En vue des élections consulaires, le 30 mai 2026, Le Petit Journal brosse le portrait des neuf candidats et candidates têtes de liste dans la circonscription de Los Angeles. Notre premier article est consacré à Sylvie Almeri. Elle porte, depuis San Diego, une liste apolitique appelée : « Impact Ouest 100% Libres de tout parti et dédiés aux Français de l’Ouest américain ».


À l’approche des élections consulaires, le 30 mai 2026, Le Petit Journal dresse le portrait des neuf candidats et candidates têtes de liste dans la circonscription de Los Angeles. Ces articles seront publiés tout au long du mois d’avril, dans l’ordre du tirage au sort effectué le 27 mars par le Consulat général de France à Los Angeles : Sylvie Almeri, Charles Speidel, Karim Sahli, Christophe Jouin, Julien Senac, Stanislas Orand, Cynthia Hajjar, Mercedes Mira et Bruno Lopez. Le 7 mai, Le Petit Journal organisera un débat entre les candidats, ouvert au public, au Lumiere Cinema de Beverly Hills. Il sera filmé et disponible en replay sur Internet. Pour comprendre ces élections aussi essentielles que méconnues, vous pouvez lire notre article. Le détail des neuf listes se trouve ici.
À 39 ans, elle est la benjamine des têtes de liste engagées dans cette élection consulaire. Élevée dans la région de Lyon, Sylvie Almeri y poursuit un cursus scolaire et universitaire dans la finance et la gestion avant de « monter » à Paris où l’entreprise de Travaux Public Colas lui permet de grimper, un à un, les barreaux de l’échelle sociale. Sur le terrain, casquée et bottée, elle côtoie tous les métiers : terrassiers, cantonniers, chefs de chantiers, ingénieurs projets.
Dans son bureau gris, elle affiche des cartes postales de palmiers, de couchers de soleil en Californie : c’est son rêve américain. La jeune femme a toutes les cartes en main pour poursuivre une carrière de cadre parfaite, sans surprise : une voiture de fonction, un bon salaire, des collègues bienveillants… Et pourtant, elle décide de se réinventer, partant, sac au dos, à 34 ans, vers la Californie où elle retourne sur les bancs de la Fac, repartant de zéro, sans amis, pensant même alors « être la seule Française habitant San Diego ! » sourit-elle aujourd’hui.
À la tête de la FACC SoCal, la chambre de commerce franco-américaine de San Diego
Sylvie Almeri fonctionne à l’instinct, se voit offrir un job payé… Mais préfère devenir bénévole pour la chambre de commerce franco-américaine locale - aujourd’hui renommée FACC SoCal (Southern California) -, dont le directeur, contre toute attente, lui confie les clefs un an à peine après son arrivée. Elle découvre alors la communauté francophone et sa diversité, se crée un réseau solide, fait grimper le nombre des membres de 20 à 220 entreprises aujourd’hui et se donne pour objectif d’en convaincre 80 autres de la rejoindre d’ici la fin de l’année.
Invitée par l’ambassadeur de France, en novembre 2022 à Washington, elle découvre Emmanuel Macron qui y prononce son fameux discours sur l’excellence française. Sitôt descendu du podium, il se dirige droit vers elle et la fixe dans les yeux : « Que faites-vous ici ? » Sylvie Almeri engage la discussion, lui parle de San Diego et de son envie de mettre toute son énergie au service de la France. « Ne lâchez rien, jamais ! » lui lance cordialement le président.
Cela devient son motto et elle convient aujourd’hui que ce fût « le moment fondateur » de sa décision de se mettre plus largement encore au service des autres. Un engagement qui la pousse aujourd’hui à être candidate à l’élection consulaire : « Je rencontrais à peu près 1000 personnes par an. J’ai eu envie de les aider au-delà des questions purement commerciales, au niveau de leur quotidien. Les sujets sociétaux que sont la santé, l’éducation, les retraites, les bourses, sont pour moi une suite logique d’accompagnement de la communauté française dans toute la circonscription. »
Une liste « apolitique et indépendante »
Sur son positionnement politique, Sylvie Almeri fonctionne aussi à l’instinct : « Ma liste est apolitique et indépendante » affirme-t-elle. « Je n’ai pas besoin de tel homme politique ou de tel parti pour servir mes concitoyens. Je veux être libre de parler avec tout le monde. Je souhaite reconnecter les Français entre eux, avec leur écosystème et avec la France. Mes colistiers, jeunes comme moi, viennent de toute la circonscription, de Denver jusqu’au Nouveau-Mexique en passant par Las Vegas, Los Angeles et San Diego et je ne leur ai jamais demandé leurs affiliations politiques puisque toutes et tous veulent aller dans le même sens : servir et être proactifs.»
Des colistiers venus d’horizons différents : chocolatier, professeur de lycée, chercheuse en neurosciences, banquier, mère au foyer… « Ils ont à cœur de rompre l’isolement, en mettant en avant les artisans locaux ou en installant un système de veille auprès des plus vulnérables, couplé à l’intelligence artificielle : pas de réponse à trois appels ou courriels et l’on déclenche une alerte de sécurité pour s’assurer de leur état de santé. On ira, au moins chaque trimestre, dans la circonscription, à la rencontre des Français éloignés en organisant des apéros-citoyens, autant d’occasions conviviales pour se retrouver et échanger entre nous tous » se projette-elle.
« Votons ! »
En conclusion, Sylvie Almeri revient sur l’Histoire avec un message simple : « L’article 24 de la Constitution du 28 septembre 1958 proposé par le Général de Gaulle ratifiait l’élection de Sénateurs représentant les Français de l’étranger. Il avait également lancé son appel à la mobilisation générale depuis Londres et les premiers à lui répondre furent les Français de l’étranger ; lui avait compris - avant tout le monde - l’importance des Français de l’étranger. Alors, puisque ce droit nous a été confié et qu’il est précieux, pour nous comme pour les futures générations, utilisons-le et votons ! » conclut-elle, déterminée.


















