Entre le 27 mai et le 13 juin 2026, le Teatro Real accueille treize représentations de Roméo et Juliette de Charles Gounod, sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré. Cette production spectaculaire, coproduite avec l’Opéra national de Paris et inaugurée en 2023 à l’Opéra Bastille, marque le grand retour de cet opéra sur la scène madrilène.


Depuis la réouverture du Teatro Real en 1997, l’œuvre n’avait été présentée qu’en version concertante, en 2014. Sa dernière véritable mise en scène à Madrid remontait à février 1911.
Inspiré de la tragédie de William Shakespeare, ce chef-d’œuvre de l’opéra français du XIXe siècle plonge les spectateurs dans une Vérone frappée par la peste. Ce contexte sombre accentue encore le caractère tragique, urgent et fataliste de l’histoire d’amour entre Roméo et Juliette. Dès sa création, l’opéra connut un immense succès, qui ne s’est jamais démenti.
Thomas Jolly signe une mise en scène monumentale
La mise en scène est confiée à Thomas Jolly, devenu mondialement célèbre après avoir orchestré les cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024. Le metteur en scène français propose ici un univers visuel impressionnant, dominé par une reproduction monumentale et tournante du grand escalier du Palais Garnier.
Thomas Jolly s’était également fait remarquer pendant le confinement lié au Covid-19, lorsqu’il interprétait avec sa compagne des scènes de Roméo et Juliette depuis le balcon de leur appartement, attirant alors une forte attention médiatique.
Sur scène, le mythe des amants de Vérone apparaît plus sombre que jamais. La haine ancestrale entre les familles Montaigu et Capulet se déploie dans une atmosphère traversée par la mort et la maladie, soutenue par une partition dramatique dont plusieurs airs sont devenus emblématiques, notamment les quatre grands duos d’amour qui accompagnent les différentes étapes de la relation : l’attirance, la passion, la séparation et la mort.
Une peste omniprésente en toile de fond
Si la peste n’est jamais explicitement au centre de l’intrigue, elle irrigue toute la mise en scène. Les « médecins de peste » arpentent le plateau, aspergent les cadavres avant de les charger sur des charrettes, tandis que les serpentins festifs lancés au début du spectacle finissent peu à peu par prendre la couleur du sang.
Autre élément central : le personnage du frère Jean, enfermé dans une maison suspectée d’être contaminée, ne peut prévenir Roméo que Juliette n’est pas morte. Ce contretemps provoque le terrible malentendu qui précipite le destin des deux amants.
La représentation du 13 juin sera retransmise gratuitement et en direct dans plusieurs auditoriums, théâtres, musées, centres culturels et mairies à travers toute l’Espagne.
Autour de cette programmation, de nombreuses activités culturelles sont également organisées au Teatro Real, au Real Teatro del Retiro, à la Fondation SGAE, à Casa Asia, au Museo Cerralbo ainsi qu’à la Bibliothèque de Madrid.










