Depuis le 26 mai et jusqu’au 20 septembre, le musée madrilène met à l’honneur une centaine d’œuvres qui racontent les liens entre la péninsule ibérique et l’Italie entre 1320 et 1420.


Présentées quelques jours avant son ouverture au public par Miguel Falomir, le directeur du Prado et Joan Molina Figueras, le commissaire de l’exposition, les coulisses de l’exposition permettent de mieux saisir son importance et sa singularité. « Grâce à elle, le Prado s’est transformé en centre d’investigations sur cette période de 1320 à 1420, peu connue du grand public, et elle met en exergue un immense travail de restauration opéré au sein même du Prado entre 2020 et 2026 », a exposé Javier Solana, Presidente del Real Patronato del Museo del Prado, en guise d’introduction. Ainsi, 21 pièces présentées ici ont été restaurées sur place et en six ans, le Prado a assuré la restauration de 96 œuvres.

« Une exposition nécessaire… et complexe »
˝A la manera de Italia. Espana y el gotico mediterraneo˝ est le fruit d’un travail à la fois passionnant et complexe : plus de trois ans de recherches, de gros besoins financiers (plus d’1,2 millions d’euros : merci la fondation BBVA !) et logistiques, ne serait-ce que pour assurer le transport et l’installation de plus de 100 pièces venues de 31 institutions espagnoles et 25 étrangères - dont le musée des Beaux-Arts de Lille ou celui des tissus de Lyon -, plus souvent religieuses que muséales.
Et puis, il ne s’agissait pas seulement de réunir 100 œuvres de nature diverse et sur tous types de supports pour réussir à passer un message et toucher le public. Encore fallait-il que ces pièces viennent raconter une histoire : celle de l’influence de l’Italie, bien avant l’émergence de la Renaissance, sur la transformation artistique dont l'écho a trouvé dans les royaumes hispaniques l'un de ses principaux espaces de réception. Et comment les modèles du Trecento italien (XIVe siècle, pré-Renaissance) ont été assimilés et reformulés par les artistes hispaniques, donnant naissance à un langage visuel hybride, sophistiqué et d'une grande originalité.

Un travail en or
L’espace de l’exposition, sur fond bleu roi, est divisé en cinq parties qui mettent en valeur les fascinantes techniques de l’utilisation de l’or et des pigments, un travail de dorure plus que de peinture sur lequel insiste Joan Molina : « L’or est un élément optique, symbolique, esthétique, quasiment magique qui donne aux tableaux des effets de brillance et de contrastes extraordinaires ».
Si l’exposition s’ouvre sur la période pré-peste noire, elle se poursuit par une partie plus centrée sur les figures féminines avec les représentations de Santa Anna, Santa Clara et Veronica avant de s’achever par des allers-retours entre l’Italie et l’Espagne (cf la Vierge de l’humilité de Gherado Starnina, 1400). Une belle invitation à un voyage artistique unique.
Plus d’infos sur le site officiel du Prado.












