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JEAN FRANÇOIS FAVARD – "Mon challenge personnel est d'augmenter la pénétration, l'empreinte de l'association dans la communauté française"

Par lepetitjournal.com Madrid | Publié le 10/12/2015 à 23:00 | Mis à jour le 08/03/2019 à 11:37
Photo : (photo lepetitjournal.com)
 Jean François Favard

L'Entraide française est une association créée depuis plus de 160 ans dans le but d'aider les Français en difficulté à Madrid. Jean-François Favard a pris les rênes de l'association en juin dernier et cherche à développer sa communication auprès de la communauté française. Mais, en ce moment, il s'affaire surtout à préparer la vente de Noël de dimanche, qui représente une grande partie des fonds de l'association.

Lepetitjournal.com : Quelles sont les missions de l'Entraide française ?
Jean-François Favard : L'objectif est simple : aider les Français qui sont en difficulté en Espagne, principalement dans la circonscription de Madrid mais de façon plus générale dans tout le pays. Dans les familles que l'on aide, il y a généralement un membre qui est Français. Ce sont des familles multinationales ou bi-nationales, français/espagnol, français/sud-américain. Cela peut aussi être une personne seule. Les familles qui viennent nous voir sont celles qui ont tapé à la porte du consulat ou de l'administration espagnole pour savoir s'il y avait des aides. Fondamentalement, leur difficulté est d'ordre économique : logement précaire, menace d'expulsion, problème pour payer le loyer. Chaque année, c'est assez stable, on aide une centaine de famille, ce qui représente à peu près 200 personnes.

Quelles mesures prenez-vous pour aider ces familles ?
Quand les gens viennent nous voir, ils ont deux ou trois urgences absolues, comme l'électricité coupée ou des difficultés au niveau du loyer. On prend en charge tout de suite une ou deux dépenses, on paie les débiteurs directement. On leur annonce aussi qu'on va les aider pour la nourriture, c'est une façon de créer le lien. On a une habitude établie, qui est d'envoyer un caddie de nourriture mensuel. À travers ces petits gestes, la confiance va se créer et on peut réexaminer avec eux leur situation et les solutions pour qu'ils s'en sortent. S'ils ont plus d'attaches en France, on peut organiser un rapatriement. Ou on peut les aider à retrouver une activité professionnelle sur place, souvent par des petits boulots. Notre objectif est toujours le même : aider dans l'immédiat, reconstruire un lien de confiance et essayer de trouver une solution de sortie. C'est vrai qu'on ne réussit pas toujours mais cela fonctionne dans 80% des cas après un accompagnement de quelques mois.

Pour la recherche d'emploi, avez-vous un réseau pour faciliter le retour à la vie active de ces personnes ?
On entretient de façon systématique toutes les relations avec les associations amicales françaises de Madrid. Pour l'emploi, on a plutôt un réseau d'entreprises. Un certain nombre de compagnies françaises, également sollicitées pour être des sponsors, sont toujours à l'écoute lorsqu'on cherche des débouchés. Mais c'est aussi une démarche personnelle. À partir du moment où elle a repris confiance en elle, par les chemins habituels de recherche d'emploi, la personne en difficulté retrouve plus facilement un travail. Au niveau de l'Entraide, les personnes sont aidées par la vice-présidente, qui est également responsable de l'action sociale, par une assistante sociale, qui connaît bien toute la partie droit en Espagne, et par notre secrétaire, la cheville ouvrière de l'association.

Le rôle des bénévoles
À l'Entraide Française, il est possible d'aider et de donner de son temps dans différents secteurs. Au niveau social bien entendu, en se chargeant de soutenir une famille, en faisant les courses qui sont envoyées mensuellement à certaines familles ou personnes. Mais également dans les activités annexes, comme en aidant à tenir à jour le site internet, en faisant les affiches et dans tous les autres domaines permettant d'améliorer la communication et la pénétration de l'association.

D'où proviennent les fonds de l'association ?
Le budget global par année est de 160.000?, dont 120.000 ? dédié à l'action sociale. Après, on a trois sources principales de financement. La première, mais qui n'est pas la plus importante, ce sont les cotisations de nos membres ou des entreprises amies. Le but est de l'augmenter, car si on est 100 membres, comme actuellement, sur l'ensemble de la population française vivant à Madrid, on est un peu limité. Un de mes objectifs est donc d'augmenter les membres pour renforcer cet attachement de la communauté française à l'Entraide. Il y a également les entreprises qui, en général, cotisent plus. La deuxième source de financement sont les dons institutionnels : le consulat de France, le député et le sénateur via la réserve parlementaire ou du Sénat, l'?uvre Saint-Louis. Un tiers de nos ressources proviennent de ces dons. Et la troisième source, 40% environ, ce sont nos évènements avec, en tête, la vente de Noël.

Une vente de Noël qui a lieu cette année le dimanche 13 décembre.
Tout le monde est déjà sur le pont. Il y aura une série de stands. Les stands traditionnels qui vendent du vin, du champagne, du foie gras, du pin d'épice, des produits gastronomiques de qualité pour les fêtes de fin d'année. On a aussi une série d'exposants qui vendent des compléments vestimentaires, des bijoux, des objets que l'on peut acheter pour offrir. Et on remarque chaque année qu'il n'y a pas que les Français qui viennent, mais aussi beaucoup d'Espagnols ! Les entreprises françaises participent également en fournissant des lots pour la tombola.

Quels sont les projets pour l'année 2016 ?
Déjà, juste après Noël, Madrid Accueil organise une chorale le 16 décembre à l'Institut Français et va reverser l'ensemble des contributions volontaires à l'Entraide. Sinon, tous les ans, nous avons à peu près le même régime. On démarre par les deux tournois de bridge et gin rummy qui ont lieu au mois de mars à la résidence de l'ambassadeur. Ensuite une pièce de théâtre en français positionnée en troisième semaine de mai. En juin, on a deux évènements : le tournoi de golf et le dîner de gala, toujours organisé sur la terrasse de la Casa de Velázquez. On laisse ensuite passer les vacances et on reprend en octobre par une deuxième pièce de théâtre. Et enfin, la vente de Noël en décembre. Cette année on essaie de faire quelque chose en plus mais rien n'est encore confirmé.

Vous êtes le président de l'Entraide depuis juin. Comment avez-vous vécu ces premiers mois ?
Quand je suis arrivé, l'association était en ordre de marche. Mon prédécesseur s'est beaucoup investi et a fait un très bon travail. Maintenant, en premier lieu, je dois faire en sorte que ce qui a bien fonctionné continue à fonctionner. J'ai mis en place deux ou trois choses nouvelles, dont les réunions du bureau tous les 15 jours. J'ai aussi dû chercher deux remplaçants pour des membres du bureau qui n'avaient plus de temps à donner à l'association. Un de mes objectifs est de développer la communication de l'Entraide pour que les gens sachent mieux ce que l'on fait. Il y a une petite équipe qui s'est montée pour faire ce travail. Ces premiers mois ont principalement été un travail de construction d'équipe, pour retrouver une dynamique nouvelle avec un nouveau regard. Mon challenge personnel est d'augmenter la pénétration, l'empreinte de l'association dans la communauté française. Et on le mesurera par le nombre de membres cotisants, pour ramasser des fonds et pour être encore plus connus.

Pratique :
Vente de Noël, de 10 heures à 21 heures à l'Hôtel Intercontinental (Paseo de la Castellana, 49, 28046 Madrid). Tombola à 20 heures. Entrée gratuite.

Propos recueillis par Baptiste LANGLOIS (www.lepetitjournal.com) Jeudi 3 décembre 2015
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