Édition internationale

Fête des morts à Madrid : cinq autels mexicains à découvrir gratuitement

À Madrid, la fête des morts mexicaine se découvre à travers cinq autels gratuits. À la Casa de México, Agustín Lara est à l’honneur jusqu’au 8 novembre.

autel de la fete des morts à la casa mexico de madridautel de la fete des morts à la casa mexico de madrid
@Fundación Casa de México en España, DR.
Écrit par Monique Auxenfans
Publié le 29 octobre 2026

La tradition mexicaine s'installe à Madrid avec de nombreux altares de muertos (autels des morts), dressés pour célébrer le Día de Muertos, la fête des morts.

À l'arrivée des Espagnols au Mexique, les traditions indigènes honorant les ancêtres et le souvenir des défunts se sont mêlées aux célébrations catholiques des nouveaux venus. Profondément ancrée dans la culture mexicaine, la fête des morts se déroule de la fin du mois d'octobre aux premiers jours de novembre, principalement les 1er et 2 novembre.

Selon la tradition, les êtres chers disparus reviennent temporairement dans le monde des vivants pour retrouver leurs familles. Loin d'être une célébration triste, la fête des morts est une rencontre symbolique joyeuse, pleine de souvenirs et de nostalgie. Les familles préparent les plats préférés de leurs défunts et les disposent sur des autels en leur mémoire.

 

Fleurs, bougies et offrandes : la symbolique des autels mexicains

Les autels des morts peuvent être très différents les uns des autres, mais ils sont généralement décorés d'ornements chargés de symboles.

Les fleurs orangées de cempasúchil servent, selon la tradition, à guider les âmes vers les offrandes. Les photographies des défunts entretiennent leur mémoire, tandis que les bougies leur montrent le chemin du retour. Les papiers découpés et colorés, appelés papel picado, apportent de la gaieté à la célébration.

On y trouve également le pan de muerto, une sorte de brioche traditionnelle qui symbolise le partage avec les êtres chers disparus, ainsi que des crânes en sucre, en céramique ou dans d'autres matériaux, rappelant que la mort fait partie de la vie.

De l'eau, des aliments et des boissons sont disposés pour accueillir les âmes à leur retour sur terre. Des objets personnels évoquent la personnalité des défunts, tandis que le copal, une résine aromatique brûlée comme de l'encens, sert à purifier symboliquement l'espace et à accompagner les rituels.

Cette tradition a été proclamée par l'UNESCO chef-d'œuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité en 2003, avant son inscription sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité en 2008.

 

À la Casa de México, un hommage au compositeur Agustín Lara

La musique d'Agustín Lara et les cimetières du Michoacán sont les protagonistes de l'impressionnant autel des morts 2026 de la Fondation Casa de México en Espagne.

¡Viva la vida! (« Vive la vie ! ») est le titre de l'autel de cette année. Une célébration de la vie et du souvenir de ceux qui nous ont précédés dans le passage vers la mort, mais qui restent présents dans la mémoire et le cœur de leurs familles et de leurs amis.

Dans ce contexte, le personnage d'Agustín Lara (1897-1970) revêt une signification particulière. Il fut l'un des compositeurs les plus importants de la musique populaire mexicaine et contribua largement à la diffusion de la chanson romantique en espagnol.

Il est l'auteur de grands classiques comme Granada, Solamente una vez, María Bonita, mais aussi du célèbre chotis Madrid, dédié à la capitale espagnole. Sa statue, érigée rue Sombrerete, dans le quartier de Lavapiés, témoigne de sa relation étroite avec l'Espagne et Madrid.

L'autel de cette année, inspiré des cimetières du Michoacán, fait revivre son univers musical. Le compositeur y est représenté sous la forme d'un squelette installé devant son piano. Ses chansons accompagnent les visiteurs tout au long du parcours.

Pour la première fois, un autel est également consacré aux animaux de compagnie disparus. L'exposition présente aussi une intéressante collection d'art populaire mexicain, notamment des squelettes habillés ou non, réalisés selon différentes techniques artisanales.

L'exposition est gratuite et visible jusqu'au 8 novembre 2026, à la Fondation Casa de México, calle de Alberto Aguilera, 20, à Madrid.

Les visites libres, sans réservation, sont possibles le lundi de 10 h à 18 h 45, du mardi au vendredi de 10 h à 13 h 45 et le week-end de 10 h à 12 h 45. Les visites guidées sont soumises à disponibilité.

 

Où voir les autres autels de la fête des morts à Madrid ?

En collaboration avec la mairie de Madrid, quatre autres autels sont installés dans différents espaces culturels de la capitale. Leur accès est également gratuit.

  • La Montaña de los Gatos, au parc du Retiro : un autel inspiré de l'univers mexicain des morts, construit avec des fleurs, de la terre, du pain et des éléments naturels. Jusqu'au 2 novembre. Paseo de Fernán Núñez, 30.

  • La serre du Palais de cristal d'Arganzuela : un autel consacré aux botanistes espagnols, où la nature et la mémoire se rencontrent. Jusqu'au 2 novembre. Paseo de la Chopera, 10.

  • Le Patio de Operaciones de CentroCentro : une installation originale dominée par les couleurs blanche et argentée, symboles de lumière et de souvenir. Jusqu'au 2 novembre. Plaza de Cibeles, 1.

  • Le théâtre Fernán Gómez : un autel consacré à la Génération de 27 et aux Sinsombrero, ces artistes et intellectuelles espagnoles longtemps restées dans l'ombre. Jusqu'au 8 novembre. Plaza de Colón, 4.

Ces installations permettent de découvrir différentes interprétations d'une même tradition, entre art populaire, mémoire familiale et création contemporaine.

À Madrid, la fête des morts mexicaine offre ainsi une autre manière d'aborder le souvenir des disparus : non seulement par le recueillement, mais aussi par les fleurs, la musique, les couleurs et les moments partagés.

 

Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.