Les mesures annoncées par Ayuso lors de l'investiture à la présidence de Madrid

Par Mattias Corrasco | Publié le 20/06/2021 à 09:30 | Mis à jour le 20/06/2021 à 11:07
Photo : Isabel Diaz Ayuso, Présidente de la Communauté de Madrid / Communauté de Madrid
isabel diaz ayuso

Vendredi était investie comme présidente de la Communauté de Madrid Isabel Díaz Ayuso, au terme d'une campagne virulente remportée haut la main par l'étoile montante du Parti Populaire. Pour la seconde fois consécutive, la candidate conservatrice reprenait les rennes du Gouvernement autonome, cette fois-ci avec le soutien de l'extrême-droite de Vox.

 

Sur les coups de midi, Isabel Díaz Ayuso montait au pupitre de la Real Casa de Correos de la Puerta del Sol pour y prendre ses fonctions. À nouveau, -pour la deuxième fois en deux ans- la présidente fraîchement réinvestie était la protagoniste principale de la cérémonie solennelle. 


Le fameux "aforo limitado" (limite du nombre de places) n'a pas empêché la nouvelle présidente de la région madrilène d'être bien entourée. En plus de ses parents, son frère, ses neveux et ses oncles, la totalité des barons du Parti Populaire étaient présents pour la cérémonie. Pablo Casado, Président du PP, ainsi que Teodoro García Egea, Secrétaire Général n'auraient raté l'occasion pour rien au monde. Ni même Alberto Nuñez Feijóo (Président de la Galice), Juanma Moreno (Président andalou), Fernando López Miras (Président de Murcie) et Alfonso Fernández Mañueco (Président de Castille et Léon), qui ont fait le voyage jusqu'à Madrid pour soutenir leur collègue.

 

La Présidente de Madrid dépendra des 13 députés de la formation d'extrême-droite

"Je suis face au plus beau défi de ma vie", déclarait-elle à son auditoire, "celui d'être présidente de la région où je suis née, et où j'ai presque toujours vécu". Ayuso ne manquait pas non plus de remercier Vox pour son soutien : "Hier, ils votaient pour moi, et cela me remplit de satisfaction et de reconnaissance. Maintenant, j'ai besoin qu'ils jouent le jeu. J'ai besoin de quatre abstentions de Vox pour chaque projet que nous proposerons". La politique de la Présidente dépendra en effet des treize députés de la formation d'extrême-droite. 
 

Natalité, fiscalité, éducation et personnes âgées

Isabel Díaz Ayuso annonçait vendredi que son futur gouvernement ne compterait que neuf ministères régionaux, contre les treize actuels. "Si nous devons tous nous serrer la ceinture, commençons par les gouvernants", déclarait-elle dans son discours lors du débat d'investiture à l'Assemblée. Parmi les mesures détaillées par la présidente, elle exposait notamment un plan visant à augmenter la natalité dans la région, proposant 14.500 euros par enfant pour les mères de moins de 30 ans résidant à Madrid depuis au moins dix ans, et percevant un revenu inférieur à 30.000 euros par an. 

 
Aussi, Ayuso s'engageait à blinder l'autonomie fiscale de la région, et à baisser l'impôt sur le revenu pour 2022. En matière d'éducation, la Présidente faisait la promesse de baisser le nombre d'élève par classe de 24 à 20, en commençant par les écoles primaires, avec l'objectif d'étendre cette nouvelle norme à l'intégralité des niveaux.

Enfin, Ayuso s'engageait à créer de nouvelles places dans les maisons de retraite et centres de jour, et avançait la création de "chèques services", une allocation mensuelle permettant aux familles de financer les soins des personnes âgées au sein de centres privés.

 
Madrid sera la muraille contre laquelle les politiques du Gouvernement central s'écraseront

Comme à son habitude, Isabel Díaz Ayuso n'a eu de cesse de charger contre l'Exécutif national. "Madrid sera la muraille contre laquelle les politiques du Gouvernement central s'écraseront" déclarait-elle. Selon la Présidente, le Gouvernement fait de l'Espagne "un pays déchiré, manipulé par les indépendantistes et éloigné de la scène internationale". Mais c'est également contre la gauche dans son ensemble que la présidente de Madrid a chargé, affirmant que cette dernière utilisait l'avortement et l'euthanasie "à chaque fois qu'elle avait quelque chose à offrir". "D'ici à la Moncloa" criaient des manifestants à la sortie du bâtiment de la Puerta del Sol, venus pour soutenir leur nouvelle présidente. "De la Puerta del Sol à la Moncloa", et si c'était vrai ? C'est en tous cas dans la capacité de rassemblement de la leader de Madrid que la Droite espagnole dépose actuellement une grande partie de ses espoirs, pour reconquérir, à terme, le pouvoir à l'échelle nationale.

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Mattias Corrasco

Originaire du Nord-Est de la France, Mattias étudie entre l’Hexagone et l’Espagne. Passionné par la politique espagnole, il est également co-fondateur et rédacteur en chef de correspondencia.fr
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