Geelong contre des biens tels que des couvertures, des couteaux ou encore de la farine.

Toutefois, le Traité de Batman n’eut pas vraiment l’effet escompté. Pour les peuples Kulin, le traité n’était qu’un droit de passage et non pas une permission de s’établir ; pour le gouvernement colonial de Sydney, le traité n’était pas valable car il remettait en cause la légalité de la revendication de l'Australie comme Terra Nullius (latin pour territoire sans maître).

Melbourne a donc commencé sa construction en tant que colonie illégale. Elle ne fut reconnue par le gouvernement colonial que quelques années plus tard, ce dernier ne pouvant plus ignorer l’expansion rapide de la ville et sa population grandissante.

Plusieurs conflits liés au partage des terres eurent lieu entre les peuples Aborigènes et les colons, comme la bataille de Yering en 1840, par exemple.
En 1859, le chef des Wurundjeri, Simon Wonga, essaya de négocier des terres pour la population Kulin, mais ses demandes restèrent vaines. Quatre ans plus tard, son peuple et lui furent installés de force dans la réserve de Coranderrk, près d'Healesville.

La découverte de mines d’or dans les années 1850 contribua grandement à la richesse de la ville coloniale et à sa croissance exponentielle dans les années qui suivirent. Des migrants du monde entier affluèrent dans l'espoir de faire fortune. En quelques décennies, Melbourne devint la seconde plus grande cité de l'Empire Britannique, après Londres.

 

Du 20ème siècle à aujourd'hui : Melbourne

Vieille photo de Collins Street à Melbourne, prise dans les années 1910

 

Au fil des ans, Melbourne a subi de nombreux changements avant de devenir la ville que nous connaissons aujourd’hui. La révolution industrielle et l’invention de l’électricité permirent à la ville de se moderniser rapidement. Des tramways électriques traversant le centre-ville furent installés, des lignes téléphoniques furent établies, et la célèbre gare de Flinders Street fut construite au début du 20ème siècle lors d’une compétition architecturale. L’organisation des Jeux Olympiques de 1956, les premiers Jeux de l’histoire se déroulant dans l’hémisphère sud, permit à Melbourne de s’ouvrir au monde entier.

Melbourne connut de nombreux flux migratoires après la fin de la seconde guerre mondiale. Elle accueillit d’abord des réfugiés d'Europe centrale et de l'est, puis des familles venues d'Italie, de Grèce et des Pays-Bas par la suite. La fin de la politique de l'Australie blanche en 1973 marqua la première immigration asiatique (Viêt Nam, Cambodge, Chine) importante à Melbourne depuis les ruées vers l'or. Pour la première fois, la métropole accueillit aussi une vaste population musulmane, et son multiculturalisme grandissant encouragea les minorités ethniques et religieuses à maintenir et à célébrer leurs identités.

En 1991, le gouvernement fédéral australien créa le Conseil pour la Réconciliation des peuples Aborigènes afin de faciliter la réconciliation entre les Australiens indigènes et les Australiens non-indigènes.

De nos jours, Melbourne compte plus de 5 millions d’habitants et dispose de la 10ème plus grande population d'immigrés parmi les zones métropolitaines du monde.

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Clodie Veyrac

Clodie Veyrac

Expatriée à Melbourne depuis 2017, Clodie a suivi des études de journalisme à La Trobe University avant de rejoindre la rédaction de lepetitjournal.com. Elle se passionne pour les sujets de société et d'avancées technologiques
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