Mardi 19 janvier 2021

Les comptes de l'État approuvés majoritairement pour 2021

Par Perrine Laffon | Publié le 03/12/2020 à 19:17 | Mis à jour le 03/12/2020 à 19:32
Photo : Congreso de los diputados
comptes Etat espagne

Le gouvernement de Pedro Sanchez a obtenu hier les votes nécessaires au Congrès des députés pour valider les budgets de l'État et affirmer sa position jusqu'à la fin de sa législature.

 

Le débat autour des budgets 2021 de l'État espagnol a été marqué par le contexte de la pandémie de Covid-19 et la crise qui en découle, mais aussi par une fracture de plus en plus marquée entre la gauche et la droite espagnoles. Le gouvernement de coalition socialiste-Podemos a pu obtenir une majorité parlementaire renforcée avec 188 votes en faveur des budgets, obtenus grâce aux accords menés avec la gauche la plus radicale et les partis régionalistes et indépendantistes. Il s'agit néanmoins des budgets les plus soutenus depuis 2007.


Une majorité de gauche hétéroclite

Les budgets de l'État ont bénéficié du soutien des nationalistes basques et catalans. Le vice-président du gouvernement espagnol Pablo Iglesias, représentant du parti "anti-austérité" Podemos, a réalisé un accord historique avec le parti nationaliste basque PNV, avec les indépendantistes catalans d'ERC ainsi qu'avec Bildu, issu de la mouvance séparatiste basque. "Voici l'opportunité de consolider une majorité qui va maintenir la droite hors du gouvernement durant de nombreuses années" s'est félicité Pablo Iglesias. 

Une alliance en revanche risquée pour les socialistes, mais tout aussi nécessaire : c'est cette même majorité de gauche aux intérêts divers qui avait justement permis en 2018 le soutien et la nomination du Président Pedro Sanchez et du gouvernement de coalition avec Podemos. 

Les budgets du gouvernement PS-Podemos ont finalement obtenu le soutien des députés de ERC (13), PNV (6), EH-Bildu (5), PDeCAT (4), Más País (2), Compromís (1), Nueva Canarias (1), Partido Regionalista de Cantabria (1) et Teruel Existe (1).

L'opposition en revanche, a vivement reproché à Sánchez ses accords avec Bildu, que les députés de Vox, du PP et de Ciudadanos rattachent au groupe terroriste ETA. 


Hausse des taxes pour les hauts revenus 

Pour atteindre la majorité absolue,  la proposition de budget a fait l'objet de diverses demandes de modifications de la part de différents groupes parlementaires, qui ont été débattues ces derniers jours. Parmi les principales mesures, on soulignera :

• le gel des rémunérations des membres du gouvernement, 
• la hausse des pensions de retraite de 0,9% (et de 1,8% pour les pensions non contributives), 
• une hausse de l'impôt sur les revenus les plus élevés, 
• ainsi qu'une hausse de l'impôt sur les primes d'assurance
    
Quant aux mesures qui affecteront le consommation au quotidien, l'augmentation de "l'impôt sur le sucre" a fait l'objet de négociations : la TVA sur les boissons sucrées et édulcorées passera bien de 10 à 21%, mais cette hausse ne s'appliquera pas aux produits laitiers. 

D'autre part, la proposition de hausse des taxes sur le carburant diesel a finalement été abandonnée. L'État envisageait une augmentation de 3,8 centimes par litre. 

Le gouvernement devrait dédier 1,5 milliard d'euros de fonds européens au plan de récupération de l'emploi industriel dans les zones affectées par les fermetures, 370 millions d'euros à l'Éducation, et 275 millions pour le transport public local.

Nous vous recommandons

perrine laffon

Perrine Laffon

Journaliste et rédactrice web française à Barcelone. Spécialiste de la culture locale et nationale. Suivi de l'actualité catalane, portraits, analyses. Passionnée de voyages et d'Histoire.
2 Commentaire (s)Réagir
Commentaire avatar

Sylvie ven 04/12/2020 - 11:48

Il y a aussi de nombreuses voix de poids à gauche qui se sont insurgées contre ces alliances honteuse pour approuver le budget, contre ce pacte scandaleux avec ERC et EH Bildu, héritier du parti terroriste basque ETA. En particulier les socialistes Nadia Calviño, 3ème vice-présidente du Gouvernement et ministre de l'Économie, qui "préfèrerait avoir l'appui du Parti Populaire" pour approuver le budget ; Emilio García-Page (président socialiste de la région Castilla La Mancha), qui "voit avec beaucoup de préoccupation que Podemos soit en train de marquer l'agenda du Gouvernement" ; Suzana Díaz qui "ne partage rien avec Bildu et aimerait qu'ils demandent pardon" ; Felipe González (ex président du Gouvernement) qui "n'accepterait ni l'appui d'Arnaldo Otegi (Bildu) ni celui d'ERC car ils veulent en finir avec l'Espagne en tant qu'espace partagé" ; ou encore Alfonso Guerra (ex vice-président du Gouvernement) qui a déclaré récemment dans une interview sur la télévision RTVE que "l'accord avec Bildu est absolument méprisable" et que "beaucoup d'Espagnols ont un noeud dans la gorge".

Répondre
Commentaire avatar

Giel358 ven 04/12/2020 - 07:37

Cette larve qui fait office de président du Gouvernement est totalement à la botte du clown de service (Pablo Iglesias), Ils ont vendu leur âme au diable. Quoi de plus naturel pour le fils d'un terroriste (Pablo Iglesias) mais Sanchez, comme Judas, l'a fait pour quelques deniers : LE pouvoir (dont son comparse ne lui laisse que des miettes). Le voilà pieds et poings liés avec les indépendantistes catalans et basques dont le leader (Ortegui de EH Bildu) trouvait là le chemin le plus rapide vers l'indépendance de la république basque tandis que Ruffian (ERC), au nom de tous les indépendantistes d'Espagne, réclamait son dû dans les meilleurs délais. L'Espagne sera donc dirigée par ce Gouvernement de lâches et de traîtres durant au moins trois ans. Seule éclaircie dans ce ciel noir, tous les sondages marquent l'écroulement des communistes confirmant de la sorte ce qu'il s'est passé lors des dernières élections régionales en Pays Basques et surtout en Galice (de 14 représentants à un zéro pointé). Quand ces incompétents auront sévi durant trois ans, Sanchez pourra toujours compter sur la base du PSOE vu le niveau d'intelligence de ces gens-là, un niveau de base, mais pourra-t-il encore compter sur un nombre suffisant de communistes au Parlement pour assurer sa majorité ? Rien n'est moins sûr.

Répondre

Vivre à Madrid

SE DÉPLACER

Trottinettes électriques interdites sur trottoirs dans toute l'Espagne

L'Espagne met en place une réglementation qui encadre l'utilisation et la circulation des dénommés "Véhicules de Mobilité Personnelle" afin de coordonner leur circulation à celle des piétons

Sur le même sujet