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3 V.I.E. se confient sur leur expérience à Madrid

Par Céline Bergeron | Publié le 29/04/2019 à 18:00 | Mis à jour le 23/05/2019 à 13:15
Photo : De g. à d.: Coralie, Lisa, Romain
volontaire international entreprise espagne

De nos jours, faire un V.I.E. (Volontariat International en Entreprise) est une alternative qui a le vent en poupe chez les jeunes diplômés. Pas un stage mais pas tout à fait un CDD non plus, ce contrat est une bonne solution pour rentrer dans la vie active tout en travaillant à l’étranger. Depuis sa création en 2000, 4.000 Français ont effectué un V.I.E. en Espagne pour le compte de 1.816 entreprises. Lisa Schneider, Coralie Machtou et Romain Ribello, actuellement en V.I.E. à Madrid, reviennent sur "cette expérience qui ne peut être que valorisante".

 

C’est bien connu, l’Espagne est un pays où il fait bon vivre et qui a la côte auprès des Français. Certains d’entres eux ont donc choisi de s’expatrier en Espagne grâce à un V.I.E. qui leur permettra d’avoir une expérience professionnelle valorisante. Les démarches pour obtenir un V.I.E. peuvent paraître un peu floues, aussi lepetitjournal.com avait-il décortiqué le V.I.E. d’après une expérience à Barcelone. De fait, sur la péninsule Ibérique, Barcelone est la ville qui a le plus de succès auprès des V.I.E. avec 166 volontaires au 31 décembre 2018. Madrid n’est pas très loin derrière car à la même date, elle en accueillait 126. Parmi eux, Romain, qui travaille dans la finance, Coralie, dans les produits alimentaires et les boissons et enfin Lisa, dans l’agriculture. Tous trois sont hebergés par Business France, l'organisme qui promeut le V.I.E. en Espagne, gage d'un accompagnement tout au long de cette expérience. Aujourd’hui, cela fait entre 6 mois et un an qu’ils ont entamé leur mission de business developer, dans des secteurs bien différents. 


Une expérience antérieure à l’étranger primordiale

Décrocher un V.I.E. n’est pas une mince affaire. Dans le cas de Romain, il a obtenu son poste face à plus de 100 candidats. Et ces trois jeunes gorgés d’idées novatrices ont conscience de la chance qu’ils ont. Une chose est sûre, mieux vaut avoir une certaine expérience à l’étranger pour remporter le Graal. Que ce soit par leurs études, leurs stages ou le bénévolat, ils ont tous trois voyagé aux quatre coins du monde et maîtrisaient l’espagnol. D’ailleurs, Romain et Coralie avaient une bonne connaissance de l’Espagne, ce qui les aide aujourd’hui dans leurs démarches.


Je n’aurais jamais imaginé avoir autant de responsabilités

Pour ces jeunes passionnés, le V.I.E. est une véritable opportunité et un challenge. Ici à Madrid, la mission principale de ces trois Français consiste à faire du business development pour leurs entreprises. Plus concrètement, ils doivent développer l’antenne espagnole de leur société, antenne qui n’existait pas avant leur arrivée. Ils sont donc partis de zéro et construisent, jour après jour, l’avenir de ces compagnies amenées à se développer. Au quotidien, les tâches sont nombreuses et la polyvalence est de mise, ils doivent jongler avec la prospection, la communication, la gestion de projet… Romain met en avant "le challenge passionnant à relever" tandis que Lisa "aime tout particulièrement l’idée de sortir de sa zone de confort". En effet, même s’ils sont régulièrement en contact avec leurs supérieurs respectifs en France, à Madrid, ils sont seuls aux commandes. Coralie, qui vient tout juste de renouveler son contrat d’un an, ajoute : "Je n’aurais jamais imaginé avoir autant de responsabilités, c’est une chance, il faut que je fonce". En marge de ses responsabilités, ils ont donc dû apprendre à être autonomes très rapidement. Parfois, ces responsabilités peuvent se transformer en fardeau et la remise en question pointe son nez. Ces moments indécis permettent ensuite de relativiser et de renforcer le lien précieux de confiance qui existe entre les volontaires et leurs entreprises.


La confiance et l’adaptation au cœur de tout

Certes, ils n’ont pas de collègues sur place pour les guider mais ils savent qu’ils ont l’appui et la confiance de leur hiérarchie. "Si j’ai besoin d’aide, je sais qu’ils sont là et que je peux me tourner vers eux", révèle Coralie. Au quotidien, c’est la confiance avec leurs clients qu’ils essaient de nouer. Et la tâche n’est pas simple car selon Romain "il est difficile de bâtir une relation de confiance et cela prend du temps." En Espagne, les choses requièrent plus temps pour se mettre en place et avant de signer un contrat, il faudra d’abord tisser un vrai lien de confiance avec les partenaires et les clients. D’ailleurs, il existe d’autres différences culturelles avec la France. Ainsi, Lisa confie que "la barrière entre vie professionnelle et vie privée peut être très mince car les échanges sont très informels, contrairement à la culture française". "Les Espagnols sont très ouverts, plus accessibles que les Français" note Romain avant d’ajouter "A Madrid, le bouche à oreille est un véritable outil de travail ce qui n’est pas forcément le cas à Paris." 


Je ne changerais rien de ma vie aujourd’hui

Pour ces trois jeunes travailleurs, leur qualité de vie à Madrid ne dépend pas uniquement de leur V.I.E. Elle tient aussi à leur intégration au sein de la société espagnole. Aujourd’hui, il ne s’agit plus seulement d’une carrière professionnelle, ils se sont aussi construit une vie sociale dynamique. Romain, qui avait déjà vécu à Madrid quelques années auparavant, avait déjà un groupe solide d’amis. "Je ne changerais rien de ma vie aujourd’hui" précise-t-il. Lisa s’est plutôt tournée vers les activités extra professionnelles comme la danse classique, la danse chorégraphiée et la poterie. C’est également auprès de la communauté des V.I.E. de Madrid qu’ils ont su trouver "une vraie famille" insiste Coralie. "Cela fait du bien d’être avec des Français, c’est un noyau auquel nous pouvons nous raccrocher, nous avons les mêmes références." 

Cela ne fait pas de doute, si c’était à refaire, ils n’hésiteraient pas à se lancer dans cette aventure qu’est le V.I.E. Grâce à cette expérience, ils sortiront grandis et plus confiants. Coralie est positive : "Je le recommande à 100%, il n'y a rien de plus formateur". Pour ces jeunes talents, l’aventure professionnelle ne fait que commencer mais elle s’annonce d’ores et déjà positive. D’après Business France, 94% des personnes qui sont passées par le V.I.E. ont un emploi l’année suivante. 

celine bergeron

Céline Bergeron

Journaliste passionnée! Spécialisée dans le journalisme de proximité et le journalisme de solutions pour transmettre, raconter et informer. Exploratrice du monde et de ses cultures, toujours à la recherche de défis inexplorés et d'expériences insolites.
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