Samedi 26 septembre 2020

10 MOTS POUR… – Vivre les processions de la semaine sainte en Espagne

Par lepetitjournal.com Madrid | Publié le 11/02/2016 à 23:00 | Mis à jour le 11/02/2016 à 19:01

Pas toujours facile de se faire comprendre auprès de ses interlocuteurs espagnols lorsque l'on ne connait pas le vocabulaire spécifique à sa demande, surtout si cela fait peu de temps que vous êtes en Espagne. Voici une liste de 10 mots qui vous donneront un petit coup de pouce dans vos aventures quotidiennes.

(Photo CC Juan Carlos Guijarro Moreno)

Dans six semaines ça sera la semana santa. La semaine est un événement religieux particulièrement attendu en Espagne, autant par les croyants, avec l'implication dans cette grande célébration, que par les non-croyants, avec en perspective quelques jours de vacances bienvenus à mi-chemin entre les fêtes de fin d'année et les vacances d'été.

La semaine sainte débute avec le dimanche des rameaux, el domingo de ramos, jour de commémoration de l'entrée de Jésus à Jerusalem, et se termine le dimanche de Pâques, appelé domingo de la resurrección o domingo santo, qui célèbre la résurrection du Christ mort sur la croix. Entre les deux, le jueves santo est une célébration en mémoire du dernier repas de Jésus et le viernes santos commémore sa crucifixion et sa mort.

La cuaresma (carême), est la période de quarante jours qui précèdent le dimanche de Pâques. La cuaresma a un processus de réflexion et d'introversion pour que le Chrétien fasse pénitence de ses péchés jusqu'au moment tant attendu de la semaine sainte.

La semana santa est célébrée par les Chrétiens rassemblés en associations religieuses appelées cofradías et hermandades. A l'origine, les cofradías étaient créées pour regrouper les individus croyants issus d'une même profession ou d'un même groupe ethnique (cofradías de pêcheurs, de commerçants...), alors que les hermandades sont des fratries regroupant des chrétiens issus de divers groupes sociaux et professionnels.

Les associations organisent des procesiones, des défilés religieux à pied dans les rues, principalement axés sur la représentation du chemin de croix du Christ et sur l'adoration de la vierge. La population s'agroupe en masse dans la rue pour observer la manifestation et essayer de toucher l'icône religieuse transportée pour qu'elle les protège.

Les participants et organisateurs de la procession s'appellent les nazarenos ou penitentes. Ces membres d'associations religieuses marchent tout au long du cortège en portant divers objets religieux, et notamment à dos d'hommes de lourds autels richement décorés, représentant des scènes de la Passion. La souffrance physique endurée fait partie du culte religieux, en signe de pénitence et en mémoire de la passion du Christ.

Certains penitentes portent un chapeau bien particulier et reconnaissable par sa forme longue et conique, appelé capirote. Un tissu l'accompagne pour recouvrir l'ensemble du visage à l'exception de deux trous pour les yeux. On peut également trouver des penitentes portant un tercerol, qui a les mêmes caractéristiques que le capirote mais n'a pas de partie montante de forme conique et le tissu retombe directement sur le dos du participant. Ces masques, qui ne sont pas sans rappeler ceux du Ku Klux Klan, servent en réalité à masquer l'identité des personnes qui les portent. La pénitence du nazareno demeure ainsi une affaire entre lui seul et Dieu.

Lors de la procession, le défilé est organisé par groupes de nazarenos qui ont chacun une mission particulière. On compte les nazareno de fila, également appellés nazarenos de luz, qui portent des cirios (cierges).
Les nazareno con cruz portent de grosses croix de pénitence généralement en bois tout au long de la procession. Le nazareno portador de atributos o insignias vient en soutien et peut porter des livres religieux entre autres objets. Les manigueteros sont les penitents situés devant le trône supportant la figure religieuse. Ils posent une main dessus. Enfin, les guardamantos sont les nazarenos qui ferment le pas pour protéger la charge.

L' anda est une sorte de trône sur lequel est positionnée une représentation d'une icône religieuse. C'est le point central de la procession. L'anda comporte un cajillo, également appelé tarimón, une structure sculptée en bois qui peut aussi être recouverte de métal, et qui sert à supporter et positionner les autres éléments de l'anda. L'abordante représente la décoration de l'anda y compris la candelería, l'ensemble de chandeliers et bougies qui entourent la figure religieuse.

Ce sont les costaleros qui ont la lourde et difficile charge de porter manuellement l'anda tout au long de la procession. Ils sont cachés sous la structure et supportent son poids sur leurs cous. Des sculptures appelées respiraderos sont installées sur les côtés de l'anda pour le décorer mais surtout pour cacher les costaleros et leurs permettre de respirer grâce à des aérations.

Les icônes baladées lors des processions de la semaine sainte sont des adorations à la dolorosa, une représentation de la vierge Marie remplie de tristesse devant la souffrance de son fils Jésus lors du chemin de croix. Chaque commune s'est accaparée une représentation. La plus célèbre d'entre elles est certainement celle de Séville, la Macarena.

Voir une petite vidéo de la Procesión de la Macarena, Seville 

Perrine LAFFON (lepetitjournal.com ? Espagne) Vendredi 12 février 2016
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