Tensions entre l'Espagne et le Maroc : et la France dans tout ça ?

Par Perrine Laffon | Publié le 26/05/2021 à 17:50 | Mis à jour le 27/05/2021 à 11:30
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detroit de gibraltar

Le conflit diplomatique croissant entre le Royaume du Maroc et celui d'Espagne pourrait être bénéfique pour la France dans ses relations commerciales et politiques en zone Méditerranée. 

La semaine dernière, des milliers de migrants ont franchi illégalement la frontière de Ceuta, enclave espagnole au Maroc. Une crise migratoire qui révèle en réalité un conflit diplomatique entre le Maroc et l'Espagne. La France pourrait sortir renforcée malgré elle de cette situation. D'une part parce qu'elle pourrait retirer un avantage commercial, et d'autre part en occupant une place stratégique de médiateur : le ministre français de l'Extérieur a proposé l'aide de la France pour tenter de rétablir le dialogue et de concilier l'Espagne et le Maroc.


La question du Sahara occidental

L'épisode vécu sur la plage de El Tarajal à Ceuta est dû aux tensions diplomatiques sur la question du Sahara Occidental. Le Maroc n'a pas apprécié que l'Espagne soigne dans ses hôpitaux le leader du mouvement Front Polisario, opposé au Maroc pour le contrôle du Sahara occidental. Lors de la décolonisation de la zone après 1975, l'Espagne n'a pas réalisé de référendum auprès des Sahariens, comme le recommande le droit international, et a réparti le territoire entre le Maroc et la Mauritanie, selon les accords de Madrid. Depuis, le Front Polisario réclame ce droit et le Maroc veut imposer un plan d'autonomie du Sahara sous son contrôle. Aujourd'hui Rabat souhaite que l'Espagne reconnaisse la souveraineté marocaine sur la zone Sahara, comme l'a fait Donald Trump fin 2020. Or l'Espagne serait favorable à un accord encadré par les Nations Unies. De son côté, la France dit rechercher une solution politique dans le cadre de la légalité internationale, mais semble soutenir le Maroc, son grand partenaire dans la lutte contre le terrorisme.


Concurrence commerciale 

La France et l'Espagne sont deux partenaires historiques. Cependant les deux pays sont en concurrence pour leurs relations commerciales avec le Royaume du Maroc. Jusqu'à présent l'Espagne est le premier partenaire commercial du Maroc : selon les données du ministères espagnol du Commerce, le Maroc est le premier pays de destination des exportations espagnoles, et il représente 45% des exportations vers l'Afrique. Malgré les excellentes relations de la France avec le Maroc, l’Espagne reste le premier partenaire commercial du Maroc avec un volume global d’échanges de plus de plus de 142 milliards de Dirhams. La France est le deuxième fournisseur du Royaume, détenant 12,2 % des parts de marché derrière l'Espagne et ses 15,6% de parts de marché. La France est néanmoins le plus grand investisseur étranger au Maroc, dans de nombreux secteurs d'activités. 

La concurrence commerciale entre la France et l'Espagne s'observe à tous les niveaux, notamment pour les enjeux des liaisons maritimes avec la concurrence interportuaire entre le port d'Algésiras et celui de Marseille pour récupérer les flux de marchandises. Les tensions diplomatiques actuelles pourraient faire pencher la balance en faveur de l'Hexagone.

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Perrine Laffon

Journaliste et rédactrice web française à Barcelone. Spécialiste de la culture locale et nationale. Suivi de l'actualité catalane, portraits, analyses. Passionnée de voyages et d'Histoire.
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Marocain du Rif mar 22/06/2021 - 16:36

Pourquoi au Maroc on nous fait croire que la France est un pays ami. Alors pourquoi la France ne reconnaît pas le Sahara occidental comme marocain. La France a crée la Mauritanie en tout pièce pourtant la Mauritanie est les racines du Maroc , avant le Maroc appelait le pays des Maures ou la Mauritanie tangitane tout les grands empereurs du Maroc sont originaires du Sud actuelle Mauritanie.

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Vigilant ven 28/05/2021 - 18:44

La décision d’admettre Brahim Ghali, un criminel de guerre notoire qui est entré en Espagne sous un faux nom d’identité et un faux passeport diplomatique algérien, n’a pas été un échec de l’élaboration des politiques, c’était plutôt une décision bien calculée par le gouvernement Sanchez d’aider et de renforcer la guérilla séparatiste du Polisario. De tels actes illustrent la conduite hostile de Madrid. Le Maroc a le droit de rendre la pareille et d’aider les dirigeants catalans persécutés en Espagne, de réduire la coopération en matière de renseignement et de relancer ses revendications historiques sur les villes occupées de Sebta et Melillia. Les relations diplomatiques combatives mais économiquement bénéfiques d’aujourd’hui ont aidé l’Espagne et blessé le Maroc. Seule une politique étrangère marocaine de plus en plus antagoniste, bien que néfaste pour les deux parties, trouvera un écho dans l’establishment politique espagnol. En effet, le gouvernement marocain a eu raison de retarder les pourparlers de haut niveau entre les deux pays jusqu’à nouvel ordre. En recevant le tortionnaire Brahim Ghali, Madrid mène une guerre d’usure contre son voisin du sud. Si Pedro Sanchez et son gouvernement avaient été préoccupés par les sensibilités du Maroc, ils auraient pu alerter Rabat. La décision de la ministre des Affaires étrangères Arancha González Laya de comploter avec l’armée algérienne contre le Maroc doit avoir d’importantes implications politiques et sécuritaires. Rabat doit se libérer de ses démons historiques et soutenir une politique étrangère agressive avec toutes les options sur la table. Le message de l’establishment politique espagnol est clair: nous soutenons activement la milice armée du Polisario, notre politique au Maghreb s’aligne sur les tentatives du gouvernement militaire algérien d’alimenter le conflit du Sahara occidental, et le Maroc est un ennemi de longue durée. Le Maroc a besoin d’une approche plus audacieuse. Il est insultant et humiliant d’entendre Mme González Laya dire: “La position de l’Espagne au Maroc est stratégique et n’a pas changé” alors qu’elle conspire avec les services de renseignement militaires algériens pour poursuivre les attaques en cours contre les Marocains dans le Sahara. Les Marocains peuvent clairement voir les positions hostiles de l’Espagne dans le conflit du Sahara. Du lobbying à l’inversion des positions américaines en passe de s’en prendre à l’armée algérienne pour déplacer le chef du Polisario en Espagne, Madrid a montré ses vraies couleurs. Les tendances contradictoires récentes de l’Espagne prédisent une détérioration constante des relations à long terme, avec des conséquences progressivement défavorables pour l’Espagne. Les actions du gouvernement Sanchez contribuent avec insistance à cette dangereuse détérioration des relations. L’Espagne accueille des dizaines d’organisations pro-Polisario qui soutiennent activement l’agenda algérien en Afrique du Nord, tandis que le Maroc n’a jamais activement engagé les groupes séparatistes espagnols. Les dirigeants marocains refusent de laisser les ONG marocaines se rapprocher des nationalistes catalans. Le moment est venu d’installer un bureau de liaison catalan à Rabat. Il y a eu une affirmation erronée persistante à Madrid selon laquelle le Maroc est trop “faible” pour franchir certaines “lignes rouges” diplomatiques. Mais comme l’ont montré la nouvelle alliance maroco-israélienne et les récentes activités militaires marocaines au Sahara, Rabat est prête à prendre des risques et capable de se battre sur plus d’un front. Les responsables marocains doivent admettre que les vieilles hypothèses concernant leurs relations spéciales avec l’Espagne sont erronées. Des choix diplomatiques difficiles, et une coopération économique et de développement non à l’amiable, détermineront en fin de compte comment la relation évoluera. L’Espagne ne peut pas établir son ordre du jour avec le Maroc avec les objectifs perçus réalisables et laisser de côté les questions litigieuses lorsqu’il ne peut y avoir accord. Rabat ne devrait pas discuter du terrorisme et de l’immigration sans tenir compte des vues de Madrid sur le Sahara et du statut à long terme de Ceuta et Melilla. L’establishment politique espagnol doit reconnaître le déclin rapide et dangereux des relations avec le Maroc et prendre de sérieuses mesures correctives pour éviter une mésaventure imminente.

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عيسى mar 01/06/2021 - 18:56

Tu ne sais pas que les habitants de la RASD ont la nationalité espagnole et peuvent rentrer en Espagne quand ils veulent. La puissance administrative du Sahara Occidental selon l'ONU est l'Espagne. L'HISPANIA TANGITANIA, c'est à dire le nord de l'Afrique a toujours fait parti de l'Espagne. l'Espagne est un pays bicontinental comme la Turquie. Plus de 13 millions d'espagnols sont africains de nessance. S'il faut aller à la guerre cela n'est pas un problème au contraire ça fait parti de la RECONQUISTA et expulser les moros du. nord de l'Afrique Vous croyez les mensonges qu'ont vous raconte dans votre pays

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Real one jeu 10/06/2021 - 08:39

Absolument faux, la puissance administrative est le Maroc et l'Espagne a signé ca en 1976. Concernant une guerre entre le Maroc et l'Espagne, meme si elle reste trés improbable, l'Espagne serait la grande perdante, pourquoi? Vraie qu'avec un avantage en armement, l'Espagne pourrait infliger 65% de perte au Maroc vs 35% au Maroc. Mais ce qui détruira l'Espgne est les 2 Millions de Marocains vivant en Europe qui n'auront aucun problème à mettre l'Espagne en feu et en sang,...ajoutons à cela une possible insurrection des Catalans et des Basques,...et voila l'Espagne qui subira le meme sort que l'ex Yougoslavie.

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MOROCCAN jeu 27/05/2021 - 18:56

Qui a foutu le feu au poudre comme par hasard c'est la FRANCE. Qui met la ZIZANIE entre le Maroc et l'Algérie c'est la FRANCE. QUI est responsable du Génocide au Rwanda c'est la FRANCE. La FRANCE est le diable en personne.

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